Erdogan a ordonné au gouvernement turc de commencer à travailler sur le « hub gazier » proposé par Putin!

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a ordonné à son gouvernement de commencer à travailler sur le « hub gazier » en Turquie proposé par son homologue russe, Vladimir Putin, pour exporter le gaz russe vers l’Europe, ont rapporté ce vendredi 14 octobre les médias turcs.

« Nous avons donné, avec M. Putin, à notre ministère de l’Énergie et à l’institution concernée en Russie, l’ordre de mener un travail en commun », a affirmé M. Erdogan à propos d’un éventuel hub gazier en Turquie, lors d’une interview avec les journalistes, à bord de son vol de retour d’Astana, au Kazakhstan, où il a rencontré, hier (jeudi) le président russe.

Le chef de l’État turc a aussi affirmé que les travaux commenceraient immédiatement : « Il n’y aura pas d’attente à ce sujet », a-t-il ajouté, précisant que l’éventuel hub pourrait être construit dans la région de Thrace, dans le Nord-Ouest de la Turquie.

M. Putin avait proposé, ce jeudi, de créer un hub gazier en Turquie alors que les livraisons gazières russes vers l’Union Européenne sont affectées par les sanctions consécutives à la guerre en Ukraine et par les fuites des gazoducs Nord Stream 1 et 2 consécutives aux attentats de sabotage.

Réaction immédiate de la France

Le « hub gazier » proposé par M. Putin n’a « aucun sens », alors que les Européens veulent réduire leur dépendance aux hydrocarbures venant de Russie, a réagi Paris, jeudi soir. « Il n’y a pour nous aucun sens à créer de nouvelles infrastructures qui permettraient d’importer davantage de gaz russe », a souligné la présidence française.

La Russie livre déjà la Turquie à travers le gazoduc TurkStream qui traverse la mer Noire.

L’initiative de M. Putin pour un hub gazier en Turquie intervient alors que l’UE réfléchit à un plafonnement des prix du gaz face à la hausse des factures énergétiques provoquée par l’offensive russe en Ukraine.

Quatre énormes fuites de gaz, qui sont apparues fin septembre sur les deux gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne et provoquées, selon plusieurs pays, par des détonations sous-marines (dont personne ne peut, à présent, nier qu’il s’agisse d’attentats), ont aussi contribué à la hausse des prix.

Le président russe a affirmé cette semaine que la Russie avait déjoué un plan de sabotage visant le gazoduc Turkstream, sans donner plus de détails. « Nous prenons toutes les mesures pour la sécurité », a affirmé M. Erdogan à propos de la sûreté du futur hub gazier en Turquie.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a cependant estimé, ce vendredi, que l’Europe avait « besoin de plus de gazoducs et d’infrastructures » pour répondre à la crise énergétique. « C’est une question d’offre et de demande », a-t-il ajouté.

Un cessez-le-feu compliqué

Membre de l’OTAN, la Turquie ne s’est pas associée aux sanctions contre la Russie, tout en affirmant son soutien à l’Ukraine et en tentant de maintenir une position de médiateur entre Kyiv et Moscou. M. Cavusoglu a affirmé que la perspective d’un cessez-le-feu était devenue plus difficile en Ukraine. « La guerre a avancé et la possibilité d’un cessez-le-feu a diminué, mais nous allons continuer nos efforts », a-t-il estimé.

Joseph Kouamé

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