COP 27 : l’Allemagne accuse l’Égypte d’espionnage, l’ONU enquête

Ambiance électricité à la COP 27, en Egypte, où la délégation allemande et des militants présents sur place s’inquiètent des méthodes de surveillance de la part des autorités égyptiennes.

L’ONU, en charge de la sécurité de la COP27 organisée en Egypte, a annoncé, ce lundi14 novembre, enquêter sur des «violations du Code de conduite» par la police égyptienne, après que la délégation allemande s’est dite «surveillée».

L’Egypte, qui entendait briller sur la scène diplomatique internationale avec ce sommet, est, après une semaine de sommet mondial sur le climat, sous le feu des critiques des défenseurs des droits humains, tant sur sa répression de l’opposition depuis des années que sur sa gestion de la liberté de manifester et de s’exprimer à la COP 27.

Depuis le début du sommet à Charm el-Cheikh le 6 novembre, de nombreux militants se sont plaints d’«interrogatoires», de «filatures» et des conditions draconiennes imposées à l’organisation de manifestations. La police fédérale allemande aurait averti la délégation de son pays présente à la COP 27 que ses membres pourraient faire l’objet d’espionnage par des agents de sécurité égyptiens.

Au niveau diplomatique, Berlin, qui a accueilli dans son pavillon à la COP 27 un panel remarqué sur les droits humains, est en pointe des protestations. «La délégation allemande a porté plainte parce qu’elle s’est sentie surveillée», a indiqué lundi une source diplomatique allemande à l’AFP. «Il y a eu des discussions avec la partie égyptienne.» La délégation allemande a été présidée lors de la première semaine du raout par Jennifer Morgan, ancienne cheffe de Greenpeace International devenue envoyée spéciale de Berlin sur le climat. Un profil qui pourrait aussi susciter la méfiance accrue des autorités égyptiennes.

Sur la télévision allemande ZDF, Liane Schalatek, à la tête de la Heinrich Boell Foundation à Washington, s’est dite «surveillée et beaucoup moins à l’aise qu’à toutes les COP précédentes». «Quand on réserve une salle pour des réunions de discussions de la société civile, les caméras du soutien technique sont toujours braquées sur les visages des participants», a-t-elle rapporté. «C’est inhabituel et inutile […] et on ne peut pas écarter la possibilité que tout soit enregistré.»

Waël Aboulmagd, le représentant de la présidence égyptienne de la COP 27, a jugé ces accusations «ridicules». «Les gens auxquels nous parlons, surtout des pays en développement, sont fatigués de ces tentatives de détourner l’attention de façon intentionnelle des problèmes climatiques», a-t-il ajouté devant la presse.

Déjà Human Rights Watch (HRW) s’était inquiété que l’application COP 27 des autorités égyptiennes puisse enregistrer les informations des téléphones des participants. L’ONG avait également fait état de l’installation de caméras dans des centaines de taxis de Charm el-Cheikh, «connectées» au ministère de l’Intérieur.

La société civile en Egypte s’est particulièrement émue du traitement réservé à Sanaa Seif, la sœur d’Alaa Abdel Fattah, détenu politique en danger de mort après sept mois de grève de la faim. Elle a été prise à partie deux fois à la COP 27 par des figures pro régime, dont un député qui a dû être exclu par la sécurité de l’ONU.

Joseph Kouamé

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