Ce semaine d’exploitation salles du 22 octobre est a retenir car ce qui sera, très probablement, le meilleur film de l’année (reste à voir ce que vaudra « Avatar 3 », à partir du 17 décembre prochain) fait partie des sorties salles hexagonales et il s’agit de « La disparition de Josef Mengele ». Impossible, donc de ne pas lui consacrer notre critique de cette semaine.
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Nasser Taghvaï, figure emblématique du cinéma iranien, s’éteint à 84 ans
Le réalisateur iranien Nasser Taghvaï est décédé le 14 octobre 2025 à l’âge de 84 ans. Pionnier de la Nouvelle Vague iranienne, il a consacré sa carrière à dépeindre les milieux populaires du sud de l’Iran et les tensions entre tradition et modernité, imposant un cinéma à la fois poétique, mélancolique et profondément humaniste.
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Né le 13 juillet 1941 à Abadan, dans le sud-ouest de l’Iran, Nasser Taghvaï s’est rapidement imposé comme une voix singulière du cinéma iranien. Son œuvre, marquée par la mélancolie et la poésie, s’est attachée à montrer les réalités sociales et culturelles des populations du sud du pays, souvent tiraillées entre traditions ancestrales et aspirations à la modernité.
Au cours d’une carrière de plus de cinquante ans, Taghvaï a réalisé six longs-métrages, une série télévisée et plusieurs documentaires. Parmi ses œuvres les plus notables, Tranquillité en présence des autres (1972) reste un exemple de sa capacité à mêler réalisme et sensibilité artistique. Ses films, tout en explorant des problématiques sociales profondes, ont également abordé les défis personnels et familiaux qui traversent l’Iran contemporain.
Figure de la Nouvelle Vague iranienne, aux côtés de réalisateurs tels que Dariush Mehrjui et Massoud Kimiai, Taghvaï a contribué à renouveler la narration et l’esthétique cinématographique dans son pays. Il a su imposer une approche réaliste et introspective, influençant durablement le cinéma iranien et international.
Tout au long de sa carrière, il a résisté aux pressions de la censure, refusant de compromettre sa liberté artistique. Cette indépendance a valu à ses films une reconnaissance internationale et un rôle pionnier dans la diffusion d’un cinéma engagé et humain.
La disparition de Nasser Taghvaï laisse un vide dans le paysage cinématographique iranien. Son héritage, marqué par la rigueur, l’humanisme et la poésie, continuera d’inspirer les cinéastes et d’influencer le regard porté sur les tensions sociales et culturelles dans le monde.
Celine Dou
« Homicide : Life on the Street » – La série qui a redéfini le réalisme policier à la télévision américaine
Diffusée entre 1993 et 1999, Homicide : Life on the Street a profondément transformé la manière de raconter le crime à l’écran. Inspirée du livre du journaliste David Simon, cette série états-unienne a introduit un regard brut, humain et social sur la police de Baltimore, bien loin des conventions du divertissement télévisuel.
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Au cœur des années 1990, l’univers des séries policières était dominé par des intrigues spectaculaires et des héros infaillibles. Homicide : Life on the Street, produite par NBC, a brisé ce moule. En s’appuyant sur le reportage immersif de David Simon (Homicide: A Year on the Killing Streets), la série plonge le téléspectateur dans la routine d’une brigade criminelle, où la vérité est rarement simple et la justice souvent imparfaite.
Loin des courses-poursuites et des effets de style, Homicide opte pour une écriture quasi documentaire. Les dialogues sont précis, les enquêtes fragmentées, les personnages vulnérables. Le spectateur y découvre non seulement la violence du crime, mais aussi celle des institutions, des préjugés et du doute. Cette approche inédite a ouvert la voie à un réalisme télévisuel qui inspirera plus tard The Wire, autre création majeure de David Simon.
Le succès de la série repose également sur la force de son interprétation. Andre Braugher, Richard Belzer et Yaphet Kotto y livrent des performances marquantes, incarnant des policiers à la fois déterminés et tourmentés, confrontés à la banalité du mal et à la fragilité de leurs certitudes. Leur jeu, sobre et habité, a contribué à la dimension presque sociologique de l’œuvre.
Bien que Homicide : Life on the Street n’ait jamais atteint des sommets d’audience, son influence critique demeure immense. Elle a modifié les standards de la fiction policière, inspirant de nouvelles générations de scénaristes soucieux d’authenticité.
Plus de deux décennies après son dernier épisode, elle reste une référence incontournable dans l’histoire de la télévision contemporaine.
- Titre original : Homicide: Life on the Street
- Créateur : Paul Attanasio, d’après le livre de David Simon
- Diffusion : NBC, 1993–1999
- Lieu : Baltimore (États-Unis d’Amérique)
- Genre : Drame policier réaliste
Celine Dou
Ressorties salles (France) – 8 octobre 2025 : « La ferme des animaux », lorsque que l’œuvre d’Orwell détournée par la CIA pour sa propagande devient un film pour jeune public
Des films apparaissant sur les écrans de cinéma des salles françaises à partir de ce 8 octobre 2025, ressort l’adaptation, en dessin animé, de l’un des chefs d’œuvres de l’écrivain George Orwell, « La ferme des animaux ». Initialement film de propagande anticommuniste financé par la CIA et destiné à un public adulte, il est devenu, avec le temps, un bon film à faire connaître au jeune public.
Lire la suite Ressorties salles (France) – 8 octobre 2025 : « La ferme des animaux », lorsque que l’œuvre d’Orwell détournée par la CIA pour sa propagande devient un film pour jeune publicCinéma : Claudia Cardinale, icône du cinéma, s’est éteinte à 87 ans
Claudia Cardinale, légende franco-italienne du septième art et symbole d’une époque où le cinéma européen rayonnait sur le monde, est décédée mardi à l’âge de 87 ans, entourée de ses enfants, à Nemours, près de Paris, où elle résidait. La nouvelle a été annoncée par son agent, Laurent Savry, dans un message transmis à l’AFP.
Lire la suite Cinéma : Claudia Cardinale, icône du cinéma, s’est éteinte à 87 ansCinéma – sorties salles (France) du 17 septembre 2025 : « La tour de glace » ou le reflet d’une (trop) longue nuit frigorifique d’hiver.
Énième semaine sans grand intérêt en ce qui concerne les sorties cinématographiques dans les salles françaises de cette semaine du 17 septembre 2025. Alors, oui, il y a une très grosse sortie cinéma avec le manga « Demon slayer : la forteresse infinie » mais, si vous ne suivez pas la série animée depuis son début, il y a des années, pas la peine de s’y arrêter car ce film correspond, peu ou prou, au début d’une cinquième saison et, si la bande annonce nous avait plu, nous n’en avions jamais vu le moindre épisode. Seul le film chinois « Left-hand girl » trouvait vraiment grâce à nos yeux. Hélas, n’ayant pas eu l’opportunité de le voir en projection presse et celui-ci n’étant pas diffusé dans notre ville de résidence, nous n’allions tout de même pas faire une centaine de kilomètres pour ne passer que 1h49 dans une salle obscure.
Nous restait l’option « La tour de glace », qui, malgré une bande-annonce qui nous laissait hésiter, se présentait en bouée de sauvetage si nous voulions pouvoir faire notre travail de critique ciné cette semaine. Avec le recul du visionnage de ce film, nous en venons à nous dire que boire la tasse nous aurait laissé un moins mauvais goût…
Lire la suite Cinéma – sorties salles (France) du 17 septembre 2025 : « La tour de glace » ou le reflet d’une (trop) longue nuit frigorifique d’hiver.Cinéma : Robert Redford, légende du cinéma états-unien, s’est éteint à 89 ans
Icône du cinéma mondial, Robert Redford est mort à l’âge de 89 ans. Acteur, réalisateur et fondateur du Sundance Film Festival, il a marqué des générations de cinéphiles par ses rôles mythiques, ses films engagés et son influence sur le cinéma indépendant.
Lire la suite Cinéma : Robert Redford, légende du cinéma états-unien, s’est éteint à 89 ansJulian McMahon, mort d’un homme libre : quand l’industrie du divertissement perd l’un de ses visages ambigus
Décédé à l’âge de 56 ans, l’acteur australo-états-unien s’était imposé dans les années 2000 comme un symbole des fictions télévisées de transition. Sa disparition éclaire, en creux, une époque marquée par la tension entre séduction, violence et quête d’identité.
Julian McMahon est mort le 2 juillet 2025 à Clearwater, en Floride, à l’âge de 56 ans, des suites d’un cancer qu’il avait choisi de combattre dans la discrétion. L’information, confirmée par son épouse Kelly McMahon, a suscité une pluie d’hommages dans les milieux du cinéma et de la télévision. Mais au-delà de l’émotion, le parcours de cet acteur discret interroge la manière dont le petit écran a mis en scène, pendant plus de deux décennies, des figures masculines troubles, ambivalentes, et profondément modernes.
Né à Sydney le 27 juillet 1968, Julian Dana William McMahon est le fils de Sir William McMahon, éphémère Premier ministre australien au début des années 1970. L’héritage politique, cependant, ne sera pas le sien. Très tôt, Julian McMahon choisit la voie du mannequinat, avant de s’orienter vers la comédie, d’abord dans les séries australiennes, puis aux États-Unis, où il s’installe durablement au tournant des années 1990.
C’est dans des rôles de plus en plus marquants qu’il se forge une notoriété : Profiler, Another World, puis surtout Charmed (où il incarne Cole Turner, mi-homme mi-démon, entre 2000 et 2005), et Nip/Tuck, série médicale corrosive dans laquelle il campe le chirurgien Christian Troy. Ce dernier rôle, salué par une nomination aux Golden Globes, impose son visage comme l’un des emblèmes d’une télévision postmoderne, en quête de récits sulfureux et de protagonistes tiraillés entre pulsion et rédemption.
Loin du héros linéaire, McMahon a souvent incarné des hommes en conflit avec eux-mêmes, séduisants mais instables, volontaires mais insaisissables. Une posture qui épouse celle des années 2000 : époque de remise en cause des figures d’autorité classiques, mais aussi de fascination pour le chaos intérieur. En incarnant tour à tour des êtres démoniaques, des esthètes cyniques ou des puissants ambivalents (Doctor Doom dans Fantastic Four, 2005 et 2007), il devient sans le dire un révélateur : celui des contradictions de l’Occident en quête de repères après la fin du XXe siècle.
Cette tension est encore visible dans ses choix récents : Marvel’s Runaways, FBI: Most Wanted, ou The Residence, série Netflix dans laquelle il interprète ironie du sort un Premier ministre australien, comme en écho tardif à ses origines familiales.
Sa dernière apparition publique, en mars 2025 au festival SXSW pour présenter le film The Surfer aux côtés de Nicolas Cage, n’avait rien d’un adieu. On y voyait un homme amaigri mais énergique, habité par son rôle et toujours proche de ses partenaires. C’est peut-être là le paradoxe Julian McMahon : une star sans tapage, un acteur populaire resté en marge des grands circuits hollywoodiens, préférant les séries aux blockbusters, les personnages tordus aux archétypes.
Le fait qu’il ait choisi de mener sa lutte contre le cancer dans l’intimité n’étonne guère. Son épouse a simplement évoqué « un effort courageux pour vaincre la maladie », sans chercher à médiatiser l’épreuve. À l’heure où l’exposition médiatique est souvent érigée en preuve d’authenticité, McMahon aura préféré le retrait, la pudeur, la trace laissée dans les mémoires plus que les plateaux de talk-shows.
Les réactions de ses anciens partenaires de jeu ont été à la mesure de l’homme : sobres, mais sincères. Alyssa Milano (Charmed) a salué « son intelligence tranquille et sa présence singulière », Holly Marie Combs a évoqué « un collègue toujours à l’écoute, même dans les scènes les plus dures », tandis que Nicolas Cage a souligné « son intensité calme et son art du doute ».
Au fond, Julian McMahon aura incarné un pan entier de la culture télévisuelle mondiale, celle qui, à la charnière des XXe et XXIe siècles, ne savait plus très bien qui étaient les héros, et où les monstres portaient parfois costume trois-pièces.
Julian McMahon laisse derrière lui un vide discret, à l’image de son parcours. Ni géant du box-office, ni révolutionnaire de la scène, il fut ce que l’époque avait de plus troublant à offrir : un homme en mouvement, libre, jamais tout à fait là où on l’attendait.
Kate Winslet quitte la série « The Spot » : une décision artistique qui révèle les tensions de l’industrie du prestige télévisuel
À 49 ans, la comédienne oscarisée a claqué la porte de la série ambitieuse produite par A24 et Hulu. Son départ, pour divergences créatives, illustre les fractures croissantes entre vision artistique et logique de production dans les fictions télévisées haut de gamme.
Elle avait accepté de porter le projet sur ses épaules, à la fois comme actrice principale et productrice exécutive. Mais l’aventure aura tourné court. L’actrice britannique Kate Winslet, récompensée aux Oscars et saluée pour ses rôles télévisés exigeants (Mildred Pierce, Mare of Easttown), a annoncé son retrait du projet de série The Spot, développé par les studios A24, Hulu et 20th Television.
Selon plusieurs médias spécialisés (Variety, Deadline, TheWrap), ce départ survenu fin juin 2025 s’explique par des divergences créatives entre l’actrice et l’équipe en charge du développement artistique. Le tournage, prévu pour début 2026, est désormais suspendu en attendant le remplacement de l’actrice principale.
The Spot se présentait comme un projet phare du paysage des séries « prestige » : un thriller psychologique contemporain, centré sur une brillante chirurgienne rattrapée par un événement mystérieux du passé. Créé par le scénariste Ed Solomon (connu pour Men in Black, No Sudden Move), le projet bénéficiait du savoir-faire d’A24 studio prisé pour ses choix audacieux et de la renommée de Winslet, garante de qualité et d’exigence.
Le retrait de l’actrice ne s’explique ni par un conflit d’agenda, ni par un désintérêt pour le rôle, mais bien par une incompatibilité artistique avec l’évolution du scénario et du personnage. Kate Winslet, connue pour son implication rigoureuse et son souci du détail, aurait désapprouvé certains choix créatifs qui, selon elle, nuiraient à la cohérence du récit.
Ce type de rupture n’est pas isolé. Ces dernières années, plusieurs comédiennes de premier plan ont quitté des projets en cours de développement : Kate McKinnon a abandonné la série The Dropout, et Margaret Qualley s’est retirée d’un projet sur Amanda Knox. Ces départs traduisent une évolution du rapport de force dans l’industrie télévisuelle : les stars, souvent sollicitées comme garanties de qualité et de notoriété, entendent garder un pouvoir réel sur la direction artistique, au risque de fragiliser les calendriers de production.
Dans le cas présent, les studios ont exprimé leur volonté de maintenir le projet en vie, en cherchant une nouvelle actrice « A-list » capable d’endosser ce rôle complexe. Mais la perte d’une figure aussi emblématique que Kate Winslet, particulièrement respectée pour ses choix artistiques sélectifs, pourrait porter un coup à la crédibilité du projet.
Révélée au grand public dès les années 1990 grâce à Titanic, Kate Winslet s’est progressivement imposée comme une actrice rigoureuse, refusant les rôles faciles. Loin d’enchaîner les productions commerciales, elle a construit une carrière marquée par l’intensité dramatique (The Reader, Revolutionary Road), les défis émotionnels (Ammonite, Mare of Easttown), et l’exploration de la complexité humaine.
En télévision, elle a notamment contribué à redéfinir la place des femmes de plus de 40 ans dans les récits contemporains. Sa série Mare of Easttown (HBO), diffusée en 2021, a été saluée pour son réalisme cru, son refus de l’esthétisation et son regard empathique sur la douleur ordinaire. En quittant The Spot, elle semble fidèle à cette éthique : ne pas se contenter d’un rôle de façade, mais rechercher la profondeur narrative et psychologique.
Le départ de Kate Winslet n’est pas qu’un fait divers du monde du divertissement. Il révèle une fracture plus large entre logique industrielle qui exige vitesse, rentabilité, “bingeabilité” et ambition artistique qui suppose lenteur, audace, et parfois confrontation.
Dans une époque marquée par l’inflation des séries à gros budget et la domination de quelques plateformes états-uniennes sur la production mondiale, les désaccords de ce type témoignent d’un besoin de rééquilibrage. L’actrice, en refusant de plier à une logique qui ne lui convient pas, incarne un rare exemple de résistance au formatage narratif de plus en plus répandu.
En quittant The Spot, Kate Winslet rappelle que, dans l’univers saturé des séries haut de gamme, l’exigence artistique n’est pas toujours soluble dans les logiques de production. Ce geste, loin d’être anecdotique, invite à interroger les conditions dans lesquelles sont fabriqués les récits que nous consommons massivement. Et si derrière l’abandon d’un rôle se cachait, en réalité, un acte de résistance culturelle ?
Sorties salles (France) – 25 juin 2025 : « F1 – le film », la formule « Fast-food » hollywoodienne des sports automobiles
C’est avec une très grosse cylindrée hollywoodienne que nous terminons notre « saison régulière » de critiques cinéma, puisque nous allons parler de « F1 – le film » (ou tout simplement « F1 »), film sur le sport automobile du même nom mais qui, hélas, n’en a rien de plus de commun tant, avec cette superproduction, on s’écrase droit dans le mur de la réalité.
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