Le président du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, démissionne après avoir été pourchassé par des manifestants.

Le président Sri-lankais, a fuit sa résidence, avant qu’elle ne soit prise d’assaut par des milliers de manifestants. Le premier ministre, qui a également démissionné, a vu sa maison en partie incendiée.

En proie à une crise économique sans précédent marquée depuis plusieurs mois par des pénuries alimentaires et de carburant, des coupures d’électricité et une inflation galopante qui s’est élevée de 55% en juin, la situation, explosive depuis des semaines, est en train de dégénérer au Sri Lanka.

Le président du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, qui a fui, samedi 9 juillet, son palais de Colombo, a fait savoir qu’il démissionnera la semaine prochaine, selon les propos rapportés par le président du Parlement, Mahinda Abeywardana. « Pour assurer une transition pacifique, le président a dit qu’il allait démissionner le 13 juillet », a-t-il déclaré à la télévision.

Accusé d’être à la base de la crise économique à laquelle le pays est confronté, le chef de l’Etat avait dû fuir son palais avant qu’il ne soit pris d’assaut par des centaines de manifestants. Plus tard, la foule s’en est prise à la résidence du premier ministre, qu’elle a en partie incendiée.

Dans la journée, le premier ministre, Ranil Wickremesinga, a convoqué une réunion d’urgence du gouvernement ouverte aux dirigeants des partis politiques, pour discuter d’une « résolution rapide » de la crise politique en cours. Il avait fini par faire savoir qu’il était prêt à démissionner pour ouvrir la voie à un gouvernement d’union nationale. « Pour assurer la sécurité de tous les Sri-Lankais, il est favorable à cette recommandation des responsables des partis de l’opposition », ont affirmé ses services dans un communiqué.

L’inflation pourrait atteindre 80% d’ici à la fin de l’année

Cette crise politique intervient alors que le pays est en pleine tempête. Jeudi, la banque centrale a augmenté ses taux d’intérêt d’un point de pourcentage, à 15,5% et a prévenu que l’inflation pourrait atteindre 80% d’ici à la fin de l’année. Le pays bascule dans la récession. Après une croissance de 3,7% en 2021 et une contraction du Produit intérieur brut (PIB) de 3,6% en 2020, Ranil Wickremesinghe a estimé cette semaine que le PIB pourrait fondre jusqu’à 7% en 2022. Et ce n’est pas prêt de s’arranger. « Nous devrons faire face à des difficultés en 2023 également », a-t-il déclaré.

Les chaînes de télévision locales ont montré des images de plusieurs manifestants , drapeau national à la main, renversant plusieurs barrages de police et escaladant les grilles du palais présidentiel, au cœur de la capitale économique. Certains manifestants ont diffusé en direct sur les réseaux sociaux des vidéos où l’on peut voir une foule déambulant à l’intérieur du palais, s’introduisant dans les bureaux, les chambres à coucher et la piscine de la résidence.

Cet assaut fait suite à une manifestation ayant rassemblé des dizaines de milliers de personnes qui exigeaient la démission de M. Rajapaksa. Les forces de l’ordre ont tenté de disperser l’immense foule rassemblée dans le quartier administratif de Colombo. Le principal hôpital de la ville a fait état de trois personnes blessées par balle et de trente-six autres souffrant de difficultés respiratoires à cause des gaz lacrymogènes massivement employés.

La veille, un couvre-feu d’une durée indéterminée avait été décrété à Colombo, alors que des milliers de manifestants commençaient déjà à affluer pour demander la démission du président. « Le couvre-feu n’a pas eu d’effet dissuasif. Il a en fait encouragé davantage de personnes à descendre dans les rues en guise de défi, a déclaré un responsable de la défense. Des passagers ont réquisitionné des trains pour rejoindre Colombo. » Même si le pays a presque épuisé ses maigres réserves d’essence, les manifestants, soutenus par les principaux partis d’opposition, ont également loué des bus privés pour se rendre dans la capitale économique.

Le pays en faillite a cause de la mauvaise gestion économique

A court de devises étrangères en raison d’une mauvaise gestion économique et de l’impact de la crise provoquée par l’épidémie de Covid-19, ce pays insulaire rencontre des difficultés à importer, notamment les produits essentiels, ce qui provoque de graves pénuries de médicaments, de nourriture et de carburant. Les Nations unies estiment qu’environ 80 % de la population saute des repas pour faire face aux pénuries et à la flambée des prix. Les 22 millions d’habitants subissent également une inflation galopante et des coupures de courant prolongées depuis le début de l’année.


En avril, le Sri Lanka a fait défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars et a entamé des négociations de sauvetage avec le Fonds monétaire international. Le mois suivant, de nombreuses manifestations avaient éclaté. Neuf personnes avaient été tuées et plusieurs centaines blessées lors de troubles dans le pays.

Le nouveau gouvernement du Sri Lanka devra « travailler rapidement pour identifier et mettre en œuvre des solutions qui permettront la stabilité économique à long terme et calmeront le mécontentement du peuple du Sri Lanka », a déclaré, dimanche, un porte-parole du département d’Etat états-unien à Bangkok, où le chef de la diplomatie Antony Blinken se trouve en visite.

Joseph Kouamé

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