Burkina Faso : l’attaque de Barsalogho, qui a fait plus de 200 morts et 300 blessés, revendiquée par les djihadistes du JNIM

Le week-end dernier, une attaque menée par des djihadistes liés à Al-Qaïda a tué près de 200 villageois et soldats dans le Centre du Burkina Faso, selon des vidéos analysées par un spécialiste régional. Celui-ci a qualifié l’assaut de l’un des plus meurtriers de l’année dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Les villageois de Barsalogho, située à 80 kilomètres de la capitale du Burkina Faso, aidaient les forces de sécurité à creuser des tranchées pour protéger les avant-postes et les villages lorsqu’ils ont été attaqués par des combattants du groupe « JNIM », affilié à Al-Qaïda, qui ont ouvert le feu sur eux, selon Wassim Nasr, spécialiste du Sahel et chercheur principal au « Soufan Center ».

Pour souligner la gravité de l’incident, une délégation officielle, incluant plusieurs ministres et le chef d’état-major des armées, a visité l’hôpital de Kaya, dimanche 25 août, pour apporter son soutien. Cette visite a également été l’occasion pour les autorités de transition burkinabè de condamner l’attaque, sans préciser de bilan officiel.

Le porte-parole du gouvernement de transition, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a principalement appelé à l’unité. Il a demandé aux Burkinabè de rester « soudés et unis » autour des forces de sécurité pour contrer les « desseins funestes » des « hordes terroristes ». Le ministre a également assuré que les victimes recevraient une « prise en charge adéquate ». L’hôpital de Kaya a mobilisé en urgence l’ensemble de son personnel pour gérer l’afflux massif de blessés.

Bien que les autorités de transition burkinabè n’aient pas fourni de bilan officiel, plusieurs sources sécuritaires et civiles rapportent que l’attaque de Barsalogho aurait fait plus de 300 blessés et plus de 200 morts, comprenant des militaires, des VDP (Volontaires pour la défense de la patrie), des supplétifs recrutés parmi les populations locales, ainsi que de nombreux civils, y compris des femmes et des enfants.

L’attaque a été revendiquée par le « Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans » (Jnim), lié à al-Qaïda, qui a diffusé une vidéo montrant des dizaines de corps dans des tranchées. Selon des témoignages locaux, les jihadistes ont attaqué samedi matin, au moment où les militaires burkinabè creusaient ces tranchées pour protéger la ville. Certains témoignages suggèrent également que les habitants ont été impliqués.

Pendant l’attaque, qui a duré jusqu’à environ 16 heures, les jihadistes ont tiré sans faire de distinction. Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, porte-parole du gouvernement burkinabè de transition, a condamné cette attaque comme étant « barbare et lâche » et a promis une «riposte».

Joseph Kouamé

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