L’écrivain Dominique Lapierre, auteur de « La cité de la joie », est mort à l’âge de 91 ans

L’écrivain Dominique Lapierre est mort. Cet écrivain à succès, également philanthrope, est décédé à l’âge de 91 ans, sur la Côte d’Azur.

Dominique Lapierre, écrivain français passionné par l’Inde et qui a vendu quelque 50 millions d’exemplaires avec son « frère de plume » états-unien, Larry Collins, est décédé à 91 ans, a annoncé sa veuve ce dimanche 4 décembre dans le quotidien régional « Var-Matin ». « À 91 ans, il est mort de vieillesse », a expliqué Dominique Conchon-Lapierre, confiant dans cet entretien être « en paix et sereine depuis que Dominique ne souffre plus ».Il serait mort de vieillesse selon sa femme.

« Ce n’est pas suffisant d’être un auteur de best-sellers, il faut se battre contre ces injustices que vous dénoncez dans vos livres », disait Dominique Lapierre. Dominique Lapierre était autant un écrivain à succès qu’un philanthrope passionné par l’Inde. Au début des années 1980, après la parution de «Cette nuit la liberté», il avait débarqué avec son épouse chez Mère Teresa, à Calcutta pour lui faire don de 50.000 dollars en disant : «c’est une goutte d’eau dans l’océan des besoins». La religieuse (décédée en 1997) lui répondit : «sans elles, l’océan ne serait pas l’océan».

Après avoir écrit «La cité de la joie» (1985), sur un bidonville de Calcutta, Dominique Lapierre avait fait don d’une bonne part de ses droits d’auteurs aux miséreux qui l’avaient inspiré. Une somme substantielle, car le roman s’était vendu à 12 millions d’exemplaires et avait fait l’objet d’une adaptation pour le cinéma par Roland Joffé, en 1992. Ce livre fut tellement influent que c’est une fois publié que ce quartier miséreux de Calcutta fut officiellement appelé « La cité de la joie ».

Il donnera, par la suite, plusieurs millions de dollars à des programmes de lutte contre la lèpre, le choléra ou la tuberculose, pour la construction de logements ou la distribution de microcrédits. Parmi d’autres initiatives, Dominique Lapierre, qui parlait couramment le bengali, avait ouvert plusieurs écoles dans la région. Une partie de leur financement provenait de la vente aux enchères (2006, 825.000 dollars) d’une robe portée par l’actrice Audrey Hepburn, dans le film «Diamants sur canapé» (1961). Il l’avait reçue en cadeau du couturier Hubert de Givenchy.

En 2005, il assurait que, grâce à ses droits d’auteur, des dons de lecteurs et les gains de conférences prononcées dans le monde entier, son action humanitaire «avait permis de guérir en 24 ans 1 million de tuberculeux, soigner 9.000 enfants lépreux, construire 540 puits d’eau potable et armer quatre bateaux hôpitaux sur le delta du Gange».

Dans l’état indien du Bengale-Occidental, il était «érigé au rang d’idole», comme le montrait un saisissant reportage de Paris-Match en 2012, alors qu’il recherchait de nouveaux financements à ses centres humanitaires pour pallier la baisse de dons, à cause de la crise financière européenne et états-unienne.

Frère de plume

Quand il ne voyageait pas, il occupait une demeure de Ramatuelle (Var, France), séparée de celle de son «frère de plume» Larry Collins, décédé en 2005, par un court de tennis, acquise avec les droits d’auteur de «Paris brûle-t-il ?», (1964, 20 millions de lecteurs, 30 éditions internationales), l’un des six romans qu’ils ont écrit ensemble : «Où tu porteras mon deuil» (1968, sur le torero El Cordobes), «Ô Jérusalem» (1972), «Cette nuit la liberté» (1975, sur l’indépendance de l’Inde), «Le cinquième cavalier» (1980, fiction autour d’une bombe atomique) et le thriller «New York brûle-t-il ?» (2004).

Les deux hommes se complétaient admirablement. Lapierre enquêtait sur les services secrets français et Collins sur la CIA. Puis le premier écrivait en français et le second en anglais et chacun traduisait l’autre.

De «Paris brûle-t-il ?», René Clément avait fait un film de ce récit de la Libération de Paris, le 25 août 1944, avec une pléiade de stars comme le Français Jean-Paul Belmondo et l’états-unien Kirk Douglas. Les états-uniens Francis Ford Coppola et Gore Vidal avaient cosigné le scénario.

Dominique Lapierre était né le 30 juillet 1931 à Châtelaillon, dans l’Ouest de la France, d’un père diplomate et d’une mère journaliste. Lycéen à Condorcet, à Paris, il devint, au début des années 50, journaliste à Paris-Match, parcourant les points chauds de la planète. Il était sous tutelle depuis 2014 en raison de sa santé. Son héritage faisait l’objet d’âpres discussions.

Maxime Kouadio

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