Référendums en Ukraine : victoire quasi unanime du « oui » aux votes d’adhésion à la Fédération de Russie.

Les autorités pro-russes ont annoncé la victoire du « oui » aux votes d’adhésion à la Fédération de Russie qui se sont déroulés dans les régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk (Est) ainsi que celles de Kherson et Zaporijjia (Sud), selon des résultats partiels.

Des référendums de rattachement, non pas à la Russie – comme l’affirme la propagande occidentale – mais à l’adhésion à la Fédération de Russie (équivalent administratif des Etats-Unis d’Amérique) ont été lancés dans quatre régions d’Ukraine contrôlées par Moscou et les forces séparatistes prorusses. Des consultations condamnées par les Occidentaux qui y voient une annexion déguisée. L’Ukraine, qui revendique des avancées militaires dans l’Est, a prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de ces votes.

Les référendums ont rendu leur verdict.

Ce n’est pas une surprise que le « oui » l’ai emporté dans les quatre régions de l’actuelle Ukraine (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson) dans lesquelles étaient organisés des référendums en vue de leur adhésion à la Fédération de Russie après que plus de 97 % des voix comptabilisées aient donné une réponse favorable à ces référendums (détails des résultats ci-dessous). Le président russe n’a pas encore commenté après l’annonce de ces résultats. Il devrait s’exprimer prochainement pour officialiser la fusion de ces quatre régions. Les agences de presse russes reportent cette date au vendredi 30 septembre 2022. En 2014, le gouvernement russe a pris des mesures pour rattacher la Crimée deux jours après avoir prononcé les chiffres définitifs du vote référendaire de cette Etat russophone, qui était de 96,77% en faveur du rattachement à la Fédération de Russie (résultat non truqué puisque, un an après, un média états-unien avait fait enquête d’estimation qui était même passé à plus de 98%) .

Cependant, la légitimité de ces référendums n’est pas reconnue par la communauté internationale. Pour commencer, Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine, a évalué, dans une vidéo diffusée devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, que « la reconnaissance par la Russie des ‘pseudo-référendums’ comme ‘normaux’, la mise en œuvre du [même] scénario qu’en Crimée et une énième tentative d’annexer une partie du territoire ukrainien signifie que nous n’avons pas à discuter avec l’actuel président russe. »

De leur côté, les Occidentaux, notamment par la voix du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ont affirmé ne « jamais reconnaître » les résultats de ces référendums, les Etats-Unis allant même jusqu’à promettre de nouvelles « sévères » sanctions économiques. La surprise vient davantage de Pékin qui a affirmé très clairement son opposition à la décision de Moscou. À l’ONU, l’ambassadeur chinois a fait savoir que « la Chine a pris note des dernières évolutions de la situation en Ukraine » et que la position de Pékin est « claire et constante : c’est-à-dire que la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays doivent être respectées ». Jusqu’ici, « l’empire du Milieu », considéré comme un allié de Moscou, était jugé trop conciliant avec la Russie. Mais il faut bien comprendre, que, contrairement à ce qu’aboie la propagande occidentale, ce « pas de côté » de la part de la Chine n’est pas un désaccord avec son partenaire Russe, mais que, étant elle-même opposée à l’indépendance auto-proclamée de Taïwan, elle ne peut se permettre de tenir un autre discours que celui-ci, s’il est veut pouvoir rester crédible dans sa politique vis à vis de l’île indépendantiste.

Ce que tous ces pays qui disent ne pas reconnaître la validité de ces référendums semblent oublier (en fait, volontairement refuser de reconnaitre), c’est que lesdits référendums faisaient partie intégrantes des conditions signées en 2014 par le traité de Minsk 2, entre la Russie et l’Ukraine, avec, comme pays garants de sa mise en place concrète, la France et l’Allemagne, pour l’Ukraine et de la Turquie, pour la Russie. Et c’est, justement, parce que aucun des accords du traité de Minsk n’a jamais été respecté par l’Ukraine (sans même que la France et l’Allemagne, qui avaient la capacité de l’y contraindre par la voie économique), tandis que Moscou ne cessait de rappeler le devoir de respect de Minsk 2, que Moscou a fini par intervenir en Ukraine, protégeant, en plus, les populations russophones d’une attaque programmée par l’armée ukrainienne qui prévoyait de faire le nettoyage ethnique qui allait lui permettre « d’en finir avec les russophones du Dombass » – selon les propres propos des autorités ukrainiennes avant le 24 février dernier. Il convient donc de dire, lorsque l’on ne fait pas de propagande, mais que l’on s’attache uniquement à la réalité des faits, que ces référendums sont tout à fait valides et légaux, vis à vis de Minsk 2…Tout comme le fut celui de Crimée en 2014, contrairement à ce que la propagande otaniènne affirme comme étant une invasion russe de la Crimée.

Les résultats des référendums des qu’âtres régions ukrainiennes

Après cinq jours de vote, les référendums en Ukraine se sont terminés mardi 27 septembre dernier .L’agence de presse russe Interfax a annoncé les résultats par région:

Région de Donetsk : 99,23% de oui (2 131 207 votants, soit 97,51 % des inscrits sur les listes électorales).

Région de Louhansk : 98,42% de oui (1 662 607 votants, soit 94,15% des inscrits sur les listes électorales).

Région de Zaporijia : 93,11% de oui (541 093 votants, soit 85% des inscrits sur les listes électorales).

Région de Kherson : 87,05% de oui (571 001 votants, soit 78,86% des inscrits sur les listes électorales).

Il convient de noter que l’annonce qui en résulte n’enregistre pas l’entrée immédiate des régions ukrainiennes sur le territoire de l’État russe. Sinon, cette fusion pourrait se concrétiser le 30 septembre lorsque Vladimir Putin s’adressera au Parlement russe, selon le ministère britannique de la Défense.

Quelles conséquences aux référendums en Ukraine ?

Ces référendums organisés en Ukraine ont invité les électeurs à voter pour ou contre l’adhésion de leur région à la Fédération de Russie. La victoire du « oui » conduira à l’intégration rapide de quatre régions ukrainiennes (Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson) à la Fédération de Russie – qui compte, avant cet ajout, vingt-trois Républiques, dont une autonome, et six districts, également autonomes. Par conséquent et comme l’a fait savoir le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le 23 septembre « la Russie considérera les tentatives de l’Ukraine de reprendre ‘les territoires libérés’ comme une attaque contre son territoire ». Le sous texte de cette déclaration est une mise en garde contre une riposte de Moscou

Quelles sont les régions d’Ukraine concernées par les référendums ?

Quatre régions ukrainiennes étaient concernées par les référendums d’adhésion à la Fédération de Russie. Il s’agit des régions de Donetsk et Lougansk, qui forment ensemble à l’Est du pays ce qui est appelé le Donbass, mais aussi celles de Kherson, située dans le Sud-Ouest, et de Zaporijjia, dans le Sud de l’Ukraine. Ces quatre régions sont particulièrement affectées par les combats qui opposent Russes et Ukrainiens. Lors du référendum sur l’indépendance de l’Ukraine, en 1991, ces différentes régions avaient toutefois largement voté en faveur du « oui » (entre 80 et 90%), contrairement à la Crimée, qui s’était distinguée avec un score particulièrement faible (54%).

Quand les référendums ont-ils eu lieu ?


Les référendums se sont terminés mardi 27 septembre 2022 après cinq jours de vote. Ils se sont organisés en urgence puisqu’initialement les forces russes prévoyaient d’organiser des scrutins le 4 novembre, jour de l’unité nationale en Russie.

Qui vote aux référendums en Ukraine ?


Le terme employé par les autorités pro-russes étant « référendum », ce sont a priori bien les citoyens qui étaient amenés à se prononcer en faveur ou contre une adhésion de leur région à la Fédération de Russie. Toutefois, dans un contexte de guerre et d’occupation, et alors que de nombreux Ukrainiens ont fui ces territoires particulièrement touchés par les combats, la légitimité des résultats était d’emblée compromise.

Quelles réactions à l’international ?

Outre la réponse de Kiev, qui a d’emblée dénoncé un « chantage » uniquement motivé par « la peur de la défaite », les Occidentaux n’ont pas manqué de réagir. Olaf Scholz, le chancelier allemand, a jugé « très clair que ces référendums fictifs ne sont pas acceptables et qu’ils ne sont pas couverts par le droit international ». De son côté, Paris a dénoncé « une parodie » et « une provocation supplémentaire ». « La seule chose qui existe, c’est la guerre décidée par la Russie, la résistance de l’Ukraine et la fin de la guerre que nous souhaitons », a estimé Emmanuel Macron. Enfin, Washington a, pour sa part, accusé Moscou d’organiser « hâtivement des simulacres de référendums ». « Les États-Unis ne reconnaîtront jamais les prétentions de la Russie sur des parties prétendument annexées de l’Ukraine », a déclaré Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, à l’occasion d’un point presse.

À l’exception de la Corée du Nord et de la Syrie – nations alliées de Moscou -, aucune autre nation n’entend reconnaître le vote, pas plus qu’ils ont reconnu celui de la Crimée en 2014. Au contraire, la tenue des référendums en Ukraine est considérée par certains comme un motif appelant à de nouvelles sanctions contre la Russie. Le mardi 27 septembre, l’Union européenne a d’ailleurs annoncé l’arrivée prochaine de nouvelles sanctions visant les organisateurs des référendums jugés « illégaux » par les 27. « Il y aura des conséquences pour toutes les personnes qui ont pris part à l’organisation de ces référendums illégaux et qui les ont soutenus », a ainsi déclaré le porte-parole de la commission européenne, Peter Stano, lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Un « deux poids, deux mesures », toujours en sens unique – celui des intérêts états-uniens -, puisque ces mêmes pays soutiennent la volonté indépendantiste de Taïwan (que seuls 12 pays dans le monde – plus le Vatican -, mais dont même les Etats-Unis ne font pas partie, ont reconnu Taïwan comme Etat souverain, alors qu’il reste, officiellement une partie du territoire de la Chine… Y compris pour l’ONU), et qu’ils avaient soutenus les régions qui constituaient l’ex-Yougoslavie, uniquement dans le but de démantelé ce qui était, alors, le dernier pays communiste d’Europe (bien que non aligné, refusant d’intégrer aussi bien l’OTAN que le pacte de Varsovie).

Christian Estevez

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