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Émirats arabes unis : La présence de narcotrafiquants français à Dubaï s’invite au cœur de la visite de Gérald Darmanin : un révélateur des zones grises du système

La visite de Gérald Darmanin aux Émirats arabes unis, présentée par Paris comme un déplacement consacré au renforcement de la coopération sécuritaire, a mis en lumière un sujet longtemps relégué dans l’ombre par les récits dominants : la présence installée et structurée de narcotrafiquants français à Dubaï. Ce phénomène, connu des services spécialisés mais peu intégré dans le débat public, révèle un angle mort médiatique et interroge le rôle exact de l’émirat dans les grandes circulations financières internationales.

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Depuis plusieurs années, des figures du narcobanditisme français ont trouvé dans Dubaï un espace à la fois distant des appareils d’État européens et favorable à la conversion de capitaux illicites. L’émirat, devenu un carrefour mondial attirant capitaux, entreprises, expatriés et fonds spéculatifs, fonctionne également comme un lieu de repli pour des individus cherchant à échapper à la pression judiciaire exercée en Europe. L’immobilier de luxe, les transactions en espèces et l’usage massif des crypto-actifs y créent un environnement propice à la dissimulation ou au réinvestissement de profits issus des trafics.

C’est dans ce contexte que Gérald Darmanin affirme avoir obtenu quatorze extraditions depuis le début de l’année et l’engagement des autorités émiraties à examiner une quinzaine de demandes supplémentaires. Il revendique également la saisie d’une quarantaine de biens immobiliers appartenant à des ressortissants français impliqués dans des réseaux de stupéfiants. Ces annonces, bien que présentées comme des avancées majeures, relèvent surtout d’un rapport de force diplomatique dans lequel chaque acteur cherche à préserver ses intérêts : la France veut montrer qu’elle reprend le contrôle sur des réseaux transnationaux qui lui échappent en partie, tandis que les pouvoirs émiratis cherchent à consolider leur image de partenaire fiable dans l’ordre international.

Les Émirats arabes unis se trouvent en réalité dans une position ambivalente. Leur attractivité financière repose sur un cadre qui facilite l’arrivée de capitaux du monde entier, qu’ils soient parfaitement licites ou issus de zones grises. Le pays cherche à se présenter comme un acteur responsable et engagé contre le crime organisé, mais doit en même temps préserver un modèle économique fondé sur la fluidité des flux financiers. Le renforcement de la coopération avec Paris apparaît donc comme une manière de limiter les critiques du bloc occidental tout en maintenant les avantages structurels de son système.

Derrière les annonces politiques se dessine une réalité plus structurelle : la présence de narcotrafiquants français à Dubaï n’est pas une anomalie mais une conséquence logique de la mondialisation des économies criminelles. Ces réseaux ont appris à contourner les frontières, à exploiter les failles juridiques et à se déplacer en fonction des opportunités offertes par le système financier global. Ils jouent avec la lenteur des procédures judiciaires, contrastant avec la rapidité des circulations d’argent. Les services européens peinent à suivre ces flux qui se déplacent instantanément d’un continent à l’autre.

La visite de Darmanin souligne donc une mutation profonde du narcotrafic, désormais indissociable des dynamiques financières mondiales. L’enjeu dépasse largement la relation bilatérale entre la France et les Émirats arabes unis. Il interroge la capacité des États à agir dans un espace international où les logiques économiques, les zones d’ombre et les intérêts géopolitiques se croisent. Il rappelle aussi que les réseaux criminels prospèrent précisément là où les rivalités entre puissances créent des interstices.

Au final, la question n’est pas seulement celle des trafiquants français réfugiés à Dubaï, mais celle d’une économie parallèle qui exploite les failles de l’ordre international. Face à des acteurs capables de circuler librement entre Marseille, Rotterdam, Istanbul ou Dubaï, aucun appareil d’État ne peut agir seul. La coopération annoncée n’est qu’une étape parmi d’autres, et ce dossier continuera d’être un révélateur des tensions entre sécurité, finance globale et rapports de force internationaux.

Celine Dou

Émirats arabes unis : quand un exercice national de sécurité révèle les dynamiques sociétales et politiques du pays

Un exercice national aux proportions inédites

Du 11 au 13 novembre 2025, les Émirats arabes unis ont mené un exercice national de sécurité mobilisant l’ensemble des forces de l’ordre, des unités militaires et aériennes. L’opération a été accompagnée de consignes strictes à la population : aucune photographie ni diffusion de vidéos n’étaient autorisées.

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Ce déploiement massif, relayé par les médias locaux, dépasse la simple démonstration de force. Il constitue un fait d’actualité porteur de sens, qui invite à réfléchir sur la manière dont le pays articule sécurité, cohésion sociale et gouvernance.

Sécurité et cohésion sociale : un modèle émirati assumé

L’exercice n’est pas un événement isolé. Il s’inscrit dans un modèle de gouvernance proactive, où l’État se positionne comme le garant de la stabilité et de la discipline. La participation implicite de la population, le respect des consignes et l’adhésion aux règles illustrent un système de co-responsabilité civique, où chaque citoyen est un acteur potentiel de la sécurité nationale.

Dans ce cadre, la sécurité n’est pas seulement militaire : elle devient un outil de cohésion sociale et de construction de l’identité collective. Les Émirats arabes unis affichent ainsi un modèle où la protection de l’ordre est intrinsèquement liée à la perception de l’efficacité de l’État et au respect des normes sociales.

Tension entre transparence et contrôle

La décision d’interdire la diffusion d’images souligne la tension entre contrôle de l’information et droit à la transparence. Dans une société hautement connectée, l’État choisit de maîtriser le récit public, réduisant les risques de malentendus ou de critiques sur l’organisation et l’ampleur de l’opération.

Ce choix pose une question universelle : comment concilier sécurité nationale et libertés publiques dans des sociétés modernes et numériques ? Les Émirats illustrent un équilibre particulier, où l’efficacité et la discipline prennent le pas sur la visibilité médiatique.

Un instrument de légitimité politique et régionale

Au-delà de ses implications domestiques, l’exercice envoie un signal politique à la région. Les EAU, acteur clé du Golfe, montrent leur capacité à coordonner des opérations complexes et à maintenir un ordre interne solide. Cette démonstration de maîtrise contribue à renforcer la légitimité de l’État, tant auprès de ses citoyens que sur la scène internationale, tout en consolidant sa position stratégique dans un environnement régional instable.

Une réflexion sur le modèle sociétal émirati

Cet exercice national met en lumière un aspect souvent peu analysé : la relation entre discipline civique, sécurité et gouvernance. L’État émirati ne se limite pas à imposer des règles ; il façonne un modèle sociétal où la confiance, la responsabilité et l’efficacité sont centrales.

Cependant, cette approche soulève des débats sur l’étendue des libertés et la place de la société civile. Elle invite à réfléchir sur les modèles alternatifs de cohésion sociale et de sécurité préventive, comparables ou contrastés dans d’autres contextes régionaux ou internationaux.

Au-delà du fait d’actualité

L’exercice national de sécurité des Émirats arabes unis dépasse la simple actualité militaire. Il constitue un indice révélateur des dynamiques sociétales et politiques du pays, mettant en lumière la manière dont la discipline, la sécurité et la légitimité de l’État s’entrelacent dans une société moderne et centralisée.

À travers cette opération, on comprend mieux la logique d’un État qui cherche à anticiper les crises, à encadrer sa population et à affirmer sa stabilité, tout en naviguant entre visibilité et contrôle, liberté et discipline.

Celine Dou