L’ancien ministre mexicain de la sécurité, Genaro Garcia Luna, jugé au États-Unis pour trafic de drogue

Le procès de Genaro Garcia Luna, ministre mexicain de la sécurité publique de 2006 à 2012, s’est ouvert ce mardi 17 janvier à New York. Il est accusé de complicité avec le cartel de Sinaloa. (AFP).

Genaro García Luna, chargé de la lutte contre les cartels, est accusé par la justice états-unienne, d’avoir contribué au narcotrafic en complicité avec le cartel de Sinaloa. Il a aussi dirigé la capture de la Française Florence Cassez, en décembre 2005, accusée de faire partie d’un gang du crime organisé.

Genaro Garcia Luna, ministre de la Sécurité publique dans le gouvernement du président mexicain Felipe Calderon (2006-2012), avait été arrêté le 9 décembre 2019 à Dallas, au Texas, accusé d’avoir accepté des pots-de-vin pour protéger le cartel de Sinaloa et d’être impliqué dans un trafic d’au moins 53 tonnes de cocaïne vers les États-Unis d’Amérique.

L’homme de 54 ans est le plus haut responsable mexicain à être traduit en justice par les parquets fédéraux de New York, en guerre contre les cartels de drogues d’Amérique Centrale et du Sud qui profitent de la complicité de ministres locaux pour inonder le marché des États-Unis.

L’ancien chef du cartel mexicain Sinaloa, Joaquin « El Chapo » Guzman, a été condamné à la prison à vie en 2019 par le tribunal fédéral de Brooklyn. Son comparse, le Colombien Dairo Antonio Usuga, alias « Otoniel », attend son procès dans la même juridiction new-yorkaise, tandis que l’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a démenti toutes les accusations de trafic de drogues portées contre lui par les procureurs de Manhattan.

En octobre 2020, M. Garcia Luna a plaidé non coupable de cinq chefs d’accusation devant la justice états-unienne. Il encourt une peine minimale de 10 ans de prison pouvant aller jusqu’à la perpétuité. Au cœur de son procès, qui a commencé ce mardi 17 janvier, par la sélection des jurés et devrait durer deux mois, l’allégation d’avoir accepté des millions de dollars de pots-de-vin pour fermer les yeux sur des tonnes de drogues du cartel de Joaquin Guzman envoyées aux États-Unis de 2001 à 2012. Garcia Luna aurait même été complice du cartel de Sinaloa dès janvier 2001 lorsqu’il pilotait un service de Renseignement de son pays, selon la justice des Etats-Unis d’Amérique.


Valises de billets

Lors du procès de Guzman en 2019, un ancien membre de son cartel avait affirmé avoir remis à Garcia Luna des valises de billets – au moins six millions de dollars – à trois reprises dans un restaurant en 2005, 2006 et 2007.

En décembre 2020, le Mexique avait réclamé aux États-Unis l’extradition de son ancien ministre pour détournement de fonds publics, mais il faudra attendre qu’il soit jugé et condamné à New York pour un éventuel accord entre les deux voisins d’Amérique du Nord.


Genaro Garcia Luna, ingénieur en mécanique, a dirigé de 2001 à 2005 l’agence du Renseignement mexicain en lutte contre la corruption et le crime organisé. Puis, sous le mandat du président Calderon, il est devenu ministre de la Sécurité publique, contrôlant la police fédérale en guerre contre les gangs de la drogue au Mexique.


Toute sa défense va tourner autour de l’idée que l’ancien ministre collaborait en fait avec l’agence antidrogue états-unienne (DEA) pour « combattre les cartels mexicains de la drogue ».

La journaliste mexicaine et cubaine, Peniley Ramirez, qui a écrit un livre et un podcast sur Garcia Luna, a confié que le Mexique « attend(ait) beaucoup de ce que ce procès révélerait sur la corruption (dans le pays) en général ». Elle a estimé que l’on « n’avait pas assez parlé de ce que la DEA savait des activités criminelles présumées de Garcia Luna ».

Sans lien avec son procès à New York, Garcia Luna est également accusé d’avoir coorganisé l’arrestation, en décembre 2005 de la Française Florence Cassez et de son compagnon d’alors, Israel Vallarta. Le couple avait été accusé de faire partie d’un gang du crime organisé. La Française avait été condamnée en 2008 à 96 ans d’emprisonnement pour enlèvement et séquestration. Sa peine avait été réduite en appel à 60 ans en 2009, et, le 23 janvier 2013, elle avait été libérée après l’annulation de sa condamnation par la Cour suprême du Mexique. L’affaire avait provoqué une brouille diplomatique entre le Mexique du président Calderon et la France de son homologue d’alors, Nicolas Sarkozy qui avait fait rapatrié Florence Cassez dès le lendemain de sa libération, et qui, peine arrivée à l’aéroport Roissy – Charles De Gaulle, est partie pour une destination inconnue, sans passer par les questions des médias, vivre une vie anonyme (depuis, elle a été rémunérée par le tabloïd français « Closer », pour une interview parue le 26 août 2022).

Joseph Kouamé & Christian Estevez

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