L’Iran lance la construction d’une nouvelle centrale nucléaire

L’Iran a débuté, le samedi 3 décembre dernier, la construction d’une nouvelle centrale nucléaire dans le Sud-Ouest du pays, a annoncé l’agence iranienne pour l’énergie atomique (OIEA). (Source AFP).

L’annonce survient au milieu des tensions avec les États-Unis d’Amérique, au sujet des sanctions massives imposées après que Washington s’est retiré de l’accord international sur le nucléaire iranien, l’Accord de Vienne, en 2018, sous la présidence de Donald Trump.

La cérémonie d’inauguration du chantier s’est déroulée en la présence de Mohammed Eslami, chef de l’Organisation civile iranienne de l’énergie atomique, qui a dévoilé pour la première fois les plans de construction de Karoun en avril. Le chantier, dont le lancement a été annoncé à la télévision d’État par le chef de cette agence, devrait durer sept ans.

La centrale de 300 mégawatts, érigée dans le district de Darkhovin, coûtera entre 1,5 et 2 milliards de dollars, a ajouté le chef de l’OIEA. À l’origine, elle «aurait dû être construite par une société française» qui a fait machine arrière sur «ses engagements» après la Révolution islamique en 1979, selon le chef de l’organisation pour l’énergie atomique. «Ensuite les autres pays ont évité de coopérer avec la République islamique d’Iran à cause des sanctions», a poursuivi M. Eslami. L’Iran opère aussi une centrale nucléaire à Bouchehr, à l’extrême-Sud du pays, d’une puissance de 1.000 mégawatts. La centrale nucléaire de Bouchehr (1.000 mégawatts), qui est la première centrale nucléaire civile en Iran, a commencé à fournir de l’électricité en septembre 2011 avec la coopération de la Russie.

Dans le cadre d’un accord historique conclu en 2015, l’Iran avait accepté de geler ses activités d’enrichissement d’uranium à Fordo, une usine souterraine située à 180 kilomètres au Sud de Téhéran. Téhéran s’était engagé à limiter à 3,67% le seuil d’enrichissement dans le cadre de cet accord conclu par l’Iran d’un côté, et par les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l’Allemagne de l’autre.

Le pacte (JCPOA) offrait à l’Iran un allègement des sanctions internationales en échange de garanties que Téhéran ne se doterait pas de l’arme atomique, un objectif que la République islamique a toujours nié poursuivre. Cependant, après le retrait des États-Unis du JCPOA en 2018 sous la présidence de Donald Trump et le rétablissement des sanctions états-uniennes qui étouffent son économie, Téhéran s’est progressivement affranchi de ses obligations.

L’Iran a ainsi enclenché, en janvier 2021, le processus destiné à produire de l’uranium enrichi à 20 % dans l’usine de Fordo. Puis, en avril 2021, il a annoncé avoir commencé à produire de l’uranium enrichi à 60 % à Natanz, se rapprochant des 90 % nécessaires pour produire une bombe atomique.

Le mois dernier, Téhéran a annoncé avoir commencé à produire à Fordo de l’uranium enrichi à 60 %, une nouvelle entorse à ses engagements. Des négociations pour relancer l’accord de 2015 ont débuté en avril 2021 mais elles sont à l’arrêt ces derniers mois, après un regain de tensions entre l’Iran et les grandes puissances participant à l’accord.

Didier Maréchal

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s