Coup dur pour les Lionnes du basket sénégalais. À quelques semaines de l’Afrobasket 2025, qui se tiendra cet été en Côte d’Ivoire, plusieurs joueuses de l’équipe nationale n’ont pas obtenu leurs visas pour les États-Unis d’Amérique, où devait se dérouler leur préparation. Un refus qui suscite incompréhension et inquiétude, alors qu’aucune explication officielle n’a été donnée par les autorités états-uniennes.
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France – Justice des mineurs : le Conseil constitutionnel censure six articles clés de la loi portée par Gabriel Attal
Le Conseil constitutionnel a retoqué, jeudi 19 juin 2025, six articles centraux de la proposition de loi défendue par le Premier ministre Gabriel Attal visant à “renforcer l’autorité de la justice à l’égard des mineurs délinquants et de leurs parents”. Adopté mi-mai par le Parlement, le texte prévoyait notamment un durcissement notable du traitement pénal des mineurs, en particulier en cas de récidive.
Lire la suite France – Justice des mineurs : le Conseil constitutionnel censure six articles clés de la loi portée par Gabriel AttalGuerre Israël-Iran : Une rencontre en Suisse pour relancer la diplomatie, l’Europe prépare une offre à Téhéran – Trump songe à une intervention militaire
Les Européens soumettront vendredi à l’Iran, lors d’une réunion en Suisse, une « offre de négociation globale », incluant des volets sur le nucléaire, a déclaré le président français Emmanuel Macron, dans l’espoir de mettre un terme au conflit avec Israël.
Lire la suite Guerre Israël-Iran : Une rencontre en Suisse pour relancer la diplomatie, l’Europe prépare une offre à Téhéran – Trump songe à une intervention militaireMinnesota : l’assassinat de l’élue Melissa Hortman choque l’Amérique, les autorités évoquent un mobile politique – les détails terrifiants sur le passage à l’acte du tueur qui a listé plusieurs noms
Un double meurtre suivi d’une chasse à l’homme spectaculaire a secoué le Minnesota et relancé le débat sur les violences à caractère politique aux États-Unis. Samedi 14 juin, Melissa Hortman, ancienne présidente démocrate de la Chambre des représentants du Minnesota, et son mari Mark, ont été tués par balles à leur domicile dans la banlieue de Minneapolis. Le suspect, Vance Boelter, 57 ans, a été arrêté deux jours plus tard, mettant fin à l’une des plus importantes opérations de traque de l’histoire de l’État.
Une attaque préméditée
Selon les autorités, l’homme avait minutieusement préparé son passage à l’acte. Le procureur fédéral Joe Thompson a décrit des faits « glaçants » et dignes « d’un cauchemar ». Boelter se serait équipé de fausses plaques de police, d’un gilet pare-balles, de munitions et d’un masque en silicone hyperréaliste, évoquant des personnages comme Michael Myers ou Fantômas, pour se déguiser en agent des forces de l’ordre.
La nuit du drame, il se serait d’abord rendu vers 2h du matin au domicile du sénateur local John Hoffman et de son épouse Yvette. Après avoir forcé l’entrée, il aurait ouvert le feu à plusieurs reprises, blessant grièvement les deux occupants. Leur fille, protégée par sa mère, a pu prévenir les secours. Le couple a survécu et est aujourd’hui hors de danger.
Boelter aurait ensuite tenté de s’attaquer à deux autres cibles, qui ont échappé de peu à l’agression l’une étant absente, l’autre protégée par une patrouille de police à proximité.
Le meurtre des Hortman
Vers 3h30, le suspect aurait atteint la résidence de Melissa et Mark Hortman. D’après le rapport officiel, il aurait tiré plusieurs fois en avançant dans leur maison, puis une seconde salve de coups de feu peu après. Lorsque la police est intervenue, les deux victimes étaient grièvement blessées et sont décédées peu après leur découverte.
Vance Boelter a été intercepté dimanche soir à plus d’une heure de route à l’ouest de Minneapolis, après une traque impliquant une centaine d’agents et des drones.
Une liste de cibles à connotation politique
L’enquête a révélé que le suspect transportait une liste d’environ 70 noms, essentiellement liés au Parti démocrate. Parmi eux figuraient des élus de haut rang comme le gouverneur Tim Walz, des sénateurs, ainsi que des militants pro-avortement. Melissa Hortman, militante de longue date pour les droits reproductifs, aurait été particulièrement ciblée : des notes et observations répétées de son domicile ont été retrouvées.
Un ami de Boelter a confirmé que ce dernier tenait des positions conservatrices très marquées, notamment contre le droit à l’avortement. « C’était un assassinat politique », a affirmé le procureur Thompson, tout en appelant à la prudence sur les motivations précises du suspect.
Vives réactions politiques et judiciaires
La classe politique américaine a largement condamné l’attaque. Le gouverneur Tim Walz a dénoncé un « acte odieux » et mis en garde contre la banalisation de la violence politique. La ministre de la Justice Pam Bondi a promis des « conséquences sévères », rappelant que le suspect fait face à six chefs d’accusation, dont deux pour meurtre par arme à feu, passibles de la prison à perpétuité, voire de la peine de mort.
« J’espère que cela servira de piqûre de rappel : on peut ne pas être d’accord avec quelqu’un sans chercher à le tuer », a conclu le procureur Joe Thompson.
Alors que l’Amérique s’interroge une nouvelle fois sur la montée des tensions politiques et idéologiques, ce drame relance le débat sur la sécurité des responsables publics et la radicalisation violente dans le pays.
Le Japon soutient trois projets d’eau et d’agriculture dans le sud-est du Maroc
Dans le cadre de son programme de dons KUSANONE, le Japon renforce son engagement en faveur du développement local au Maroc. L’ambassade japonaise a remis, les 11 et 12 juin derniers, trois projets ciblant l’eau et l’agriculture dans les provinces d’Errachidia et de Tinghir. Dotée d’un financement global de 1,57 million de dirhams, cette initiative vise à améliorer concrètement la sécurité humaine à l’échelle communautaire.
Les priorités de ces micro-projets sont claires : faciliter l’accès à l’eau potable et moderniser les systèmes d’irrigation dans des régions confrontées à des défis climatiques croissants.
À M’daghra (Errachidia), la Coopérative ALJID agricole bénéficie de la construction d’une séguia en béton sur 950 mètres. Ce canal d’irrigation vise à desservir plus efficacement les terres de 460 familles, renforçant la sécurité alimentaire locale, réduisant le temps d’irrigation et aidant les agriculteurs à s’adapter aux effets du changement climatique.
À Taghzout Nait Atta (Tinghir), un système de pompage à énergie solaire et un bassin de rétention ont été mis en place avec le soutien de l’association Bougafer. Ce projet, destiné à 3 800 habitants, permettra d’augmenter la productivité agricole et d’étendre le périmètre cultivable, offrant ainsi de nouvelles perspectives économiques pour la région.
Enfin, à Ouaklim (Tinghir), 5 000 habitants auront désormais un accès direct à l’eau potable, grâce au soutien de l’association Azag. En période de sécheresse, cette infrastructure jouera un rôle crucial dans la résilience des populations. Elle contribuera également à alléger la corvée d’eau, souvent supportée par les femmes et les enfants, et à freiner l’exode rural.
Depuis son lancement en 1989, le programme KUSANONE a permis de financer 374 projets au Maroc, pour un montant total de plus de 180 millions de dirhams, confirmant ainsi la solidité de la coopération maroco-japonaise dans le domaine du développement durable.
Portugal : six personnes liées à un groupe d’extrême droite arrêtées, une importante cache d’armes saisie
Les autorités portugaises ont mené une vaste opération antiterroriste qui a conduit à l’arrestation de six individus affiliés à un groupe d’extrême droite. L’intervention a permis de mettre la main sur une impressionnante cache d’armes, incluant des explosifs, des armes à feu fabriquées fabriquées à l’aide d’imprimantes 3D des munitions et des couteaux.
Dans un communiqué diffusé mardi, la police judiciaire a indiqué que les suspects appartiennent au “Movimento Armilar Lusitano” (MAL), une organisation tentant de se structurer en mouvement politique, soutenue par une milice armée. Les arrestations ont été réalisées dans le cadre d’une enquête sur des activités liées au terrorisme, à l’incitation à la haine et à la violence, ainsi qu’à la détention d’armes prohibées.
Lors d’une conférence de presse, Manuela Santos, directrice de l’Unité nationale de lutte contre le terrorisme (UNCT), a déclaré que « la qualité et la diversité de ce que nous avons saisi sont surprenantes ». Elle a également précisé que l’un des suspects est membre de la Polícia de Segurança Pública (PSP), la police civile nationale, tandis que d’autres auraient des connexions avec des sociétés de sécurité privées.
Mme Santos a souligné que les suspects, bien que d’origines diverses, partagent des convictions discriminatoires, fondées sur « l’identité sexuelle, la race et la croyance ».
Une vidéo diffusée par les autorités montre des éléments glaçants : livres à idéologie néonazie, tracts de propagande extrémiste, ainsi que des imprimantes 3D ayant servi à fabriquer des armes ou à modifier des fusils pour qu’ils puissent tirer des munitions létales.
Cette affaire relance le débat sur la surveillance des mouvances d’extrême droite en Europe, et met en lumière l’utilisation croissante de technologies comme l’impression 3D pour contourner les lois sur le contrôle des armes. Les autorités portugaises poursuivent actuellement leur enquête pour déterminer l’étendue du réseau et les objectifs réels du MAL.
Guerre Iran-Israël : des dizaines d’avions de guerre des EUA se dirigent vers le Moyen-Orient, L’ambassade des États-Unis d’Amérique à Jérusalem ferme ses portes, Trump appelle à une « capitulation sans conditions » de l’Iran (Point sur la situation)
Alors que le conflit entre Israël et l’Iran s’intensifie dangereusement, les États-Unis se positionnent au bord d’une implication militaire directe. Des dizaines d’avions de guerre états-uniens sont en route vers le Moyen-Orient, l’ambassade des États-Unis à Jérusalem est fermée jusqu’à nouvel ordre, et Donald Trump a convoqué son Conseil de sécurité nationale, exigeant une « capitulation sans conditions » de l’Iran. La tension est à son comble dans la région, et les prochaines heures pourraient être décisives.
Lire la suite Guerre Iran-Israël : des dizaines d’avions de guerre des EUA se dirigent vers le Moyen-Orient, L’ambassade des États-Unis d’Amérique à Jérusalem ferme ses portes, Trump appelle à une « capitulation sans conditions » de l’Iran (Point sur la situation)Corée du Sud : le procès du président Lee Jae-myung suspendu en raison de son immunité présidentielle
La Cour centrale du district de Séoul a annoncé ce mardi 17 juin 2025 le report du procès de Lee Jae-myung, président nouvellement élu de la Corée du Sud, dans l’affaire de corruption liée aux projets immobiliers de Daejang-dong. Cette décision fait suite à un précédent jugement rendu la veille par la Haute Cour de Séoul, qui avait déjà suspendu une autre procédure judiciaire contre le chef de l’État, invoquant son immunité présidentielle.
Une suspension fondée sur la Constitution
Selon la Cour centrale, la prochaine audience dans cette affaire est reportée à une date indéterminée, en vertu de l’article 84 de la Constitution sud-coréenne. Cet article stipule qu’un président en exercice ne peut faire l’objet de poursuites pénales, sauf en cas d’insurrection ou de trahison. Cette disposition vise à préserver la stabilité de l’exécutif durant le mandat présidentiel.
La Haute Cour de Séoul avait elle aussi utilisé ce même fondement constitutionnel pour suspendre lundi un autre procès visant Lee Jae-myung, cette fois pour violation présumée de la loi électorale.
Des accusations de corruption lourdes
Lee Jae-myung fait l’objet d’une série d’accusations depuis 2023, avant son élection à la présidence. L’affaire de Daejang-dong, ainsi que celle de Wirye, concerne des projets de développement urbain à Seongnam, ville où Lee fut auparavant maire. Il est soupçonné de manquement au devoir, de conflit d’intérêts, de corruption impliquant des tiers, et de liens douteux avec la gestion d’un club de football local.
Ces dossiers, très médiatisés, ont empoisonné la vie politique sud-coréenne ces dernières années et cristallisé les tensions entre les camps conservateur et progressiste.
Une ascension présidentielle controversée
Lee Jae-myung a été élu président le 3 juin 2025, à la suite de la destitution de son prédécesseur, Yoon Suk Yeol. Ce dernier a été évincé par l’Assemblée nationale après avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre 2024, une décision perçue comme une dérive autoritaire majeure.
L’accession au pouvoir de Lee, dans un contexte d’instabilité institutionnelle, n’a pas apaisé les débats. Bien que ses soutiens saluent son engagement en faveur de la justice sociale et de la régulation économique, ses opposants dénoncent un passé judiciaire lourd et une instrumentalisation du pouvoir pour échapper à la justice.
Une pause judiciaire… temporaire ?
Tant que Lee Jae-myung demeure en fonction, les procédures pénales contre lui resteront gelées. Toutefois, cette immunité ne constitue pas une annulation des charges : les poursuites pourront reprendre une fois son mandat achevé. D’ici là, la justice sud-coréenne devra patienter — et la population, rester attentive aux suites de cette affaire qui pourrait ressurgir avec fracas à la fin de la présidence Lee.
En Corée du Sud, où plusieurs anciens chefs d’État ont été poursuivis, voire incarcérés après leur mandat, l’ombre de la justice plane toujours sur les plus hauts sommets du pouvoir.
Emmenés enfants en Syrie par leurs parents jihadistes, ces Français qui veulent être rapatriés
Iles avait 11 ans quand son père jihadiste l’a emmené de force de la France vers la Syrie. Détenu un temps avec sa mère, il a grandi, puis été enfermé sans elle dans un autre camp, et compte depuis les jours, implorant la France de le rapatrier.(Source : AFP).
Cela fait « cinq ans et cinq jours » précisément, confiait la semaine dernière le jeune homme à la silhouette menue, aujourd’hui âgé de 21 ans, à une délégation française composée notamment d’avocats venus lui rendre visite au centre Orkesh dans le nord-est syrien.
Lui a été incarcéré encore mineur avant d’être enfermé, sans nouvelles ou presque de sa mère et de sa fratrie. Eux sont toujours retenus à Roj, l’un des camps contrôlés comme d’autres centres et prisons par les forces kurdes.
Des dizaines de milliers de personnes, d’une cinquantaine de nationalités et soupçonnées de liens avec l’organisation jihadiste Etat islamique, y sont retenues.
Le rapatriement des quelque 120 enfants et de la cinquantaine de femmes françaises encore retenus reste sensible en France dix ans après la vague d’attentats sur son sol.
« En 2021 et 2023, Iles voit les services de renseignement français, il dit qu’à chaque fois il a cru qu’il allait rentrer, parce que c’est ce qu’on lui a dit », a expliqué lundi lors d’une conférence de presse à Paris l’avocate Amélie Morineau, présidente de la commission Libertés et droits de l’homme du Conseil national des barreaux (CNB).
Comme quatre autres jeunes majeurs, il réitère aujourd’hui sa volonté de revenir.
« Les soldats-enfants en droit international sont des victimes de guerre », a rappelé Me Marie Dosé, indiquant avoir déposé en France le 10 avril auprès du doyen des juges d’instruction à Paris une plainte pour détention arbitraire et traitement inhumain et dégradant.
Devenus majeurs dans les camps ou les prisons du nord-est syrien, « ils vont de peur en peur, de centre en centre puis en prison », enfermés 25 par chambre, 10 heures sur 24, décrit l’avocate.
A la presse, la délégation a montré des vidéos des jeunes hommes, leur visage s’illuminant en lisant des lettres de proches ou en écoutant des messages audio transmis par les avocats.
- « Quelle responsabilité d’un enfant ? » –
En juillet 2023, une rapporteuse spéciale de l’ONU sur la promotion et la protection des droits de l’Homme dans la lutte antiterroriste alertait déjà sur le sort de ces adolescents. Fionnuala Ni Aolain dénonçait comment ils étaient et restent systématiquement séparés de leur mère dans les camps, les dommages irréparables et une « violation des lois internationales ».
Lundi, Matthieu Bagard, président du pôle expertise Syrie de l’ONG Avocats sans frontières France, a évoqué « les violences physiques » en détention, « les graves problèmes psychologiques » et la « quasi impossibilité d’avoir accès à des soins ».
« Quelle est la responsabilité d’un enfant de six ans ? », interroge l’avocat en présentant le cas d’un adolescent de 16 ans, emmené de force en Syrie quand il en avait six, puis arraché à sa mère à 14 ans. Cette dernière refuse d’être rapatriée. Mais elle a signé un consentement pour que son fils le soit.
Outre cinq jeunes majeurs, trois mères de famille demandent aussi « fermement leur rapatriement » et « réaffirment leur consentement » dans des vidéos enregistrées par la délégation lors de son déplacement, assure Me Morineau.
Au total, ces demandes de rapatriement concernent 23 personnes, dont des mineurs. Les jeunes majeurs et les femmes sont tous visés par un mandat d’arrêt international.
Ces mandats d’arrêt ne peuvent être exécutés que par un Etat. « Or le Kurdistan syrien, sous l’administration duquel se trouve le camp Roj, n’est pas un Etat autonome reconnu, en conséquence de quoi il n’a avec la France aucun accord », explique Me Morineau.
Selon Me Bagard, leur séjour en Syrie est la preuve que les conditions sécuritaires actuelles « n’empêchent pas » les « rapatriements effectués par un très grand nombre d’autres pays », dont l’Allemagne et la Russie. Et ce y compris depuis que les nouvelles autorités islamistes ont renversé le président Bachar al-Assad et pris le pouvoir en décembre.
Pour l’eurodéputé Mounir Satouri, en les laissant en détention, « on se venge » de ce que leurs pères ont pu faire, « et c’est pas tolérable ».
Aux origines de notre humanité : là où Sapiens et Néandertal se sont rencontrés pour la première fois
Pendant des décennies, les scientifiques ont su que Homo sapiens et Homo neanderthalensis ne s’étaient pas seulement croisés au fil des musées ou des généalogies scientifiques. Ils s’étaient véritablement rencontrés, au sens le plus concret du terme. Ce que l’on ignorait, en revanche, c’est où ces rencontres fondatrices avaient eu lieu. Une nouvelle étude vient enfin de lever le voile sur ce mystère : c’est dans les monts Zagros, au cœur du Moyen-Orient, que les deux espèces humaines se sont croisées, ont cohabité… et ont engendré une descendance dont l’empreinte demeure aujourd’hui dans notre ADN.
Un carrefour oublié entre Afrique, Europe et Asie
À cheval sur l’Iran, l’Irak et la Turquie, les monts Zagros forment une imposante chaîne montagneuse encore méconnue du grand public. Pourtant, à la fin du Pléistocène — entre 60 000 et 40 000 ans avant notre ère — cette région était un véritable corridor bioclimatique reliant les climats tempérés du nord aux zones plus chaudes du sud.
C’est dans ce contexte d’instabilité climatique et de migrations massives que les deux espèces humaines ont vu leurs trajectoires se croiser. Néandertal, habitué aux steppes froides d’Europe et d’Asie occidentale, descendait vers le sud-est. Sapiens, fraîchement sorti d’Afrique, remontait vers le nord. Et c’est dans les vallées escarpées des Zagros que l’histoire humaine a changé de cap.
Les fouilles archéologiques en attestent : de nombreux sites dans cette région contiennent des outils, des ossements et des vestiges culturels associés aux deux groupes. Mais surtout, les analyses génétiques confirment qu’un métissage a eu lieu. Non seulement ces populations se sont rencontrées, mais elles ont eu des enfants ensemble.
Un métissage fondateur… encore présent en nous
Depuis le séquençage complet du génome néandertalien en 2010, les preuves de ces unions se sont multipliées. Aujourd’hui, on sait que tous les humains non africains portent entre 1 et 4 % d’ADN néandertalien. Cet héritage va bien au-delà d’une simple statistique : il influence des aspects très concrets de notre physiologie et de notre psychologie.
Parmi les traits influencés par les gènes néandertaliens, on retrouve :
• la forme du nez,
• la sensibilité à la douleur,
• certaines réponses immunitaires,
• la gestion du stress,
• et même des susceptibilités modernes, comme la vulnérabilité à la COVID-19 ou aux troubles de l’humeur.
En d’autres termes, une part essentielle de ce que nous sommes — dans notre corps, notre santé et même nos émotions — découle directement de cette rencontre dans les montagnes des Zagros.
Un foyer central de l’hybridation humaine
Si le métissage entre Sapiens et Néandertal a pu se produire à plusieurs reprises et en divers endroits, les monts Zagros semblent jouer un rôle particulier : celui de foyer central, de point de convergence. Une sorte de “berceau du mélange”, où deux humanités se sont non seulement rencontrées, mais aussi durablement installées ensemble.
Cette découverte invite à revoir notre vision de l’évolution humaine. Loin d’un récit linéaire avec des espèces séparées, successives, où Sapiens aurait triomphé de ses rivaux, on entrevoit désormais une histoire plus complexe, plus entrelacée. Un récit de rencontres, d’échanges, de métissages — parfois d’extinction, souvent de transmission.
Les monts Zagros : berceau de l’humain moderne
Dans ce contexte, les monts Zagros ne sont pas qu’un simple décor géologique. Ils sont une scène centrale de notre histoire collective. Un lieu où s’est jouée une étape cruciale de l’évolution humaine. Là, dans ces montagnes du Moyen-Orient, s’est écrit un chapitre invisible mais fondamental de notre identité biologique.
Ce passé nous façonne encore. Il nous rappelle que l’humanité n’a jamais été une, pure, homogène. Elle est le fruit de croisements, de migrations, d’adaptations. Et si Sapiens a survécu, c’est peut-être justement parce qu’il a su fusionner, intégrer, s’ouvrir.
À travers les gènes néandertaliens qui parcourent encore notre ADN, c’est une part de cette histoire qui continue de vivre en nous. Une histoire faite de diversité, de mélange, et d’un profond lien avec ceux que nous pensions longtemps différents.