Le Premier ministre britannique Boris, Johnson, a annoncé sa démission du parti conservateur. Trois ans après son accession à Downing Street, Boris Johnson, 58 ans, a été poussé vers la sortie après des démissions en cascade au sein de son gouvernement et une succession de scandales.
Boris Johnson n’est plus le chef de la majorité au Royaume-Uni, et ne sera donc bientôt plus Premier ministre!
Après trente-six heures de confusion et la défection de 59 membres de son gouvernement, le Premier ministre britannique Boris Johnson a présenté sa démission ce jeudi 7 juillet , après trois ans passés au 10 Downing Street.
Près de la moitié des membres du gouvernement avaient démissionné depuis mardi après les départs spectaculaires des ministres des Finances et de la Santé, Rishi Sunak et Sajid Javid.
La crise a été déclenchée par une énième polémique concernant le Premier ministre, qui se trouve cette fois accusé d’avoir promu un député conservateur alors qu’il avait connaissance des accusations d’agressions sexuelles le visant.
Après trois années turbulentes au pouvoir, marquées par le Brexit dont il était le champion, la pandémie de coronavirus, l’invasion russe en Ukraine et une inflation record, Boris Johnson a assuré que celui ou celle qui lui succèderait aurait « tout (son) soutien ».
Dans une lettre adressée au chef du « Comité 1922 », l’ancien Premier ministre britannique John Major propose que l’actuel vice-Premier ministre, Dominic Raab, assure l’intérim après l’annonce du départ de Boris Johnson. Une période qui devrait durer jusqu’à ce que le parti conservateur ait un nouveau chef, qui deviendra de facto Premier ministre. Au Royaume-Uni, le « Comité 1922 » est chargé de l’organisation interne du parti conservateur.
L’ancien Premier ministre britannique conservateur John Major s’est élevé jeudi contre le fait que Boris Johnson reste à Downing Street en attendant la désignation de son successeur, dans une lettre au responsable de l’organisation interne du parti. « Pour le bien-être du pays, M. Johnson ne doit pas rester à Downing Street (…) plus longtemps que nécessaire pour effectuer un changement de gouvernement en douceur », a écrit John Major, Premier ministre conservateur de 1990 à 1997.
Le départ de Johnson représente une « opportunité » pour les liens Dublin-Londres, selon le Premier ministre irlandais Micheal Martin. « Nous avons une opportunité pour revenir à l’esprit véritable du partenariat et du respect mutuel dont nous avons besoin », a-t-il affirmé alors que les relations entre les deux pays sont tendues au sujet de l’Irlande du Nord.
Un sondage « YouGov » auprès des membres du parti conservateur donne l’actuel ministre de la Défense, Ben Wallace, favori pour succéder à M. Johnson. Âgé de 52 ans, il est plus populaire que jamais dans le contexte de l’invasion russe de l’Ukraine. S’il a toujours démenti être intéressé par une nomination à la tête du Parti conservateur, il est perçu par les Tories comme une figure franche et compétente. Ben Wallace avait décidé de rester au gouvernement malgré les démissions en cascade.
Boris Johnson est le quatrième dirigeant conservateur à être mis à la porte par son parti, dans son cas après une série de scandales et des démissions en cascade dans son gouvernement ces trois derniers jours. Avant lui, Theresa May avait dû quitter son poste après un ultime rejet par les députés de son accord de Brexit. En 1990, Margaret Thatcher est partie en larmes après une fronde au sein de son gouvernement. Malgré sa très large victoire en 1987, l’introduction d’un impôt exigible auprès de tous les contribuables quels que soient leurs revenus, s’est heurté à une opposition frontale.
Didier Maréchal