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En Grèce, des unités de santé locale tentent de réduire les inégalités d’accès aux soins

Face à des décennies de fragilisation de son système de santé, la Grèce développe un modèle d’unités de santé locales destinées à rapprocher des soins primaires des populations vulnérables. Cette initiative, soutenue au niveau européen, permet d’entrevoir une stratégie pragmatique et réplicable pour réduire les inégalités d’accès aux services médicaux dans l’Union européenne.

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Les unités de santé locales (TOMY) centres de soins primaires implantés au plus près des citoyens sont présentées comme une réponse concrète aux difficultés d’accès aux soins en Grèce, notamment dans les zones rurales ou pour les populations fragiles. Leur développement s’inscrit dans une volonté européenne de pallier les carences des systèmes de santé nationaux et de favoriser une couverture sanitaire équitable pour tous.

Des TOMY pour désengorger les hôpitaux et rapprocher les soins

En Grèce, le modèle des unités de santé locales appelées Topikes Monades Ygias (TOMY) constitue une tentative de remédier à des lacunes structurelles de l’accès aux soins. À Giannouli, près de Larissa, une unité TOMY offre à des patients vulnérables, comme ceux souffrant de maladies chroniques, un lieu de soins primaires, de prévention et d’orientation vers des spécialistes, tout en allégeant la pression sur les services hospitaliers spécialisés.

Financées en partie par des fonds européens (notamment 202,5 millions d’euros du Fonds social européen+), ces 127 unités tentent de répondre à un triple défi : réduire la distance géographique aux soins, garantir des services médicaux essentiels et proposer un accompagnement psychosocial dans un contexte où les hôpitaux sont souvent saturés ou difficiles d’accès.

Un système de santé encore fragile, malgré les réformes

Le recours à ces unités locales ne doit pas masquer la fragilité persistante du système de santé grec. Plusieurs rapports indépendants ont souligné des déficiences structurelles profondes : sous‑financement public, pénuries de personnel, équipement insuffisant et inégalités géographiques d’accès aux services spécialisés.

Dans les régions montagneuses ou insulaires, par exemple, de nombreux citoyens doivent encore parcourir des centaines de kilomètres pour atteindre un spécialiste ou des services diagnostiques. Ces contraintes s’accompagnent de coûts financiers et psychologiques élevés pour les patients, contribuant à accroître les disparités de santé.

Soins primaires : une clé pour l’équité sanitaire

Le modèle des TOMY s’inscrit dans une philosophie promue par l’Organisation mondiale de la santé : les soins primaires doivent être le pilier de tout système de santé équitable, car ils permettent de répondre rapidement aux besoins de santé les plus fréquents, tout en favorisant prévention et continuité des soins.

Ces unités locales réunissent des équipes multidisciplinaires médecins généralistes, infirmiers, travailleurs sociaux qui peuvent assurer une prise en charge globale du patient, notamment pour les maladies chroniques ou les besoins en santé mentale, domaines historiquement sous‑servis dans de nombreux systèmes européens.

Un modèle pertinent au‑delà des frontières grecques

L’intérêt suscité par les TOMY ne tient pas seulement à leur capacité à réduire l’engorgement hospitalier. Elles permettent aussi d’incarner une approche pragmatique et décentralisée de la santé publique, susceptible d’être adaptée ailleurs dans l’Union européenne. À une époque où les systèmes de santé européens sont confrontés à des défis similaires vieillissement démographique, accès inégal aux services spécialisés, pénuries de personnel cette stratégie montre qu’une réorganisation ciblée des soins primaires peut produire des gains d’équité tangibles.

Les unités de santé locales grecques modèles ancrés dans une pratique de soins primaires de proximité offrent une réponse structurée à l’inégalité d’accès aux soins qui caractérise encore de nombreux systèmes européens. Elles rappellent que la santé universelle ne se décrète pas uniquement par des financements nationaux ou européens, mais aussi par une organisation réfléchie des services de santé autour des besoins réels des populations. En ce sens, les leçons tirées de l’expérience grecque méritent une attention attentive des décideurs européens et des praticiens des politiques de santé publics.

Celine Dou, pour la boussole-infos

Écriture inclusive : entre idéologie et rupture grammaticale, le Conseil d’État à contre-courant de la langue française

La décision récente du Conseil d’État autorisant l’usage de l’écriture inclusive sur des plaques commémoratives à Paris a ravivé un débat ancien, mais jamais réellement tranché, sur la nature et la fonction de la langue française. Si, sur le plan juridique, cette pratique est désormais validée, elle continue de poser, sur les plans linguistique, pédagogique et intellectuel, des questions de fond. L’écriture inclusive relève-t-elle d’une évolution naturelle du français ou d’une construction idéologique projetée sur la langue au mépris de sa grammaire et de son histoire ?

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En se prononçant favorablement à l’inscription de formes inclusives sur des supports officiels, la plus haute juridiction administrative française a fait le choix de la légalité, non celui de la cohérence linguistique. Cette décision intervient alors même que les critiques à l’égard de l’écriture inclusive sont anciennes, étayées et largement partagées dans les milieux académiques et pédagogiques. Pour le journaliste Christian Estevez, cette validation juridique s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’institutions de plus en plus perméables à des grilles de lecture idéologiques se revendiquant du « progressisme », sans toujours mesurer leurs conséquences sur les fondements culturels et intellectuels qu’elles touchent.

Le Conseil d’État, dont la composition sociologique et idéologique est régulièrement interrogée, ne statue pas sur la langue en tant que telle. Il tranche un litige administratif. En ce sens, son arbitrage ne saurait être interprété comme une reconnaissance de la légitimité grammaticale ou pédagogique de l’écriture inclusive. La confusion entre légalité et légitimité linguistique est ici centrale : ce qui est juridiquement autorisé n’est pas nécessairement linguistiquement fondé.

Cette distinction est d’autant plus cruciale que l’Académie française, institution séculaire et garante de l’usage et des règles de la langue, s’oppose de manière constante et argumentée à l’écriture inclusive. Depuis plusieurs années, les académiciens alertent sur les risques que ces pratiques font peser sur la clarté, la lisibilité et la transmission du français. Pour l’Académie, les points médians, doublets et constructions artificielles ne constituent ni une évolution naturelle de la langue ni un progrès linguistique, mais une altération de ses mécanismes fondamentaux. En ce sens, l’avis de l’Académie française fait autorité bien au-delà des prises de position individuelles : il rappelle que la langue ne se décrète pas, elle se structure et se transmet.

L’un des paradoxes majeurs de l’écriture inclusive réside dans son caractère prétendument émancipateur. Présentée comme un outil d’inclusion et de visibilité, elle se révèle, dans les faits, excluante pour une partie non négligeable de la population. Les personnes atteintes de troubles dys (dyslexie, dyspraxie, dysorthographie) rencontrent de réelles difficultés de lecture et de compréhension face à des mots fragmentés par des signes typographiques étrangers à la logique du français. Là où la langue devrait être un vecteur d’accessibilité universelle, elle devient un obstacle supplémentaire, au nom d’une cause idéologique qui ignore ses effets concrets.

Au cœur de la controverse se trouve également une confusion conceptuelle persistante, que souligne le journaliste Christian Estevez : l’amalgame entre genre grammatical et sexe biologique. En français, le masculin et le féminin sont des catégories linguistiques héritées du latin, destinées à organiser la langue, non à hiérarchiser les êtres humains. Les sexes relèvent du biologique ; les genres, de la grammaire. Si le masculin grammatical correspondait réellement à l’homme et le féminin à la femme, la langue serait structurée de manière radicalement différente. Or, des termes liés à l’anatomie sexuelle féminine comme « vagin », « utérus », « ovaire » ou « clitoris » ne doivent leur genre qu’à des règles linguistiques, tout comme le mot « verge ». Le masculin grammatical, loin d’être un outil patriarcal, fonctionne historiquement comme un genre non marqué, assumant une valeur neutre dans la phrase.

L’écriture inclusive ne s’inscrit donc pas dans la continuité historique de la langue française. Elle ne procède ni de l’usage populaire ni d’une transformation organique du français, mais d’une volonté militante d’inscrire des revendications sociales contemporaines dans la structure même de la langue. En ce sens, elle relève davantage du symbole politique que de la linguistique. Le point médian, devenu emblème de cette pratique, n’améliore ni la précision ni la rigueur de l’expression ; il la fragmente et l’obscurcit.

La décision du Conseil d’État entérine un choix juridique, mais elle ne saurait clore le débat. Car l’enjeu dépasse largement la question des plaques commémoratives ou des circulaires administratives. Il touche à la nature de la langue comme bien commun, à sa transmission aux générations futures et à sa capacité à demeurer un outil clair, partagé et universel. Face à cette tension entre droit, idéologie et grammaire, la position de l’Académie française rappelle une évidence souvent oubliée : une langue ne se réforme pas contre sa logique, ni contre ceux qui la parlent et la transmettent.

Celine Dou, pour La Boussole – infos

Royaume-Uni : l’armée britannique pas prête pour une guerre de haute intensité averti son chef

Le chef d’état-major des forces armées britanniques, Air Chief Marshal Sir Richard Knighton, a averti récemment que les forces armées du Royaume-Uni ne sont pas prêtes pour un conflit de grande ampleur, en particulier face à des puissances comme la Russie. Selon lui, le manque de financement et les retards dans la modernisation limitent gravement la capacité opérationnelle des forces britanniques.

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Cambodge : extradition vers la Chine du “roi de la cyberfraude”

Le Cambodge a livré à la Chine Chen Zhi, un magnat sino‑cambodgien accusé d’être à la tête d’un vaste réseau international de cyberfraude, marquant une étape majeure dans la lutte régionale contre la criminalité transnationale. L’extradition a eu lieu le 7 janvier 2026, après plusieurs mois d’enquêtes conjointes et de procédures judiciaires entre Phnom Penh et Pékin.

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Turquie : les Iraniens d’Istanbul interdits de manifester

Nina a dessiné une carte d’Iran et des larmes de sang sur son visage pour venir protester dimanche devant le consulat iranien à Istanbul. Mais la police turque, déployée en grand nombre, a cerné le quartier et bloqué les manifestants.(Source : AFP).

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Crise USA-Venezuela : Trump recevra l’opposante Machado, libération de détenus politiques

Le président américain Donald Trump va recevoir jeudi la cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado, au moment où les libérations de détenus politiques au Venezuela se poursuivent au compte-gouttes.(Source : AFP).

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Désarmement du Hezbollah : le Liban franchit une première étape majeure

Le 8 janvier 2026, l’armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement visant les groupes armés non étatiques, dont le Hezbollah. Cette étape concerne principalement le sud du Liban, entre le fleuve Litani et la frontière avec Israël, une région longtemps contrôlée par le mouvement chiite.

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Ukraine: Le Parlement s’oppose à la nomination du candidat de Zelensky à l’Energie

Le Parlement ukrainien n’a pas approuvé mardi la nomination de l’ancien ministre de la Défense, Denys Chmyhal, au poste de ministre de l’Energie, une décision surprise qui vient contrarier les projets du président Volodimir Zelensky, qui avait proposé son nom pour ce portefeuille.(Source : Reuters).

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Japon : La Première ministre prévoit des élections anticipées

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi prévoit de convoquer des élections législatives anticipées pour renouveler la chambre basse du Parlement, a déclaré mercredi le secrétaire général du parti au pouvoir.(Source : Reuters).

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Groenland : le Danemark répond aux pressions américaines par un renforcement militaire sur l’île

Le Danemark a annoncé un renforcement de sa présence militaire au Groenland, territoire autonome stratégique de l’Arctique, dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis. Cette décision intervient après plusieurs déclarations de Donald Trump, qui a de nouveau affirmé l’intérêt vital de Washington pour cette région et laissé planer la menace d’une prise de contrôle américaine.

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