Le conseil des sages de la Laïcité se prononce contre le burkini dans les piscines publiques!

Le port du voile dans les lieux publics est devenue est sujet difficile, sensible, en France, depuis plusieurs années maintenant. Dans un document publié ce mercredi 4 avril, le conseil des sages de la laïcité prend position contre le burkini dans les piscines publiques.

C’est un document qui a été mis en ligne en toute discrétion, période électorale oblige, mais qui ne manquera pas d’alimenter les débats interminables sur le burkini dans les piscines publiques. Deux jours après qu’Éric Piolle, le maire (EELV – Europe Ecologie Les Verts) de Grenoble, a confirmé ses intentions de lever son interdiction dans les piscines municipales, le conseil des sages de la laïcité a publié son vade-mecum sur « la manière dont la liberté d’expression, la laïcité et la neutralité doivent être appréhendées dans le champ des activités physiques et sportives », troisième volet de son travail entrepris en 2017. Parmi les situations abordées par cette instance dépendant du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, se trouve la question du port du burkini dans les piscines municipales.

« Les personnes fréquentant les piscines municipales sont des usagers du service public. Le principe de laïcité ne leur est pas directement applicable », expliquent les auteurs du document, qui apportent toutefois des nuances : « des considérations liées aux exigences minimales de la vie en commun dans une société démocratique ou à la prévention des troubles à l’ordre public pouvant être suscités par le port de ces tenues, peuvent justifier une interdiction au principe de libre manifestation des croyances religieuses dans l’espace public », expliquent les sages qui préconisent donc aux gestionnaires d’équipements municipaux de « subordonner l’usage de la piscine au port d’une tenue vestimentaire adaptée aux impératifs d’hygiène et de sécurité » et d’en fixer les règles dans leur règlement intérieur. Ce ne serait donc pas au nom de la laïcité que la neutralité convictionnelle serait imposée aux utilisateurs, mais au nom « de la prévention des troubles à l’ordre public ».

Cette « proposition » du conseil des sages de la laïcité s’inscrit dans une démarche d’uniformisation des pratiques entre le champ scolaire et le champ sportif, tous deux gérés par le même ministère. « Il existe des situations étonnantes, avec par exemple une élève qui va suivre une séance d’escalade de 14 à 16 heures au lycée, donc sans voile. Lorsqu’elle revient à 17 heures dans les mêmes locaux avec le même enseignant qui est cette fois sous statut d’entraîneur, elle peut le porter. Cela n’a aucune cohérence », explique Médéric Chapitaux, membre du conseil des sages. « Notre objectif est de ramener de la cohérence dans la communauté éducative. Nous n’avons pas travaillé tout seuls dans notre coin, nous avons surtout écouté les présidents de fédérations sportives qui sont nombreux à être en difficulté sur ce sujet. Les textes législatifs et réglementaires actuels permettent d’ores et déjà une clarification », explique ce spécialiste du phénomène d’affirmation religieuse dans les milieux sportifs.

Cette publication intervient alors même que le Conseil d’État doit rendre sa décision sur le recours déposé par « les Hijabeuses », un collectif de militantes sportives pro-hidjab déjà publiquement soutenues par le maire de Grenoble Éric Piolle (EELV). Derrière ces activismes pro-burkini et pro-hidjab dans le sport, il y a l’association « Alliance citoyenne », une structure fondée en 2012 par Adrien Roux. L’association, proche du CCIF (organisme islamique dissous par le ministère de l’Intérieur en 2019), de « Lallab » (association se disant féministe mais partageant l’idéologie des Frères musulmans sur le port du voile), s’inscrit dans la galaxie des « mouvements citoyens », qui considèrent l’acceptation du voile en tous lieux et en tout temps comme le symbole de la liberté religieuse. Le conseil municipal de Grenoble statuant sur l’autorisation du port du burkini dans les piscines municipales se tiendra le 16 mai.

Joseph Kouamé

Une réflexion sur « Le conseil des sages de la Laïcité se prononce contre le burkini dans les piscines publiques! »

  1. Il est bon de se rappeler que jusqu’à présent certaines tenues vestimentaires tels que les te-shirts ou les boxer-short étaient interdits dans toutes les piscines et personne n’y trouvait à redire. Pas même ceux qui pratiquent la religion.
    Ce n’est donc pas la religion qui s’est invitée dans l’espace publique mais bien la politique.
    Aujourd’hui, le poids électoral d’un certain communautarisme qui est quand même l’opposé de l’union nationale, puisqu’il est désigné comme cela, pousse certains maires à faire des calculs bassement électoraux et qui accordent des autorisations contraire à la loi en vigueur ou pour le moins à la salubrité publique dans les piscines.
    Il est quand même rappelé, dans un respect sanitaire, que la douche est obligatoire avant d’entrer dans le bassin ce qui ne semble pas le cas pour les porteuses de burkini.
    Pourquoi deux poids deux mesures ?
    Et si le burkini est accepté, au nom de l’égalité, on ne peut plus interdire les boxer-short, les te-shirts ou tout habit qu’il soit de ville ou de travail si l’envie en prenait à l’un des baigneurs sauf à faire de la ségrégation.

    J’aime

Laisser un commentaire