La Corée du Nord met officiellement fin à l’accord militaire signé avec le Sud en 2018 en réponse à la décision similaire de la Corée du Sud

Ce jeudi 23 novembre 2023, la Corée du Nord a annoncé qu’elle allait rétablir toutes les mesures militaires qui avaient cessé dans le cadre de l’accord militaire intercoréen signé en 2018, après que la Corée du Sud a décidé de suspendre l’application de certaines dispositions de l’accord, conçu à la base pour réduire les risques d’escalade, à la suite du lancement par Pyongyang d’un satellite espion militaire.

Ce jeudi 23 novembre, la Corée du Nord a annoncé qu’elle mettait fin à l’accord militaire 2018 avec la Corée du Sud. Une déclaration qui fait suite à une décision similaire de Séoul qui parlait de suspension partielle en réponse au lancement du nouveau satellite nord-coréen. L’armée sud-coréenne va reprendre ses opérations de reconnaissance à proximité de la frontière et Pyongyang annonce déployer de nouvelles armes proches de la « DMZ », la zone démilitarisée à la frontière.

« Notre armée ne sera plus jamais contrainte par l’accord militaire ». La déclaration du ministère de la Défense nord-coréen entérine la rupture entre les Corées.

En 2018, Kim Jong-un et Moon Jae-in s’accordaient sur une série de mesures visant à limiter les risques d’affrontements et favoriser la désescalade à la frontière. Pas d’exercices militaires proches de la ligne de démarcation, des secteurs d’exclusions aériennes et une zone tampon maritime.

Même si certains aspects de ces principes étaient déjà remis en cause, il est prévu une augmentation significative de la présence militaire autour de la zone démilitarisée. Au Sud, des avions voleront le long de la ligne de démarcation et la surveillance de la frontière nordiste sera renforcée. Pendant ce temps, au Nord, on prévoit le déploiement d’ « armes plus puissantes », de troupes supplémentaires et de nouveaux équipements militaires. Hier, Pyongyang a annoncé le lancement du Maligyong-1, premier satellite espion nord-coréen, et en réponse, Séoul a déclaré la suspension partielle d’un accord militaire signé avec Pyongyang le 19 septembre 2018.

Cette régression accroît considérablement le risque d’incidents le long de la frontière, une situation relativement fréquente avant 2018. Depuis le retour des conservateurs au pouvoir à Séoul, les relations inter-coréennes ont connu un déclin progressif. Le Sud adopte une position plus ferme et se rapproche clairement des États-Unis d’Amérique, tandis que la Corée du Nord semble avoir abandonné toute perspective de dialogue en faveur de ses nouvelles relations renforcées avec Moscou.

Joseph Kouamé

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