Après avoir annulé son achat de sous-marins à la France, l’Australie risque de ne jamais avoir les sous-marins nucléaires rêvés de l’ANKUS.

Alors que l’Australie avait trahi la France en annulant son contrat d’achat de sous-marins, se tournant vers ses partenaires de l’ANKUS, de nombreux rapports – dont un du Congrès états-unien -, révèlent que l’industrie est à la limite de sa capacité de production pour répondre aux besoins de la marine militaire nationale et aura du mal à répondre à d’autres besoins.

Selon des experts interrogés par le journal britannique « the Guardian », la probabilité que Canberra reçoive rapidement un ou des sous-marins des programmes de construction états-uniens actuels est quasi nulle. Et du côté britannique, alors ? Ça n’a pas l’air d’être mieux. L’Australie avait un partenariat entre le Royaume-Uni, les États-Unis d’Amérique nommé Aukus, L’annulation d’un contrat de fourniture de sous-marins à 56 milliards d’euros avec la France et Naval Group par cette dernière n’était peut-être pas une bonne idée.

Selon les termes de l’accord Aukus, l’Australie devrait acheter huit sous-marins de dernière génération à des partenaires états-uniens et britanniques. Le problème : Londres et Washington sont embourbés dans des difficultés industrielles majeures, mettant leurs flottes en danger de pénurie.

Selon un récent rapport remis au Congrès états-unien, le pays, par exemple, fait face à toutes les difficultés du monde pour mettre en œuvre le programme de sous-marins nucléaires de classe Virginia. Le coût a grimpé en flèche, explique le document.

La production manque ses cibles pour la seule « Navy » des Etats-Unis d’Amérique, provoquant un manque de pièces détachées, des problèmes de maintenance pour les vingt-et-un engins déjà en service, et des interrogations sur la capacité des chantiers concernés à fournir les prochains navires à temps.

D’autre part, la Marine pourrait prolonger la durée de vie de certains de ses anciens sous-marins, notamment pour faire face aux problèmes persistants de production et de maintenance des nouveaux modèles.

«Certains observateurs ont exprimé leurs inquiétudes quant à la capacité industrielle à tenir une telle cadence sans rencontrer de goulet d’étranglement dans l’un ou l’autre de ces programmes», expliquent ainsi les rapporteurs, mentionnant également les problèmes similaires pour la production de sous-marins de classe Colombia.

Analyste pour l’Australian Strategic Policy Institute, Marcus Hellyer explique ainsi au Guardian que la «seule manière» pour l’Australie de mettre la main sur un sous-marin nucléaire états-unien serait que les États-Unis se décident à offrir «l’un de leurs propres navires» déjà produit. «Mais leurs propres chiffres déclinent alors qu’ils cherchent à les faire augmenter», ajoute-t-il à propos de la production états-unienne. En effet, puisqu’ils n’arriveront sans doute pas à fournir leur propre marine, les États-Unis risquent fort de tourner le dos à l’Australie, du moins pour la génération actuelle de sous-marins. Le gouvernement australien devra peut-être alors commander les machines du programme à terme états-unien, mais les machines coûteront probablement beaucoup plus un coût supplémentaire de 20 milliards d’euros chacune, pour un programme énorme que Hellyer chiffre au total à 116 milliards d’euros.

Compter sur la Grande-Bretagne pour avoir un sous-marin est quasi impossible, le Royaume-Uni se concentre sur la construction de sept sous-marins de classe Astute, qui sont également en difficulté et doivent terminer leur programme rapidement pour passer au suivant, le Dreadnaught. « Ils n’ont pas la capacité de construire des sous-marins pour nous », a conclu Hellyer.

C’est un véritable coup dur pour l’Australie qui doit faire face à la mise en retraite de ses sous-marins en 2040 et risque de ne pas trouver de remplaçants avant cette date. En conséquence, l’Australie pourrait se tourner vers d’autres pays pour des sous-marins conventionnels, d’autant plus que ses anciens équipements de classe Collins devront être remplacés dans les années à venir. Ainsi, la France pourrait enfin trouver un rôle dans l’accord Aukus, expliquait sans ironie l’Institut Lowy dans un article publié le 14 juillet.

Didier Maréchal
Christian Estevez

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