Zimbabwe : médecins et infirmières suspendent leur grève après des «menaces».

Les médecins et infirmières au Zimbabwe ont repris le travail samedi après avoir suspendu leur grève sans que leurs revendications ne soient satisfaites, accusant les autorités d’avoir effectuer des menaces sur des salariés.

Les associations de médecins et d’infirmières ont déclaré, dans un communiqué, avoir noté avec «une grande inquiétude (…) les tentatives de certaines autorités à menacer et intimider des salariés», sans donner davantage de précisions. «Demander un salaire décent ne devrait jamais être considéré comme un crime», ont-ils déclaré.

Alors que le gouvernement traîne les pieds à s’engager dans de nouvelles négociations salariales, les salariés du secteur médical ont décidé d’arrêter temporairement la grève, entamée lundi, pour des raisons humanitaires.

Le corps médical a en effet donné au gouvernement un délai de 14 jours pour répondre à leurs demandes. La suspension de la grève a été décidée «pour éviter toute nouvelle perte de vie», ont-ils déclaré. «Ce n’est jamais dans l’intention des employés du secteur de la santé de s’éloigner de ceux qui ont besoin de leur aide», ont déclaré les associations dans un communiqué commun.

Un salaire de 52 euros par mois

Médecins et infirmiers s’étaient mis en grève pour protester contre leurs conditions salariales dans ce pays en proie à une nouvelle crise financière.

Au Zimbabwe, les infirmiers gagnent 18.000 dollars zimbabwéens par mois, soit environ 55 dollars (52 euros). L’économie du Zimbabwe est plongée dans une crise profonde qui a notamment entraîné un retrait des bailleurs internationaux en raison d’une dette insoutenable.

L’invasion de l’Ukraine a aggravé la situation, la Russie étant le principal fournisseur de blé et de produits chimiques utilisés dans l’agriculture locale au Zimbabwe.

L’inflation a atteint 131% en mai, ravivant les souvenirs d’une hyperinflation il y a plus de dix ans. La hausse des prix était devenue hors de contrôle et la banque centrale avait émis en 2008 un billet de 100 billions de dollars, devenu depuis un objet de collection.

Le gouvernement a ensuite abandonné sa monnaie locale pour le billet vert états-unien et le rand sud-africain comme monnaies officielles. Mais en 2019, le dollar zimbabwéen a été réintroduit, et a rapidement reperdu de la valeur.

Le Zimbabwe, ancien grenier à céréales de l’Afrique australe, se débat depuis une vingtaine d’années dans une crise économique sans fin, née de l’expulsion de force des fermiers blancs lors d’une réforme agraire contestée et aggravée par une corruption généralisée.

Joseph Kouamé

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