L’horloge de l’apocalypse encore avancée : plus que 90 secondes avant la « fin du monde »

L’humanité n’a jamais été aussi proche de sa fin, annonce le groupe de scientifiques gérant l’horloge de l’apocalypse. Celle-ci a été avancée de 10 secondes et marque désormais minuit moins 90 secondes.

L’Horloge de l’Apocalypse ne marque plus que 90 secondes avant minuit. Un record depuis la création de ce décompte symbolique, il y a 75 ans. L’aiguille n’a jamais été aussi proche de l’heure fatidique. Ce décompte symbolique, lancé en 1947 par l’association The Bulletin of the Atomic Scientists, entend alerter sur les risques pour l’humanité. Cette année, la guerre en Ukraine et le risque d’escalade nucléaire ont contribué à faire avancer l’heure.

L’ONG états-unienne Bulletin of the Atomic Scientists a annoncé, ce mardi 24 janvier 2023, le degré de risque d’autodestruction auquel s’expose l’humanité. Son horloge pointe désormais 90 secondes avant la « fin du monde », son niveau le plus élevé. Depuis 2020, l’horloge de l’apocalypse affichait seulement 100 secondes avant minuit.

Les scientifiques qui gèrent l’horloge de l’apocalypse ont dévoilé ce mardi, lors d’une conférence de presse à Washington, son nouvel horaire, censé mesurer l’imminence d’une catastrophe mondiale, et qui se rapproche dangereusement du chaos : 23 h 58 mn 30 s. « Il est minuit moins 90 secondes et cela signifie que l’humanité n’a jamais été aussi proche d’un cataclysme planétaire », ont-ils annoncé.

Nous avançons l’horloge, et c’est le plus près qu’elle ait jamais été de minuit », a dit le Bulletin of the Atomic Scientists, chargé de ce projet symbolique depuis 1947, en dévoilant ce nouvel horaire, évoquant notamment, mais « pas exclusivement », « les dangers croissants de la guerre en Ukraine » et « le risque accru d’une escalade nucléaire ».

« Nous vivons à une époque de danger sans précédent, et l’horloge de l’apocalypse représente cette réalité », a expliqué Rachel Bronson, sa présidente. Avancer l’horaire « est une décision que nos experts ne prennent pas à la légère. Le gouvernement américain, ses alliés de l’Otan et l’Ukraine ont à leur disposition une multitude de canaux de dialogue ; nous exhortons les dirigeants à faire leur maximum pour les examiner tous afin de reculer l’horloge », a-t-elle ajouté. C’est pourquoi le communiqué du groupe d’experts sera disponible en anglais, en russe et en ukrainien, une première, a-t-elle précisé.

En dehors de la guerre en Ukraine et le danger nucléaire, les scientifiques ont pris en compte « les menaces persistantes représentées par la crise climatique » ainsi que le fait que les « événements dévastateurs, comme la pandémie de Covid-19, ne peuvent plus être considérés comme des faits rares n’arrivant qu’une fois tous les cent ans ». Le groupe d’experts a aussi évoqué la désinformation et les technologies de surveillance.

À l’origine, après la Seconde Guerre mondiale, l’horloge indiquait minuit moins 7 minutes. En 1991, à la fin de la Guerre froide, elle avait reculé jusqu’à 17 minutes avant minuit. En 1953, ainsi qu’en 2018 et 2019, elle affichait minuit moins 2. Le Bulletin of the Atomic Scientists a été fondé en 1945 par Albert Einstein et des scientifiques ayant travaillé sur le projet « Manhattan », qui produisit la première bombe atomique. Le groupe d’experts fixe chaque année la nouvelle heure.

Didier Maréchal

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