Exploration de la Lune : une mission japonaise privée a décollé pour un voyage sur la lune

Un alunisseur construit par une entreprise japonaise a décollé ce dimanche depuis Cape Canaveral (Floride). Il pourrait être le premier engin privé à atterrir sur la Lune.

Le lancement de l’atterrisseur baptisé « Hakuto » a été effectué après deux reports depuis la base états-unienne de Cap Canaveral.

Un atterrisseur lunaire construit par une entreprise japonaise, qui pourrait devenir le premier engin privé mais aussi japonais, à atterrir sur la Lune, a décollé dimanche 11 décembre de Cap Canaveral. Le lancement a été effectué par une fusée SpaceX à partir de la base états-unienne de Floride, après deux reports dus à des vérifications supplémentaires.

L’engin lunaire, fabriqué par la start-up Ispace de Tokyo, est parti à bord du lanceur spatial Falcon-9 à 2 h 38 locales (7 h 38 GMT), selon des images retransmises en direct. Jusqu’à présent, seuls les Etats-Unis, la Russie et la Chine ont réussi à faire atterrir des robots sur la Lune, située à environ 400 000 kilomètres de la Terre.

«Notre première mission va poser les bases pour libérer le potentiel de la Lune et créer un système économique solide et dynamique», a déclaré le PDG de la compagnie, Takeshi Hakamada, dans un communiqué. Ispace, qui compte seulement quelque 200 employés, entend mettre en place «un service de transport vers la Lune fréquent et à bas coût». Selon l’entreprise, l’alunissage sur la face visible du satellite de la Terre est attendu en avril 2023.

Mesurant 2 mètres sur 2,5, l’engin emporte – un véhicule lunaire («rover») de dix kilos – construit par les Emirats arabes unis. Ce pays du Golfe, nouveau venu dans la course à l’espace, a envoyé une sonde orbitale vers Mars l’an dernier. Si le véhicule lunaire, nommé Rashid, réussit à alunir, il réalisera la première mission lunaire du monde arabe. Le vice-président des Emirats et dirigeant de Dubaï, cheikh Mohammed ben Rachid al-Maktoum, a salué le lancement de dimanche comme «faisant part de l’ambitieux programme spatial des EAU». «Notre but est de transférer le savoir, de développer nos capacités, et de laisser une marque scientifique dans l’histoire de l’humanité», a-t-il déclaré sur Twitter.

Le projet Hakuto de cette entreprise était l’un des cinq finalistes de la compétition internationale Google Lunar XPrize, qui s’était achevée sans vainqueur, aucune compagnie n’ayant réussi à faire alunir un robot avant la date fixée (2018). Mais certains projets n’ont pas été abandonnés.

Un autre finaliste, de l’organisation israélienne SpaceIL, avait échoué en avril 2019 à devenir la première mission au financement privé à réussir l’exploit. L’alunisseur s’était écrasé sur la surface en tentant de se poser.

La société Ispace a conçu son embarcation pour utiliser un minimum de carburant afin d’économiser de l’argent et de laisser plus d’espace pour le fret. L’engin emprunte donc un chemin lent et à faible énergie vers la Lune, volant à 1,6 million de kilomètres de la Terre avant de faire une boucle et de croiser la Lune d’ici à la fin avril.

L’alunisseur japonais a embarqué le premier rover lunaire des Emirats arabes unis, un petit robot mobile d’une dizaine de kilos, équipé de caméras françaises, qui doit fonctionner en surface durant les dix jours de la mission.

Bruno Mariotti

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