Sahara occidental : le Front Polisario menace d’intensifier les combats contre le Maroc!

Le Front Polisario, mouvement indépendantiste du Sahara Occidental, tient toujours son 16e congrès dans un camp de réfugiés en Algérie, d’où il fait des annonces inquiétantes. (Source RFI).

Les indépendantistes du Polisario, au Sahara occidental, se sont réunis en congrès vendredi 13 janvier pour renouveler leur direction. Ce congrès intervient dans un contexte de vives tensions entre leur allié algérien et le Maroc qui contrôle 80% du territoire

Lors de ce premier congrès depuis la rupture du cessez-le-feu en 2020, Brahim Ghali, secrétaire général du mouvement soutenu par l’Algérie, a attaqué et délivré un message pour poursuivre la lutte armée contre le Maroc.

Le conflit du Sahara occidental est décrit par les experts comme « tiède ». Ce conflit connaît quelques tensions depuis la fin du cessez-le-feu en 1991. Mais la reprise des armements en 2020 a suscité des interrogations sur la scène internationale. Alors que Rabat s’accrochait à l’occupation marocaine du Sahara, le Polisario rejetait « l’occupation marocaine ».

Face au Maroc aux armes sophistiquées, le Polisario a déclaré qu’il n’y avait pas d’autre choix que d’entrer en guerre. « La seule solution », dit-il, pour gagner son indépendance. Faut-il alors craindre de nouvelles batailles dans les semaines à venir ? Pas forcément, répond Aboubakr Jamai, professeur de relations internationales à Aix-en-Provence. Selon lui, le discours belliqueux du Polisario est une stratégie pour maintenir le conflit dans le viseur de la communauté internationale et un moyen de trouver une solution politique.

« À mon avis, le Polisario a intérêt à agiter le chiffon rouge de la guerre pour dire à ceux qui peuvent avoir de l’influence sur le processus de résolution, à savoir les Nations unies évidemment, mais surtout les États-Unis et l’Union européenne, que la région risque d’être déstabilisée et qu’il vaut mieux résoudre ce conflit le plus tôt possible et le résoudre par l’organisation du référendum tel que c’était décidé par l’ONU il y a belle lurette et qui s’affirme chaque année par la reconduction du mandat de la Minurso [Mission onusienne au Sahara occidental NDLR], dont la mission principale est l’organisation du référendum. Ce langage de guerre vient surtout de la volonté de Polisario d’attirer plus l’attention sur l’urgence de la résolution du problème parce que le statu quo est plus en faveur du Maroc qu’autre chose ».Affirme Aboubakr Jamai.

Depuis 1991, les Nations Unies n’ont pas réussi à trouver une issue à ce conflit. L’ONU a proposé une autonomie de la région pour cinq ans, puis un référendum, mais les obstacles à ce plan, mené par l’ancien envoyé spécial, l’états-unien James Becker, sont nombreux et viennent de chaque faction.

« De manière régulière, le Front Polisario met en avant la reprise des combats, mais je pense qu’honnêtement, ce n’est pas envisageable, le Front Polisario dispose vraisemblablement d’un armement qui est obsolète, explique Khadija Mohsen-Finan, politologue spécialiste du Maghreb et du monde arabe. Moi, je crois que la seule solution pour sortir de cette crise est une solution politique. Si elle ne peut pas se faire entre l’Algérie et le Maroc, il faudrait un État ou un groupe tiers extérieur qui puisse emmener ces deux États à la raison, pour que le conflit du Sahara occidental ne soit pas pris dans ce contentieux structurel maintenant entre l’Algérie et le Maroc ».Ajoute le professeur.

solution politique

Depuis 2020, le Maroc considère la question du Sahara occidental comme sa priorité absolue, le roi Mohamed VI a même appelé les pays partenaires à « clarifier » leur position et à le soutenir. Quant au processus de l’ONU d’une résolution par référendum, il semble toujours en panne.« Cela n’a pas pu se faire parce que tantôt le Maroc disait non, tantôt l’Algérie disait non, et en réalité le Maroc a très peur d’un référendum qui ne lui donnerait pas raison, et l’Algérie avec le front Polisario sont absolument recroquevillés sur cette notion d’autodétermination qui laisse penser qu’en irait vers une indépendance du Sahara occidental. Évidemment, les Nations unies se font doubler sur des actions conduites par le Maroc et par l’Algérie de manière autonome, mais aussi par le Polisario », selon Khadija Mohsen Finan.

Mais au contraire, l’Algérie reprend des forces, notamment grâce à la guerre en Ukraine, qui redistribue ses cartes et en fait un acteur incontournable sur la scène internationale. « Il y a un besoin d’Algérie, pour l’énergie, mais aussi pour l’appui au Sahel et en matière d’accès à l’Afrique », conclut Khadija Mohsen Finan. Le conflit du Sahara occidental reste un contentieux majeur entre l’Algérie et le Maroc.

Joseph Kouamé

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