Etats-Unis : les républicains reprennent le contrôle de la Chambre des représentants

Les républicains ont repris le contrôle de la Chambre des représentants, ce mercredi 16 novembre, ce qui leur donne un pouvoir de blocage sur la politique de Joe Biden jusqu’en 2024 et entraîne une division du Congrès.

Le président Joe Biden a félicité les républicains pour cette victoire d’une courte tête et assuré qu’il allait « travailler avec quiconque – républicains ou démocrates – prêt à œuvrer avec (lui) pour agir ».

Les républicains ont repris le contrôle de la Chambre des représentants ce mercredi 16 novembre, aux États-Unis, après un recomptage des voix dans le cadre des élections de mi-mandat qui se sont tenues le 8 novembre. Ils vont, selon les projections de nombreux médias états-uniens, dépasser de peu le fameux cap de 218 sièges, ce qui va leur offrir un pouvoir de blocage sur la politique de Joe Biden jusqu’en 2024 et entraîner une division du Congrès.

Après avoir échoué à s’emparer du Sénat, le parti conservateur ne disposera toutefois que d’une très courte majorité à la chambre basse, bien loin de la « vague géante » promise par Donald Trump. « Les Américains sont prêts pour une nouvelle direction, et les républicains de la Chambre sont prêts à agir », a salué le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, désormais favori dans la course à la tête de cette assemblée.

Joe Biden a félicité, mercredi, Kevin McCarthy. « Je vais travailler avec quiconque – républicains ou démocrates – prêt à œuvrer avec moi pour agir », a déclaré le président des Etats-Unis d’Amérique, dans un communiqué. Il a aussi affirmé que « les élections de la semaine dernière ont démontré la force et la résilience de la démocratie américaine. Il y a eu un rejet massif de ceux qui remettent en cause les résultats des élections, de la violence politique et de l’intimidation ». « Lors de cette élection, les électeurs ont clairement exprimé leurs préoccupations : la nécessité de réduire les coûts (…) et de préserver notre démocratie », a t-il ajouté. « Les démocrates de la Chambre des représentants continueront à jouer un rôle de premier plan dans le soutien du programme du président Biden – avec une forte influence sur une faible majorité républicaine », a commenté de son côté Nancy Pelosi, actuelle « speaker » de la Chambre.

Cette très mince majorité républicaine à la chambre basse risque d’ailleurs de compliquer sa gouvernance. Avec une Chambre républicaine et un Sénat démocrate, le parti de Joe Biden ne pourra, de son côté, plus faire passer de grands projets dans ce Congrès désormais divisé. Mais l’autre camp non plus.

Les républicains avaient menacé de détricoter certaines mesures adoptées sous Joe Biden s’ils reprenaient le contrôle des deux chambres. Ils voulaient notamment revenir sur les fonds alloués aux services des impôts pour engager de nouveaux agents, ou sur certaines réformes dans le monde de l’éducation. Les républicains pourraient en outre se montrer plus sourcilleux quant à l’aide apportée par Washington à l’Ukraine. Ils avaient aussi prévu de s’attaquer au droit à l’avortement ou de légiférer sur les armes à feu, ce qui aurait poussé Joe Biden à faire usage de son droit de veto.

Le président de 79 ans ne sera finalement pas contraint de camper sur cette posture défensive. Et devra, au contraire, user de ses talents de négociateur, hérités de sa longue carrière de sénateur, pour éviter une paralysie de l’administration fédérale, le fameux « shutdown ».

Mais la main tendue du président risque de se heurter à un mur rouge, la couleur des conservateurs. Même avec une mince majorité à la Chambre, les républicains disposeront d’un pouvoir conséquent en matière de supervision, qu’ils ont promis d’utiliser pour une kyrielle d’investigations sur la gestion par Joe Biden de la pandémie ou du retrait d’Afghanistan.

Ils pourraient (et c’est souhaitable) aussi s’en prendre à son fils, Hunter, dont le rapport « Marco Polo », sur 632 pages, a révélé 459 crimes commis par le fils Biden, allant de la corruption, d’emplois fictifs dans des sociétés ukrainiennes (dont des laboratoires biologiques) et chinoises, à de la pédocriminalité. Le parti conservateur compte bien exploiter toute potentielle faille démocrate, en gardant en ligne de mire la présidentielle de 2024. Avec sa déclaration de candidature, mardi, Donald Trump a lancé une lutte sans merci pour l’investiture du parti républicain pour l’élection à la Maison Blanche mais, cette fois-ci, contrairement à l’investiture républicaine précédente pour l’élection présidentielle, il a un concurrent très sérieux en la personne de Ron DeSantis, actuel gouverneur de Floride, qui a été réélu, également le 8 novembre, avec plus de 20% d’avance sur son adversaire démocrate- ce qui fait que la Floride n’est plus à considérer comme un « swing State » (nom donné aux Etats qui, de part l’écart infime entre les candidats républicains et démocrates, chaque élection, peuvent basculer d’un camp à l’autre).

Didier Maréchal & Christian Estevez

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