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Groenland : Donald Trump réaffirme que les États-Unis ont « besoin » de l’île et évoque une prise en charge prochaine

Donald Trump a de nouveau ravivé les tensions diplomatiques entre Washington et Copenhague en réaffirmant, dimanche 4 janvier au soir, l’intérêt stratégique des États-Unis pour le Groenland. À bord d’Air Force One, le président américain a déclaré que son pays avait « besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale » et estimé que « le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper ». Il a ajouté : « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans vingt jours ».

Ces propos interviennent après un week-end marqué par de vives réactions du gouvernement danois, inquiet des déclarations répétées du président américain évoquant une possible annexion de ce territoire autonome.

Une réponse ferme du Danemark

Avant la sortie de Donald Trump, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, avait publiquement demandé aux États-Unis de « cesser les menaces » visant le Groenland. Dans un communiqué publié dimanche soir, elle a rappelé que « le peuple groenlandais a clairement fait savoir qu’il n’était pas à vendre » et jugé « tout à fait absurde » l’idée selon laquelle Washington pourrait prendre le contrôle de l’île.

Mme Frederiksen a également souligné que le Royaume du Danemark, qui inclut le Groenland et les îles Féroé, est membre de l’OTAN et bénéficie donc des garanties de sécurité collective de l’Alliance atlantique. Le Danemark demeure par ailleurs un allié historique des États-Unis, notamment sur le plan militaire.

Ressources et position stratégique au cœur des convoitises

Les nouvelles déclarations de Donald Trump surviennent dans un contexte international tendu, marqué notamment par l’intervention militaire américaine au Venezuela, perçue par de nombreux observateurs comme liée aux importantes ressources pétrolières du pays. Cette opération a ravivé les inquiétudes concernant le Groenland, que le président américain convoite depuis plusieurs années pour ses ressources minières stratégiques et sa position géographique clé dans l’Arctique.

Interrogé par le magazine The Atlantic sur un éventuel lien entre l’opération vénézuélienne et le Groenland, Donald Trump avait répondu que cette évaluation relevait de ses partenaires, tout en réaffirmant : « Nous avons absolument besoin du Groenland. Nous en avons besoin pour notre défense ».

Une publication polémique et des réactions diplomatiques

Les tensions ont également été alimentées par une publication sur le réseau social X de Katie Miller, épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller. Elle y a partagé une carte du Groenland aux couleurs du drapeau américain accompagnée du mot « SOON » (« bientôt »). Cette publication a suscité une vive inquiétude à Copenhague.

Le premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a qualifié ce message d’« irrespectueux », estimant que « les relations entre les pays et les peuples sont fondées sur le respect et le droit international ». Il a toutefois appelé à ne pas céder à la panique. L’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Moller Sorensen, a pour sa part affirmé attendre « le respect total de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ».

Un territoire qui refuse toute annexion

L’annonce, fin décembre, de la nomination par Donald Trump d’un envoyé spécial pour le Groenland avait déjà provoqué un regain de tensions diplomatiques entre Washington et Copenhague. Ce vaste territoire arctique, peuplé d’environ 57 000 habitants, répète de manière constante ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.

Un sondage publié en janvier 2025 par le quotidien groenlandais Sermitsiaq indiquait que 85 % des Groenlandais s’opposaient à une éventuelle appartenance aux États-Unis, contre seulement 6 % favorables. En mars 2025, le vice-président américain J. D. Vance avait déjà suscité une vive controverse en annonçant un déplacement au Groenland sans invitation officielle, avant de renoncer et de se limiter à une visite de la base militaire américaine présente sur l’île.

À la fin de l’été, la télévision danoise avait également révélé que plusieurs Américains liés à Donald Trump avaient mené des opérations d’influence sur le territoire, renforçant encore les soupçons et les crispations entre les deux alliés.

Taïwan : Washington accuse Pékin d’« escalade inutile » après de vastes manœuvres militaires chinoises

Les États-Unis ont estimé jeudi que les récentes manœuvres militaires chinoises autour de Taïwan faisaient « grimper les tensions inutilement », appelant Pékin à cesser sa pression militaire et à engager un dialogue « constructif ». Cette réaction intervient après une série d’exercices de grande ampleur conduits par la Chine entre lundi et mercredi autour de l’île.

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Yémen : les Émirats arabes unis défient l’Arabie saoudite dans leur propre jardin

Les tensions entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont franchi un nouveau seuil au Yémen, révélant la fragilité de leur alliance régionale. Mardi 30 décembre, Abou Dhabi a annoncé le retrait de ses troupes du pays, répondant à un ultimatum de Riyad qui exigeait un désengagement sous 24 heures. Cette décision intervient après une journée de fortes tensions diplomatiques et militaires entre les deux puissances du Golfe, pourtant longtemps alliées dans le conflit yéménite.

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Surpêche de maquereaux : l’UE dénonce un accord entre Royaume-Uni et Norvège

L’Union européenne a dénoncé mardi un accord de pêche conclu entre le Royaume-Uni, la Norvège, les Iles Féroé et l’Islande, susceptible de causer des « dommages irréversibles à la population de maquereaux » en Atlantique Nord, selon Bruxelles.(Source : AFP).

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L’or atteint un nouveau record, valeur refuge des investisseurs face aux incertitudes économiques

L’or, souvent considéré comme la « reine des valeurs refuge », a atteint un nouveau sommet historique lundi 22 décembre, sous l’effet des incertitudes économiques et des anticipations d’assouplissement monétaire aux États-Unis. Son cours a grimpé à 4 420,30 dollars l’once (31,1 g), dépassant le précédent record d’octobre dernier fixé à 4 381,52 dollars. Sur une année, le métal précieux a ainsi connu une progression impressionnante de 67 %.

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Le Français Thierry Breton et quatre autres Européens interdits de séjour aux États-Unis par l’administration Trump, Paris réagit vivement

La tension monte entre Washington et Bruxelles sur la régulation du numérique. Les États-Unis ont annoncé mardi des sanctions visant cinq personnalités européennes engagées en faveur d’une stricte régulation des grandes plateformes technologiques. Parmi elles figure l’ancien commissaire européen français Thierry Breton, désormais interdit de séjour sur le sol américain. L’administration Trump justifie cette décision en dénonçant des pratiques assimilées à de la « censure » portant atteinte aux intérêts américains.

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Groenland : Trump nomme le gouverneur de la Louisiane Jeff Landry envoyé spécial

Donald Trump a nommé dimanche le gouverneur de la Louisiane Jeff Landry comme envoyé spécial au Groenland, ravivant les inquiétudes au Danemark et dans cette vaste île arctique sur les desseins du président des États-Unis dans la région.(Source : Reuters).

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La Turquie envisage de renvoyer ses missiles S‑400 à la Russie pour réintégrer le programme américain des F‑35

La Turquie pourrait prochainement renvoyer à la Russie une partie de ses systèmes de défense S‑400 afin de retrouver sa place dans le programme américain des avions de chasse F‑35, dont elle avait été exclue après l’achat de ces missiles en 2017. Cette initiative marque un geste politique fort d’Ankara pour améliorer ses relations avec Washington et l’OTAN.

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En ex-Allemagne de l’Est, une ville s’oppose au réarmement face à la Russie, qu’elle ne considère pas comme un ennemi

À Lübben, petite ville de l’ex-Allemagne de l’Est, des habitants se mobilisent contre la réouverture d’une usine de munitions, symbolisant leur opposition à la volonté du gouvernement allemand de réarmer le pays face à la Russie.

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La Corée du Nord met en garde contre les ambitions nucléaires du Japon et évoque une « grande catastrophe »

La Corée du Nord a averti dimanche que toute ambition nucléaire du Japon « doit être empêchée à tout prix », estimant qu’un tel scénario conduirait à une « grande catastrophe pour l’humanité ». Cette prise de position intervient après des déclarations relayées en début de semaine par l’agence japonaise Kyodo, selon lesquelles le Japon « devrait posséder l’arme nucléaire », ravivant de fortes tensions en Asie de l’Est.

Selon Pyongyang, ces propos constituent un signal alarmant. Dans un communiqué diffusé par l’agence officielle nord-coréenne KCNA, le directeur de l’Institut d’études japonaises du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé que Tokyo « révèle ouvertement son ambition de posséder des armes nucléaires, franchissant la ligne rouge ». Pour les autorités nord-coréennes, cette orientation représenterait une menace directe pour la stabilité régionale et mondiale.

Un cadre constitutionnel en contradiction

Le Japon est pourtant lié par une Constitution d’après-guerre qui limite strictement ses capacités militaires. Les principes adoptés en 1967 interdisent au pays de posséder des armes nucléaires et de développer des forces militaires offensives. C’est précisément cette contradiction qui alimente l’inquiétude exprimée par Pyongyang, d’autant plus que l’auteur des déclarations évoquées serait impliqué dans l’élaboration de la politique de sécurité japonaise, au sein d’un pays allié clé des États-Unis.

Dans son communiqué, le responsable nord-coréen a insisté sur les conséquences potentielles d’une nucléarisation du Japon, estimant qu’elle provoquerait une « horrible catastrophe nucléaire » pour l’Asie et exposerait l’humanité entière à un risque majeur.

Une ambition perçue comme ancienne

La Corée du Nord affirme que ces déclarations ne relèvent ni d’un lapsus ni d’une provocation isolée. « Il ne s’agit pas d’une affirmation téméraire, mais du reflet clair d’une ambition de longue date du Japon en faveur de la nucléarisation », a déclaré le responsable nord-coréen, dont l’identité n’a pas été révélée.

Cette mise en garde s’inscrit dans un contexte régional marqué par une forte militarisation et des rivalités stratégiques croissantes. Pyongyang, qui dispose selon les experts de dizaines d’ogives nucléaires malgré les sanctions internationales, justifie son arsenal par la nécessité d’une dissuasion face à ce qu’elle considère comme la menace militaire des États-Unis et de leurs alliés.

Les déclarations nord-coréennes soulignent ainsi les tensions persistantes autour des questions de prolifération nucléaire en Asie de l’Est, dans une région où tout changement d’équilibre stratégique est perçu comme porteur de risques majeurs.