Le candidat réformateur, Massoud Pezeshkian, a remporté le second tour de l’élection présidentielle en Iran, devançant l’ultraconservateur Saïd Jalili, a annoncé la télévision publique ce samedi 6 juillet au matin.
Dans sa première déclaration après sa victoire à l’élection présidentielle iranienne, Massoud Pzezshkian a affirmé qu’il « tend la main » à tous les Iraniens. Jusqu’à présent député, Massoud Pezeshkian a recueilli plus de 16 millions de votes contre plus de 13 millions à son adversaire, un ancien négociateur nucléaire, sur un total de 30 millions de bulletins déjà dépouillés, selon les autorités électorales. La participation s’est établie à 49,8%.
« Le chemin devant nous est difficile. Il ne sera facile qu’avec votre collaboration, empathie et confiance. Je vous tends la main », a déclaré, ce samedi 6 juillet, sur « X » le nouveau président. Mardi, à l’issue du premier tour, il avait affirmé qu’il tendait « la main de l’amitié à tout le monde. Nous sommes tous des habitants de ce pays, nous devrions utiliser tout le monde pour le progrès du pays ».
Saïd Jalili, son adversaire du second tour, a appelé, à la télévision, ses supporters à « respecter » le résultat du vote. « Nous devrions faire tous des efforts pour l’aider. »
Forte abstention au premier tour
Après un premier tour marqué par une forte abstention, quelque 61 millions d’Iraniens étaient appelés aux urnes ce vendredi 5 juillet, dans les 58’638 bureaux de vote du pays.
Arrivé en tête au premier tour avec 42,4% des voix, Massoud Pezeshkian plaide pour un Iran plus ouvert à l’Occident. Saïd Jalili, qui a obtenu 38,6% des votes, est lui connu pour ses positions inflexibles face aux puissances occidentales.
L’élection devrait avoir des répercussions limitées, le président n’ayant que des pouvoirs restreints: il est chargé d’appliquer, à la tête du gouvernement, les grandes lignes politiques fixées par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, qui est le chef de l’Etat.
Massoud Pezeshkian appelle à régler la question du port obligatoire du voile pour les femmes, l’une des causes du vaste mouvement de contestation ayant secoué le pays fin 2022 après le décès de Mahsa Amini, arrêtée pour non-respect du code vestimentaire strict.
Relations avec les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe
Celui qui est appelé le « docteur » par beaucoup d’Iraniens est en faveur de « relations constructives » avec les Etats-Unis d’Amérique, ennemi de la République islamique d’Iran, et les pays européens, afin de sortir le pays de son « isolement ».
Le scrutin est suivi avec attention à l’étranger alors que l’Iran, poids lourd du Moyen-Orient, est au cœur de plusieurs crises géopolitiques, de la guerre à Gaza au dossier nucléaire, dans lesquelles il s’oppose aux pays occidentaux, notamment les Etats-Unis d’Amérique, son ennemi juré.
Des soutiens de poids
Massoud Pezeshkian, 69 ans, a reçu le soutien d’anciens présidents, le réformiste Mohammad Khatami et le modéré Hassan Rohani.
Son rival, 58 ans, a notamment l’appui de Mohammad-Bagher Ghalibaf, le président conservateur du Parlement, sorti troisième avec 13,8% des voix au premier tour de cette élection présidentielle.
L’élection, organisée à la hâte après le décès du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère le 19 mai passé, se tient dans un contexte de mécontentement populaire face notamment à l’état de l’économie frappée par des sanctions internationales.
Didier Maréchal
Une réflexion sur « Iran: le réformateur Massoud Pezeshkian vainqueur de l’élection présidentielle »