Voici le revenu minimum nécessaire pour vivre « correctement » en 2022 en France

Avec la hausse du coût de la vie, une question demeure année après année. A partir de quel budget peut-on vivre « correctement » en France? Dans un contexte de hausse globale des prix et de crise énergétique, l’Institut de recherche économique et sociale a étudié les dépenses des ménages au cours des six derniers mois. Objectif : évaluer le panier de biens nécessaire aux ménages pour mener une vie décente.

Un chercheur de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires) explique qu’aujourd’hui, pour vivre décemment, une personne célibataire, par exemple, doit compter un budget de 1 634 €. Une somme portée à 3 744 € pour un couple avec deux enfants.

En 2014, l’Onpes avait calculé qu’il fallait disposer d’un budget de 1 424 € pour une personne seule et jusqu’à 3 284 € pour un couple d’actifs avec deux enfants. En 2022, en prenant en compte les indices de prix, le revenu minimum nécessaire s’élèverait à 1 634 € pour une personne seule, soit 195 € de plus.

Il faut aussi 1 836 € pour une personne retraitée seule et 2540 € pour un couple de retraités. Ou encore 2 273 € pour un couple sans enfant et 3 003 € pour une famille monoparentale.

Toutes ces catégories ont connu la même augmentation depuis les chiffres publiés huit ans plus tôt. Mauvaise nouvelle pour l’économiste de l’Ires qui a réalisé l’étude, Pierre Concialdi, « les budgets de référence augmentent plus vite que l’inflation ». Il note aussi le poids croissant du logement dans le budget des ménages qui reste « le premier poste budgétaire » variant entre « 24 à près de 40 % selon les configurations familiales ». Mais d’autres postes sont aussi en nette hausse : le prix de l’énergie (+41,9 %), les tarifs d’assurance (+17,7%), le poste alimentation (plus de 20 %) ou celui des transports.

L’étude note qu’en ce qui concerne les salaires réels des ménages, « plus d’un tiers d’entre eux (environ 34 à 35%) n’ont pas suffisamment de sources salariales pour accéder à un niveau de vie minimum décent ». Autrement dit, plus d’un tiers des ménages risquent de basculer dans la précarité ou la pauvreté, une proportion qui reste la même qu’en 2014.

« Pour tous les ménages étudiés, la hausse de ces budgets a été plus forte depuis 2014 que celle observée pour l’évolution moyenne des prix. Quand les adultes du ménage travaillent à temps plein au salaire minimum, les ressources salariales sont insuffisantes pour atteindre ces budgets minimums. Ce déficit s’observe pour tous les ménages, sauf pour les couples bi actifs (avec deux Smic) sans enfants », détaille l’institut dans sa note publiée .

Et lorsque l’évolution des salaires n’augmente pas, « cette situation exacerbe les difficultés au quotidien des ménages les plus modestes, qui ont de plus en plus de mal à joindre les deux bout, a conclu l’économiste.

Didier Maréchal

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