C’est une petite révolution dans le monde de la géographie : la Terre compte désormais officiellement cinq océans. La National Geographic Society, organisation scientifique et éducative de référence dans le domaine de la cartographie depuis 1915, a reconnu l’océan Austral comme cinquième océan de la planète, aux côtés des océans Atlantique, Pacifique, Indien et Arctique.
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Pérou : des victimes portent plainte contre la “Sodalité de Vie Chrétienne” et demandent la publication de l’enquête du Vatican
Des survivants d’abus présumés perpétrés par l’organisation catholique Sodalitium Christianae Vitae (Sodalité de Vie Chrétienne) au Pérou ont lancé un appel public, jeudi à Lima, pour demander la transparence de l’Église catholique et l’implication des autorités civiles dans les enquêtes en cours. Ils exhortent le pape Léon XIV et le gouvernement péruvien à faire toute la lumière sur les dérives de cette organisation autrefois influente.
Appel à la transparence et à la justice
Réunis dans la capitale péruvienne, les plaignants – regroupés en collectifs de victimes – ont demandé la publication officielle du décret de dissolution du Sodalitium. Cette demande s’adresse directement au pape Léon XIV, qui connaît bien leur situation : lorsqu’il était encore évêque Robert Prevost au Pérou, il avait déjà porté leurs dossiers à l’attention du pape François.
Ce dernier, après avoir reconnu la gravité des faits dénoncés, s’était rangé du côté des victimes. Avec le concours de Mgr Prevost, il avait diligenté une enquête approfondie ayant conduit à la dissolution canonique du Sodalitium. Toutefois, les plaignants dénoncent aujourd’hui le silence entourant le décret de dissolution, et exigent qu’il soit rendu public.
Ils appellent également le gouvernement péruvien à collaborer avec les autorités américaines, puisque le Sodalitium possède aussi une base importante à Denver, aux États-Unis.
Une organisation aux multiples visages
Fondée comme un groupe laïc catholique, la Sodalité de Vie Chrétienne était connue pour ses œuvres éducatives et spirituelles : elle gérait des écoles, des centres de retraites religieuses, et opérait dans plusieurs pays d’Amérique latine. Mais derrière cette façade se cachait un réseau complexe, impliqué dans des activités immobilières, agricoles et de construction, aujourd’hui sous le regard critique de la justice.
Ces dernières années, le Sodalitium a été éclaboussé par de graves accusations d’abus sexuels sur mineurs, visant notamment son fondateur et plusieurs hauts responsables. Des plaintes ont également été déposées concernant une opacité financière : les procureurs péruviens enquêtent sur des transferts suspects vers des comptes bancaires offshore, soupçonnés de servir à dissimuler des fonds.
Une mission du Vatican en 2023
Face à l’ampleur des accusations, le Vatican a envoyé en 2023 une commission spéciale au Pérou, dirigée par l’un des principaux procureurs du Saint-Siège en matière d’abus sexuels. La mission comprenait des entretiens avec des journalistes, des dirigeants du Sodalitium, et des victimes. Elle avait également pour but d’examiner les activités du groupe sur les plans juridique et financier.
Durant leur enquête, les membres de la commission ont aussi rencontré des représentants de la communauté paysanne de Catacaos, qui accusent le Sodalitium d’avoir tenté de s’approprier illégalement 1900 hectares de terres agricoles. Selon les villageois, cette tentative s’appuierait sur des documents falsifiés, prétendant que les terres ont été achetées par des entreprises locales affiliées à l’organisation.
Outre ces manœuvres, les paysans disent faire face à un harcèlement judiciaire massif, avec des dizaines de procès intentés contre leur communauté. Le litige foncier est actuellement toujours en cours devant un tribunal péruvien.
Une Église appelée à sortir du silence
À travers cet appel, les plaignants espèrent que le pape Léon XIV, désormais à la tête de l’Église catholique, poursuivra la ligne de fermeté initiée par le pape François, en faveur des victimes. Ils réclament justice, réparation et transparence, et demandent à l’Église de rompre avec l’opacité historique qui a longtemps protégé les institutions religieuses mises en cause.
La Suède se saisit du rapport choc sur les Frères musulmans et le concert d’un rappeur controversé annulé pour menace d’assassinat
Entre préoccupations liées à l’islamisme politique et montée des violences dans le milieu artistique, la Suède traverse une double alerte sécuritaire. Le pays scandinave a récemment demandé un exemplaire du rapport français sur l’entrisme des Frères musulmans, alors que l’un des rappeurs les plus célèbres du pays, Yasin, a vu son concert annulé suite à une tentative présumée d’assassinat. Deux événements qui mettent en lumière les tensions grandissantes au sein de la société suédoise.
Une enquête ouverte sur l’influence des Frères musulmans en Suède
Le 22 mai, le ministre suédois du Travail et de l’Intégration, Mats Persson, a annoncé la création d’un groupe d’experts pour examiner l’ampleur de l’infiltration islamiste en Suède. Cette initiative fait suite à la publication en France, le 21 mai, d’un rapport choc sur les Frères musulmans, qui alerte sur leur stratégie d’entrisme dans les institutions publiques. La Suède y est mentionnée comme un pays abritant une branche active de la mouvance frériste, exerçant une influence non négligeable sur ses structures européennes.
Selon ce rapport, la présence de cette mouvance islamiste en Suède s’expliquerait par trois facteurs principaux :
•le financement qatari d’associations et de structures liées à l’islam politique,
•la politique multiculturaliste suédoise, jugée excessivement tolérante,
•et les liens supposés entre les Frères musulmans et certains partis politiques suédois, notamment les sociaux-démocrates.
Le gouvernement suédois de centre-droit, actuellement au pouvoir, a pointé du doigt l’héritage des précédents gouvernements sociaux-démocrates, accusés d’avoir fermé les yeux sur certaines alliances locales. Pour Mats Persson, « la Suède partage à bien des égards les mêmes défis que la France en matière d’intégration et de lutte contre les structures parallèles de la société ». Il estime que cette situation représente une menace pour les fondements de la démocratie libérale.
Un concert annulé : le rappeur Yasin ciblé par un projet d’assassinat
Dans un tout autre registre, mais non moins inquiétant, le festival de musique Brännbollsyran, organisé à Umea, dans le nord du pays, a annulé à la dernière minute la prestation du rappeur Yasin Mahamoud, alias Yasin, l’un des artistes les plus populaires – et controversés – de la scène suédoise.
Selon le quotidien Aftonbladet, les autorités ont été informées d’un projet d’assassinat visant le rappeur lors du concert prévu ce vendredi. Deux jeunes hommes ont été interpellés, soupçonnés d’être impliqués dans cette tentative. La police, en coordination avec les organisateurs, a décidé d’annuler l’événement par précaution.
Dans un communiqué publié sur Instagram, les organisateurs du festival ont déclaré :
« La raison en est l’inquiétude des visiteurs et du personnel en lien avec les informations rapportées par les médias, ce qui a rendu sa prestation impossible. La sécurité est notre priorité absolue. »
Ce concert devait marquer le retour de Yasin sur scène en Suède après neuf ans d’absence. L’artiste, d’origine somalienne, est l’une des figures majeures du rap suédois avec plusieurs titres en tête des classements et des millions d’écoutes sur Spotify. Mais sa carrière est entachée de nombreuses polémiques.
En 2021, Yasin a été condamné à 10 mois de prison pour sa participation à l’enlèvement du rappeur rival Einar, qui a été assassiné par balles plus tard la même année. Malgré ses démêlés judiciaires, il a reçu les titres d’artiste de l’année et d’artiste hip-hop/RnB de l’année lors des prestigieux P3 Guldgalan, organisés par la radio publique suédoise.
Un autre concert prévu à Stockholm en septembre 2023 avait également été annulé à la suite de préoccupations sécuritaires signalées par la police, selon le journal Dagens ETC.
Un climat tendu sur fond de remise en question du modèle suédois
Ces deux affaires, bien que distinctes, soulignent les tensions croissantes en Suède : d’un côté, une inquiétude croissante sur l’influence idéologique de courants islamistes dans les structures sociales et politiques ; de l’autre, la montée des violences dans certains milieux culturels et communautaires.
Longtemps considérée comme un modèle d’ouverture et de multiculturalisme, la Suède voit aujourd’hui émerger des voix critiques appelant à un réexamen en profondeur de sa politique d’intégration, de sa stratégie sécuritaire, et des liens potentiels entre certaines mouvances idéologiques et les partis politiques traditionnels.
Le gouvernement suédois affirme désormais vouloir agir avec fermeté. Mais ces affaires montrent à quel point le débat sur la sécurité, l’identité nationale et la cohésion sociale est devenu central dans l’espace public suédois.
Les Occidentaux pressent l’AIEA de déclarer que Téhéran ne respecte pas ses obligations
Les puissances occidentales se préparent à faire pression sur le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour qu’il déclare que l’Iran ne respecte pas ses obligations en matière de non-prolifération nucléaire, une première en près de vingt ans qui serait à même de provoquer la colère de Téhéran, ont rapporté des diplomates.(Source : Reuters).
Cette annonce, qui devrait intervenir lors de sa prochaine réunion trimestrielle, devrait provoquer des remous dans les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran visant à encadrer les activités nucléaires iraniennes.
Washington, en compagnie de la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne regroupés sous le nom « E3 » ont été à l’origine de résolutions adoptées par l’AIEA, appelant Téhéran à s’expliquer sur les traces d’uranium retrouvées par l’agence onusienne sur des sites non déclarés.
L’AIEA doit envoyer son prochain rapport sur l’Iran aux Etats membres avant sa prochaine réunion, qui commence le 9 juin. Un de ces rapports doit porter sur la coopération iranienne, comme exigée par une résolution de novembre.
« On s’attend à ce que le rapport complet soit dur, mais il y avait déjà des doutes sur le fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements en matière de non-prolifération », a déclaré un responsable européen.
Une fois le rapport publié, les Etats-Unis vont rédiger une résolution déclarant que l’Iran ne respecte pas ses obligations, ont rapporté trois sources diplomatiques. Une quatrième a confirmé la préparation d’un projet de résolution, sans entrer dans les détails.
Un haut fonctionnaire iranien a déclaré à Reuters que Téhéran réagirait à une résolution en « développant ses travaux nucléaires sur la base (du contenu) de la résolution ».
La dernière fois que l’AIEA a pointé du doigt l’engagement iranien à respecter ses obligations remonte à septembre 2005 dans un contexte d’impasse diplomatique, résultant de la découverte d’activités nucléaires clandestines en Iran.
Israël bloque une visite historique de la diplomatie saoudienne en Cisjordanie
Une visite diplomatique inédite a été avortée. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Fayçal ben Farhane, devait se rendre ce dimanche 1er juin 2025 à Ramallah, en Cisjordanie occupée, marquant la première visite d’un chef de la diplomatie saoudienne dans les Territoires palestiniens depuis 1967. Mais selon CNN et The Times of Israel, Israël a décidé de bloquer cette visite, jugée par Tel-Aviv comme « provocatrice ».
Une visite inédite… mais sous contrôle israélien
L’annonce de cette visite historique intervient alors que le gouvernement israélien a récemment dévoilé un projet très controversé : la création de 22 nouvelles colonies en Cisjordanie et la réaffirmation de sa volonté d’établir un « État juif israélien » sur ce territoire palestinien occupé depuis 1967. Un plan fermement condamné au niveau international, notamment par l’ONU, qui considère ces colonies comme illégales au regard du droit international.
Une délégation ministérielle, comprenant des représentants d’Arabie saoudite, d’Égypte, de Jordanie, du Qatar, des Émirats arabes unis et de Turquie, devait accompagner le ministre saoudien à Ramallah. Mais Israël, qui contrôle tous les accès à la Cisjordanie, n’a pas accordé l’autorisation. Un responsable israélien a confié à CNN :
« Israël ne coopérera pas avec de telles initiatives visant à nuire à Israël et à sa sécurité. »
La normalisation mise en pause
Cette décision intervient dans un climat diplomatique tendu. Avant la guerre en cours, Riyad avait entamé avec Washington des discussions sur une possible normalisation avec Israël, en échange d’un accord de sécurité bilatéral et d’un soutien à son programme nucléaire civil. Mais depuis, l’Arabie saoudite a conditionné toute avancée à la création d’un État palestinien, gelant de facto le processus de normalisation dans un contexte marqué par les violences entre Israël et le Hamas.
Ce n’est pas la première tentative de rapprochement : en septembre 2023, une délégation saoudienne de rang inférieur s’était déjà rendue à Ramallah, pour la première fois depuis 1967, signe d’un réengagement progressif avec l’Autorité palestinienne.
Une initiative internationale en préparation
En parallèle, l’Arabie saoudite et la France doivent coprésider en juin une conférence internationale à New York, au siège de l’ONU. L’objectif : relancer la solution à deux États, israélien et palestinien, mise à mal par les récentes tensions et la politique d’expansion israélienne.
Le soutien prudent de Donald Trump
En visite à Riyad à la mi-mai, le président américain Donald Trump s’est exprimé sur le sujet, exprimant son « espoir fervent » de voir l’Arabie saoudite rejoindre les accords d’Abraham, qui ont permis à plusieurs pays arabes dont les Émirats, Bahreïn et le Maroc de normaliser leurs relations avec Israël lors de son premier mandat.
« Mais vous le ferez à votre propre rythme », a-t-il précisé, en référence aux réticences saoudiennes actuelles.
En conclusion
Le blocage de cette visite historique illustre les obstacles majeurs à toute avancée diplomatique au Proche-Orient. Alors que Riyad tente de renforcer son soutien à la cause palestinienne, Israël campe sur une ligne sécuritaire et nationaliste, renforçant son emprise sur la Cisjordanie. La relance du processus de paix paraît plus incertaine que jamais.
Guerre en Ukraine : Moscou relance l’option diplomatique tandis que Kiev intensifie ses frappes de drones
Moscou tente une nouvelle approche diplomatique, pendant que Kiev multiplie ses attaques de drones. De son côté, l’Union européenne consolide sa défense en mer Noire.
Un deuxième round de négociations proposé à Istanbul
Ce mercredi, le Kremlin a annoncé avoir invité la délégation ukrainienne à une deuxième séance de pourparlers directs, qui se tiendrait à Istanbul, le lundi 2 juin. Cette rencontre a pour objectif de présenter un « mémorandum » contenant les conditions russes pour un accord de paix durable.
« Notre délégation […] est prête à présenter ce mémorandum à la délégation ukrainienne et à fournir les explications nécessaires lors d’un deuxième cycle de négociations directes », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.
Comme lors de la première réunion du 16 mai, la délégation russe sera conduite par Vladimir Medinski, ex-ministre de la Culture et écrivain aux positions nationalistes. Pour l’instant, Kiev n’a pas officiellement répondu à cette invitation.
Le Kremlin a aussi rejeté la proposition du président ukrainien Volodymyr Zelensky d’organiser un sommet « tripartite » avec Vladimir Poutine et Donald Trump, écartant toute médiation occidentale directe dans ce processus.
Des attaques de drones ukrainiens d’une ampleur inédite
La diplomatie ne freine en rien les opérations militaires. Dans la nuit de mardi à mercredi, la Russie a affirmé avoir abattu 296 drones ukrainiens, une des attaques les plus massives depuis le début de la guerre. Parmi ces engins, 39 drones visaient Moscou.
Le maire de la capitale a indiqué que la défense antiaérienne a été largement mobilisée, mais plusieurs drones ont échappé aux interceptions. Dans la banlieue sud de Moscou, trois maisons ont été détruites selon le gouverneur régional. Le trafic de plusieurs aéroports a également été perturbé.
Menace d’une offensive russe dans le nord-est
Sur le front terrestre, la tension monte dans la région de Soumy, au nord-est de l’Ukraine. Le président Zelensky a accusé Moscou d’y rassembler des troupes en vue d’une possible offensive. La Russie affirme vouloir créer dans cette région frontalière une « zone tampon », destinée à empêcher les incursions ukrainiennes sur son territoire.
Cette stratégie fait écho à d’anciennes déclarations du Kremlin, qui évoque régulièrement la nécessité de sécuriser ses frontières face aux frappes ukrainiennes.
L’Union européenne muscle sa présence en mer Noire
Face à l’instabilité persistante, l’Union européenne intensifie sa stratégie de dissuasion. Ce mercredi, Kaja Kallas, la cheffe de la diplomatie européenne, a annoncé la mise en place d’un hub de sécurité maritime en mer Noire.
« Ce centre constituera le système d’alerte précoce de l’Europe en mer Noire », a-t-elle précisé.
Ce dispositif vise à améliorer la détection des menaces, à protéger les infrastructures stratégiques (comme les câbles sous-marins et installations offshore), mais aussi à sécuriser la navigation maritime.
L’initiative complète les efforts de l’Ukraine, qui a réussi à établir un corridor sécurisé pour l’exportation de ses céréales, essentielles à son économie. Mais la Russie reste une menace constante, notamment avec sa « flotte fantôme », ces navires-pétroliers qui contournent les sanctions internationales. La coopération avec l’OTAN est également prévue dans ce dispositif.
Conclusion : entre diplomatie et intensification du conflit
Alors que la Russie tente de réactiver la voie diplomatique avec un nouveau cycle de négociations à Istanbul, la réalité du terrain reste dominée par la violence. L’Ukraine répond par des frappes de grande envergure, tandis que la Russie prépare de nouvelles offensives stratégiques. L’Union européenne, de son côté, se prépare à une guerre longue en renforçant ses capacités de défense.
Syrie : l’Etat islamique revendique sa première attaque contre le nouveau pouvoir du pays
L’État islamique a revendiqué sa première attaque contre les forces syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad. Une explosion survenue dans la province de Sweida a causé la mort d’une personne et blessé trois autres, ravivant les inquiétudes d’un possible retour en force du jihadisme.(Source : AFP).
Le groupe État islamique (EI) a revendiqué, jeudi 29 mai 2025, sa première attaque contre les forces gouvernementales syriennes depuis la chute de Bachar al-Assad, selon le SITE Intelligence Group, organisme spécialisé dans le suivi de la mouvance jihadiste en ligne.
Dans un communiqué diffusé via ses canaux habituels, l’EI indique avoir déclenché un « dispositif explosif » visant un véhicule militaire syrien dans la province méridionale de Sweida. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), l’attaque, perpétrée à l’aide d’une mine terrestre activée à distance, a tué un civil accompagnant une patrouille et blessé trois soldats appartenant à la 70e division de l’armée syrienne.
Bien que l’organisation jihadiste ait perdu la majorité de ses bastions en Syrie dès 2019, elle continue d’opérer clandestinement à travers des cellules dormantes. Celles-ci mènent régulièrement des attaques, principalement dans le nord-est du pays contre les forces kurdes, et désormais aussi contre les forces du régime syrien.
Lundi dernier, les autorités syriennes ont annoncé avoir démantelé une cellule de l’EI lourdement armée à proximité de Damas, qui préparait des attentats. Plus tôt en mai, une autre opération avait été conduite à Alep : plusieurs jihadistes présumés y ont été arrêtés, tandis qu’un agent des services de sécurité et trois membres de l’organisation ont trouvé la mort.
Lors du sommet tenu en Arabie saoudite le 14 mai dernier, le président américain Donald Trump a appelé le président syrien par intérim, Ahmed al-Chareh, à collaborer avec les États-Unis pour prévenir toute nouvelle expansion de l’organisation terroriste.
Le puissant cartel mexicain de Sinaloa implante ses chimistes près de Toulon pour fabriquer de la drogue : une première en France
La Côte d’Azur sous influence narco ? Une enquête menée par la gendarmerie nationale et révélée par Europol le mercredi 29 mai 2025 lève le voile sur une affaire inédite en France : le cartel mexicain de Sinaloa a envoyé ses chimistes dans le Var, près de Toulon, pour y produire de la drogue de synthèse. Un épisode digne de la série Narcos, mais bien réel – et qui témoigne de l’internationalisation du trafic de stupéfiants sur le sol européen.
Un laboratoire clandestin au cœur de la Provence
Tout commence en juin 2024 : deux hommes sont arrêtés alors qu’ils s’apprêtent à récupérer 215 kg de cristaux de méthamphétamine entreposés dans un box près de Brignoles. Déjà connus de la justice pour une précédente affaire de trafic de cocaïne, l’un d’eux se révèle être le beau-frère d’un narcotrafiquant mexicain, un lien qui orientera l’enquête vers des ramifications internationales.
L’opération, menée avec l’appui d’Europol, permettra l’identification de 15 suspects, dont 8 seront mis en examen pour « importation, production et trafic international de produits stupéfiants en bande organisée » ainsi que « blanchiment ». L’intervention a lieu le 15 mai 2025, au terme de mois d’investigations discrètes.
Au cœur de l’affaire : une villa de luxe transformée en laboratoire clandestin dans l’arrière-pays varois. Les enquêteurs y découvrent un dispositif professionnel, destiné à la fabrication de méthamphétamine à grande échelle. Près de 400 kg de drogue auraient été produits, selon le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, soit l’équivalent de la totalité des saisies annuelles de ce type en France.
Le cartel de Sinaloa : une coopération inédite avec le crime organisé français
Selon Europol, ce réseau était étroitement lié au cartel de Sinaloa, l’un des plus puissants cartels mexicains. Ce dernier aurait envoyé cinq chimistes expérimentés depuis le Mexique jusqu’en France pour monter le laboratoire, transmettre leur savoir-faire et superviser les opérations. Ces chimistes sont repartis discrètement avant l’assaut des gendarmes.
« C’est la première fois que nous découvrons la présence de chimistes mexicains sur le territoire français », a déclaré le général Dominique Lambert, sous-directeur de la police judiciaire de la gendarmerie, sur Europe 1. Et d’ajouter : « Pour que cela fonctionne, il faut une réelle expertise. Ces produits sont dangereux à produire, et seul un personnel hautement qualifié peut éviter des accidents. »
L’enquête met également en évidence la stratégie d’implantation des cartels étrangers en Europe. Si les Sud-Américains disposent de la technique et du réseau de production, ils s’appuient sur des groupes criminels français pour s’ancrer localement, distribuer, blanchir l’argent, et assurer une certaine logistique sur le terrain.
Un trafic à visée européenne
Le réseau visait une distribution à l’échelle européenne, notamment vers l’Espagne et la Belgique. L’investissement initial est estimé à 150 000 euros, mais les profits potentiels auraient pu s’élever à plus de 11 millions d’euros à la revente, selon les autorités.
Cette affaire illustre une évolution majeure du trafic de drogue en Europe. Autrefois simple point de transit, la France devient aujourd’hui un lieu de production, avec une main-d’œuvre venue d’Amérique latine. Cette nouvelle configuration inquiète les autorités, car elle témoigne d’une professionnalisation croissante et d’un changement d’échelle dans le narcotrafic.
Vers une nouvelle ère du narcotrafic en France ?
Ce coup de filet représente un tournant pour les forces de l’ordre françaises. Il révèle la collaboration directe entre des cartels étrangers de haut niveau et des réseaux locaux, mais surtout leur capacité à opérer en toute discrétion sur le territoire national.
La présence de chimistes mexicains en France n’est pas seulement un fait divers spectaculaire : c’est un signal d’alarme sur l’évolution du narcotrafic mondial. Le savoir-faire des cartels sud-américains n’est plus réservé à leurs bases traditionnelles : il s’exporte désormais au cœur même de l’Europe, avec une efficacité redoutable.
Une enquête encore en cours
Les investigations se poursuivent pour déterminer si d’autres cellules similaires existent sur le territoire, et si cette opération dans le Var constitue un cas isolé ou le début d’une implantation plus large du cartel de Sinaloa en France.
Le choc est réel pour les autorités, qui devront redoubler d’efforts pour empêcher que le territoire français ne devienne un nouveau terrain de jeu pour les cartels mexicains.
Guerre à Gaza : ce que l’on sait de la proposition de trêve américaine acceptée par Israël mais rejetée par l’organisation terroriste Hamas
Alors que la guerre dans la bande de Gaza se poursuit depuis près de vingt mois, une nouvelle proposition de cessez-le-feu initiée par les États-Unis a récemment été soumise aux deux camps. Si Israël y a donné son feu vert, le Hamas, de son côté, l’a catégoriquement rejetée, la jugeant insuffisante et dangereuse pour les Palestiniens.
Une nouvelle tentative diplomatique menée par Washington
Jeudi 29 mai, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé que les États-Unis avaient présenté au Hamas une nouvelle proposition de cessez-le-feu, déjà « approuvée et soutenue » par Israël. Selon elle, « Israël a signé cette proposition avant qu’elle ne soit envoyée au Hamas », ajoutant que « les discussions se poursuivent ».
L’initiative a été portée par l’émissaire américain Steve Witkoff, sous l’autorité du président Donald Trump. Il s’agit d’une tentative de mettre fin à une guerre qui, depuis le 7 octobre 2023, a causé des dizaines de milliers de morts, des destructions massives et une crise humanitaire d’une ampleur sans précédent dans l’enclave palestinienne.
Une acceptation israélienne accompagnée d’appels à l’escalade
Malgré l’approbation formelle de la proposition, le discours en Israël reste tendu. Le 30 mai au matin, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, membre de l’extrême droite, a vivement critiqué la position du Hamas et affirmé qu’il était « temps d’entrer avec toute la force nécessaire [dans Gaza] pour détruire et tuer entièrement le Hamas ». Cette déclaration laisse planer un doute sur l’unité du gouvernement israélien autour de la proposition de trêve.
Un rejet clair du Hamas, qui y voit une prolongation du conflit
Réagissant dans la soirée du 29 mai, Bassem Naïm, un dirigeant du Hamas en exil, a déclaré à l’AFP que cette proposition « ne répond à aucune des demandes de notre peuple, notamment l’arrêt de la guerre et de la famine ». Il affirme qu’elle « signifie, en essence, la perpétuation de l’occupation, la poursuite des meurtres et de la famine ». Le mouvement islamiste continue d’examiner les détails du texte, mais sa position semble difficile à infléchir sans garanties fermes sur un arrêt total des hostilités.
Une proposition proche des précédentes, selon le New York Times
D’après le New York Times, la proposition américaine est « globalement similaire » à celles déjà formulées lors des mois précédents, notamment celle qui avait permis une trêve de deux mois en début d’année, avant que les combats ne reprennent mi-mars.
Selon cette nouvelle offre, une trêve initiale de 60 jours serait instaurée. Durant cette période, le Hamas s’engagerait à libérer environ 10 otages vivants ainsi que la moitié des corps des victimes toujours détenus, en échange de la libération de prisonniers palestiniens incarcérés en Israël.
Pendant cette trêve, les deux camps devraient entamer des négociations pour un cessez-le-feu permanent. L’organisation terroriste exige que ces discussions aboutissent à la fin définitive de la guerre, une condition que l’État hébreu refuse d’inscrire formellement dans l’accord, selon un responsable israélien cité par le quotidien américain.
Une situation humanitaire toujours catastrophique
Sur le terrain, les souffrances continuent. La Défense civile de Gaza a annoncé que 54 personnes avaient été tuées dans des frappes israéliennes le jeudi 29 mai, dont 23 dans une attaque contre une maison dans le camp de réfugiés de Bureij. Deux autres victimes ont été signalées à proximité d’un centre de distribution d’aide humanitaire de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation récemment créée, soutenue par Israël et les États-Unis.
L’armée israélienne a indiqué à l’AFP avoir frappé une cellule terroriste du Hamas dans la zone de Bureij, mais elle n’a pas répondu aux accusations concernant les tirs près du centre de la GHF.
Un avenir incertain
Les espoirs de paix restent fragiles. La proposition américaine, bien qu’appuyée par Israël, ne semble pas offrir les garanties exigées par le Hamas, notamment sur la fin des opérations militaires et du siège de Gaza. Dans ce contexte, l’écart entre les positions des deux camps rend tout accord à court terme difficile.
La communauté internationale observe avec inquiétude cette impasse, alors que la population civile continue de payer un lourd tribut au conflit. L’échec d’une trêve pourrait déboucher sur une intensification encore plus dramatique des combats dans les semaines à venir.
Rima Hassan et Greta Thunberg embarquent pour Gaza : une mission humanitaire et politique contre le blocus et le génocide
L’eurodéputée française Rima Hassan a annoncé qu’elle participera, ce dimanche 1er juin, à une mission humanitaire en direction de la bande de Gaza. Elle montera à bord du Madleen, un navire appartenant à la Coalition de la Flottille de la Liberté, en compagnie de la militante écologiste suédoise Greta Thunberg et de plusieurs militants internationaux.
Une mission non-violente, symbolique et politique
Dans un communiqué, Rima Hassan explique que cette action s’inscrit dans une démarche non-violente, à la fois symbolique et politique. L’objectif est clair :
« Dénoncer le blocus humanitaire et le génocide en cours, l’impunité dont bénéficie l’État d’Israël, et sensibiliser l’opinion mondiale et internationale. »
La Coalition de la Flottille de la Liberté, regroupant plusieurs ONG et acteurs de la société civile, s’oppose depuis plusieurs années au blocus maritime imposé par Israël sur la bande de Gaza, blocus qu’elle juge illégal et inhumain. La mission de juin vise à briser le silence autour de la situation catastrophique vécue par la population gazaouie.
Une réponse à une attaque récente
Cette traversée a également pour but de réagir à l’attaque subie par un précédent navire de la flottille, le 2 mai dernier, dans les eaux internationales près de Malte. Ce bateau avait été la cible de drones, et les militants soupçonnent Israël d’être à l’origine de cette action. Aucune revendication officielle n’a été faite, mais l’événement a suscité l’indignation dans les milieux humanitaires.
Un contexte humanitaire critique
Malgré l’annonce par Israël, mi-mai, d’une levée partielle du blocus, les conditions sur le terrain restent dramatiques. La distribution de denrées alimentaires et de produits de première nécessité reste extrêmement difficile, notamment à cause des destructions, des points de passage bloqués, et des bombardements réguliers.
Dans ce contexte, le départ du Madleen est vu comme un geste fort de solidarité avec le peuple palestinien et un appel à l’action pour la communauté internationale.
Un appel à la mobilisation citoyenne
Rima Hassan insiste sur l’importance de la mobilisation populaire pour garantir la sécurité de l’équipage et la réussite de la mission :
« Pour garantir notre sécurité, mais également le succès de notre mission, nous avons besoin que la mobilisation citoyenne soit maximale. C’est la seule manière de maintenir une pression significative sur l’État d’Israël. On compte sur vous. »
Une action suivie de près
Alors que la situation à Gaza reste critique et que les initiatives internationales se multiplient pour tenter de briser l’isolement de l’enclave palestinienne, cette mission maritime attire déjà l’attention des médias et des observateurs internationaux. La présence de figures comme Greta Thunberg et Rima Hassan lui donne un retentissement mondial, au-delà des cercles humanitaires et militants.
Le départ du Madleen est prévu pour le début du mois de juin, avec pour destination l’un des territoires les plus meurtris du monde, mais aussi l’un des plus symboliques de la lutte pour la justice et les droits humains.