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Victoire du PSG en Ligue des champions : une fête historique entachée par la violence

Le 31 mai 2025 restera à jamais dans l’histoire du football français. À Munich, le Paris Saint-Germain a balayé l’Inter Milan (5-0) en finale de la Ligue des champions, décrochant ainsi le tout premier sacre européen de son histoire. Mais si la performance sportive restera gravée dans les annales, les scènes de violence qui ont éclaté en France au soir de cette victoire jettent une ombre profonde sur la célébration.

À Paris comme dans plusieurs grandes villes françaises Marseille, Lyon, Rennes ou encore Strasbourg, les festivités ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Le ministère de l’Intérieur fait état de deux morts, plus de 190 blessés et 642 interpellations sur l’ensemble du territoire, dont une majorité en région parisienne.

Sur les Champs-Élysées, pourtant bouclés et sous surveillance renforcée, des groupes organisés ont provoqué des échauffourées, incendié des véhicules, pillé des commerces. D’autres quartiers, comme Barbès ou Bastille, ont également connu des épisodes de tension extrême. À Marseille, le Vieux-Port a été le théâtre d’affrontements violents, malgré une mobilisation policière massive.

Dans une déclaration à la presse, le président Emmanuel Macron a condamné des actes « inacceptables » et appelé à une « réponse de justice ferme, rapide et exemplaire ». Plusieurs syndicats policiers dénoncent pour leur part un « sous-dimensionnement stratégique » des dispositifs de sécurité, malgré les leçons tirées des grands événements passés.

Le contraste est brutal : alors que le PSG venait d’offrir à la France une victoire footballistique attendue depuis des décennies, l’État semblait une nouvelle fois débordé par les foules. Plus de 5 000 agents avaient pourtant été déployés rien qu’à Paris. Mais les autorités n’ont pas réussi à empêcher que les célébrations dégénèrent.

Cette impuissance soulève des interrogations récurrentes : la France est-elle capable de gérer pacifiquement les grands rassemblements populaires ? Quelles stratégies mettre en place pour prévenir des violences pourtant prévisibles à l’issue d’un événement aussi chargé symboliquement ? Pour certains analystes, l’absence d’espaces de fête encadrés, de médiation de terrain et de mesures de désescalade a transformé les rues en poudrière.

Au-delà de la seule gestion de l’ordre public, ces violences expriment des tensions sociales plus profondes. Nombre d’interpellés n’étaient pas des supporters du PSG mais des jeunes issus de quartiers en grande difficulté, pour qui la rue reste l’un des rares espaces d’expression. À l’image de ce qu’on avait déjà observé lors de certaines célébrations sportives ou après les violences urbaines de 2023, la fête devient parfois exutoire, mais aussi terrain de confrontation.

Le football, censé rassembler toutes les classes sociales et tous les territoires, agit ici comme révélateur d’un malaise national. Certains y voient une jeunesse livrée à elle-même, sans perspectives. D’autres, un échec persistant de l’intégration républicaine, doublé d’un ressentiment profond envers l’autorité.

Les Jeux olympiques de Paris 2024, salués à l’époque pour leur organisation globale réussie, avaient pourtant laissé espérer une nouvelle dynamique sécuritaire et citoyenne. L’usage du dialogue territorial, la présence renforcée de médiateurs et l’implication du tissu associatif avaient été des leviers efficaces.

Un an plus tard, l’échec sécuritaire autour de la victoire du PSG montre que ces outils n’ont pas été institutionnalisés. La répétition de ces violences après chaque grande victoire interroge sur l’absence d’une politique publique cohérente de gestion des émotions collectives dans l’espace urbain.

Le PSG, après des années de critiques pour ses dépenses astronomiques et ses échecs européens, a enfin concrétisé son rêve. Sur le terrain, le club parisien a offert à ses supporters un moment de gloire. Mais dans les rues, c’est une autre France qui s’est donnée à voir : celle des tensions non résolues, des frustrations accumulées, et d’un pacte social de plus en plus fragile.

Dans les jours à venir, l’exécutif a annoncé des annonces en matière de maintien de l’ordre et de politique de la ville. Mais les observateurs sont nombreux à estimer qu’au-delà des réponses sécuritaires, c’est une réflexion de fond sur l’inclusion, la citoyenneté et l’égalité des territoires qu’il faut enfin engager.

La France célèbre son triomphe footballistique mais vacille face à ses failles sociales. La Ligue des champions ne peut pas masquer le reste : un pays en quête de communion mais prisonnier de ses fractures.

France : Hausse du prix du tabac et interdiction de fumer dans les lieux publics extérieurs, une politique sanitaire ambitieuse aux multiples défis

À partir du 1er juillet 2025, la France durcit encore sa politique anti-tabac en interdisant de fumer dans de nombreux espaces publics extérieurs. Cette mesure s’accompagne d’une nouvelle hausse du prix du paquet de cigarettes, désormais à 10,95 euros pour les marques les plus vendues, inscrivant le pays dans une trajectoire vers un paquet à 13 euros d’ici 2027.

Ces initiatives illustrent une volonté politique claire : lutter contre la première cause de mortalité évitable dans l’Hexagone, responsable chaque année de près de 75 000 décès. Mais cette politique, saluée par les professionnels de santé, se confronte aussi à des enjeux sociaux complexes et à des risques économiques non négligeables.

Dès le 1er juillet, fumer sera prohibé sur les plages bordant les zones de baignade, dans les parcs et jardins publics, aux abris de bus, et surtout aux abords des écoles, collèges, lycées et autres établissements accueillant des mineurs. Les installations sportives telles que stades et piscines entrent également dans le périmètre de la nouvelle réglementation.

Cette mesure vise en priorité à réduire l’exposition des enfants et adolescents au tabagisme passif, en créant des environnements sans fumée dans des lieux fréquentés par les jeunes. La ministre de la Santé, Catherine Vautrin, l’a résumé sans détour : « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître ».

Une période de sensibilisation accompagnera la mise en œuvre, avant l’application des amendes de 135 euros en cas de non-respect. Pour l’heure, les terrasses des cafés et restaurants ne sont pas concernées, mais l’extension à ces espaces reste envisagée.

Parallèlement, le prix du paquet continue sa montée progressive. Cette hausse, justifiée par des études montrant que l’augmentation tarifaire réduit la consommation, vise particulièrement à dissuader les jeunes et les populations précaires.

Les professionnels de santé applaudissent cette mesure, rappelant que la politique tarifaire est l’un des outils les plus efficaces pour réduire le tabagisme. Le Conseil national des médecins généralistes souligne aussi le renforcement des campagnes de prévention et des dispositifs d’aide au sevrage.

Cependant, cette trajectoire n’est pas sans controverses. Pour de nombreux fumeurs issus de milieux modestes, le tabac représente déjà une dépense contrainte. La hausse des prix risque de renforcer leur pression économique, sans garantir un accès facile aux aides nécessaires pour arrêter. Certains acteurs associatifs dénoncent un effet potentiellement stigmatisant, soulignant les inégalités territoriales en matière d’accompagnement au sevrage.

Un autre enjeu majeur réside dans le risque accru de développement du marché noir du tabac. Avec plus de 8 % de la consommation européenne détournée par la contrebande, la France, comme d’autres États membres, doit composer avec des trafics qui fragilisent à la fois la santé publique et les recettes fiscales.

Les autorités françaises appellent à une harmonisation des taxes au sein de l’Union européenne, espérant une réforme prochaine de la directive européenne sur la taxation du tabac. Quinze États membres soutiennent cette démarche, consciente que seule une action coordonnée peut limiter les distorsions de marché et les trafics illicites.

Depuis l’instauration du paquet neutre en 2017 et les hausses tarifaires successives, la France a enregistré une baisse notable du nombre de fumeurs. Pourtant, la question centrale demeure : comment concilier efficacité sanitaire et équité sociale ?

Le prix dissuade, mais il ne guérit pas. Une politique publique durable doit impérativement intégrer un soutien renforcé aux parcours de sevrage, une écoute attentive des besoins, et une réduction des inégalités d’accès aux soins.

Alors que les inégalités sociales de santé se creusent, la lutte contre le tabac incarne un défi de société qui va bien au-delà des simples mesures tarifaires ou d’interdiction. C’est un combat pour le droit à la santé, au bien-être, et à la dignité.

La stratégie du gouvernement, portée notamment par Emmanuel Macron, vise à faire émerger une génération « sans tabac », où fumer serait dénormalisé, voire anachronique. L’interdiction de fumer dans les espaces publics extérieurs s’inscrit dans cette vision.

Mais le chemin reste semé d’embûches. Il faudra veiller à ne pas transformer une politique de prévention en facteur d’exclusion sociale. La vigilance reste de mise dans les mois et années à venir, d’autant que la fiscalité du tabac pourrait encore évoluer dans le cadre européen, modifiant les équilibres et les modalités de lutte contre ce fléau.

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