La Serbie envoie son chef des armées à la frontière avec le Kosovo!

Les tensions continuent de s’accroître entre la Serbie et le Kosovo. (source AFP).

Dans un climat de tension absolu, à la suite de l’arrestation d’un ancien policier serbe au Kosovo, Belgrade se prépare à déployer des forces armées près de la frontière.

Le président de Serbie, Aleksandar Vucic, a dépêché, dimanche soir, le chef des armées à la frontière avec le Kosovo où des Serbes ont dressé des barricades dans une nouvelle montée des tensions, a annoncé le général Milan Mojsilovic lui-même.

Le chef d’état-major de l’armée serbe, joint par téléphone par la télévision « Pink », a déclaré être sur la route vers Raska, la ville qui se trouve à dix kilomètres de la frontière avec le Kosovo, après s’être entretenu avec le président Vucic, à Belgrade.

« Les tâches que l’armée serbe a obtenues […] sont précises, claires et seront entièrement mises en œuvre », a déclaré le général Mojsilovic. « La situation là-bas est compliquée et complexe, et elle requiert dans la période à venir la présence de l’armée serbe le long de la ligne administrative », le terme que les autorités serbes utilisent pour désigner la frontière avec le Kosovo, a-t-il ajouté.

La Serbie ne reconnaît pas l’indépendance que son ancienne province méridionale, peuplée très majoritairement d’Albanais, a proclamée en 2008.

Plusieurs centaines de Serbes tiennent depuis le 10 décembre dans le Nord du Kosovo des barrages pour protester contre l’arrestation d’un ancien policier serbe, paralysant la circulation vers deux postes frontaliers avec la Serbie.

Peu avant le départ du général Mojsilovic dans la zone frontalière, plusieurs médias serbes ont diffusé une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, dans laquelle on entend des rafales d’armes, en affirmant qu’il s’agit de « combats » survenus en début de soirée lorsque les forces kosovares ont essayé de démanteler une barricade. Ceci a aussitôt été démenti par la police kosovare qui a affirmé, sur sa page Facebook, que ses membres n’avaient participé à aucun échange de tirs.

Les médias à Pristina ont assuré, en revanche, qu’une patrouille de la Force de maintien de la paix au Kosovo (Kfor) se trouvait dans la zone de tirs, mais qu’il n’y a pas eu de blessés, ni de dégâts. De son côté, le ministre kosovar de l’Intérieur, Xhelal Svecla, a affirmé que la patrouille de la Kfor avait été attaquée. La Kfor, qui a renforcé ces derniers temps sa présence dans le nord, n’a pas communiqué sur l’incident.

Début novembre, des centaines de policiers serbes intégrés à la police kosovare, ainsi que des juges, procureurs et autres fonctionnaires ont quitté leur poste en masse, pour protester contre une décision controversée, et désormais suspendue du gouvernement de Pristina, d’interdire aux Serbes qui vivent au Kosovo d’utiliser des plaques d’immatriculation délivrées par la Serbie, niant, de fait, officiellement, le fait que la partie Nord du Kossovo soit ne lui en déplaise, bel et bien, un territoire reconnu comme serbe, tandis que, bien que l’OTAN (dont, principalement, les Etats-Unis d’Amérique, la France et la République Tchèque) aient bombardé les civils de Serbie pendant 78 jours, en 1999 (contre l’avis de l’ONU), pour obligé celle-ci à accepter de donner le Kosovo aux albanais – alors minoritaires dans le pays, dans le but de finir la destruction de la Yougoslavie, seul pays encore communiste en Europe, à l’époque -, ledit Kosovo n’est, au jour d’aujourd’hui, toujours pas reconnu comme étant un Etat de la part de l’ONU.

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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