Sahel : Emmanuel Macron met un terme officiel à l’opération extérieure « Barkhane »

Le président français a officialisé, ce mercredi 9 novembre, la fin de l’opération militaire « Barkhane ». Elle avait commencé en août 2014 pour lutter contre les groupes armés djihadistes de la région du Sahel. Cette annonce sera sans conséquence sur le dispositif militaire français dans la région. Quelque 3.000 militaires français sont encore déployés au Niger, au Tchad et au Burkina Faso. (source AFP)

L’annonce du président de la République confirme la fin de la présence au Mali de l’armée française, qui reste toutefois présente au Niger, au Tchad ou au Burkina Faso.

L’opération militaire française au Sahel s’est achevé officiellement ce mercredi 9 novembre. Le président de la République, Emmanuel Macron, a profité de son déplacement à Toulon pour présenter la nouvelle « Revue nationale stratégique » pour annoncer la fin de Barkhane, ou plutôt la confirmer. L’intervention était vouée à se transformer radicalement depuis la décision de février 2022 de quitter définitivement le Mali, où l’appui français était désormais rejeté par la junte au pouvoir. La dernière base à Gao a été fermée en août. La France lutte depuis 2013 au Sahel contre les groupes djihadistes terroristes. Neuf ans plus tard, l’intervention était dans l’impasse.

L’armée française ne quittera toutefois pas le Niger, le Tchad ou le Burkina Faso, où elle est toujours présente. Quelque 3 000 soldats sont encore déployés. « Les opérations vont se poursuivre mais pas sous la forme d’une nouvelle opération française », dit-on à l’Élysée en confirmant la fin de la logique « d’opération extérieure », celle d’une intervention militaire nationale à l’étranger. Les actions françaises s’inscriront dans le cadre d’opérations menées par les armées nationales. La présence française n’aura donc pas de nouveau nom… Les nouvelles modalités des interventions sont cependant encore à discuter avec les partenaires de la France au Sahel. L’instabilité politique au Burkina Faso ou au Tchad ne facilite pas les échanges, alors que l’ombre de l’ancienne puissance coloniale est toujours suspecte. Le flou sur l’action de la France au Sahel n’est pas dissipé. Juridiquement, le statut des forces sera sécurisé, indique-t-on cependant.

« Le principe est de réduire l’exposition de nos forces en Afrique », poursuit-on dans l’entourage du président en évoquant plusieurs formes de partenariat : appui, renseignement, formation, accompagnement des armées locales. La France entend aussi mener une réflexion sur ses forces prépositionnées en Afrique, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon et à Djibouti. Paris s’inquiète aussi de l’extension de la menace djihadiste vers le Golfe de Guinée.

Les « partenariats rénovés » voulus par Paris s’inscriront aussi dans une stratégie d’influence globale. L’Afrique est aussi le théâtre d’une lutte informationnelle menée par la Russie ou la Chine. Les colonels au pouvoir à Bamako ont notamment choisi de faire appel aux mercenaires russes de Wagner pour sa protection.

La guerre en Ukraine et l’hypothèse d’un conflit majeur a conduit la France à réévaluer ses priorités. Avec un modèle d’armée complet mais échantillonnaire, elle n’est pas en mesure de s’investir militairement sur de multiples théâtres. En réduisant son engagement au Sahel, l’état-major espère retrouver des marges de manœuvre matérielles comme financières.

Joseph Kouamé

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