La République tchèque propose l’utilisation de ses gazoducs pour compenser l’arrêt des importations de gaz russe via l’Ukraine

La capacité des gazoducs, en République tchèque, est suffisante pour fournir les autres pays européens en cas de suspension des livraisons de gaz russe via l’Ukraine, a déclaré le ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce, Jozef Síkela, dans une lettre adressée à Kadri Simson, commissaire européenne à l’Énergie. (Source : Euractiv)

Les autorités de Kiev ont annoncé qu’elles ne prolongeraient pas leur contrat avec « Gazprom » au-delà du 31 décembre 2024, un contrat qui permet la livraison de gaz russe aux Européens via l’Ukraine. Face à cette perspective, Jozef Síkela, ministre tchèque de l’Industrie et du Commerce (« Maires et Indépendants, » Parti populaire européen), appelle l’Europe à se préparer à de potentielles interruptions dans l’approvisionnement en gaz. « Nous sommes parvenus à réduire considérablement les importations par l’Union Européenne (UE) de matières premières énergétiques russes, mais nous devons poursuivre cet effort », a-t-il déclaré, ce jeudi 5 septembre.

Les États membres de l’UE devraient compenser l’arrêt des livraisons russes par des approvisionnements provenant de sources alternatives, a ajouté le ministre. Jozef Síkela plaide pour l’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) venu des pays d’Europe de l’Ouest (gaz qui, par exemple, en France, est toujours interdit officiellement, au nom de l’environnement, bien que la France soit devenu le plus gros consommateur de GNL depuis le début de la guerre entre la Russie et l’Ukraine).

« La capacité des gazoducs traversant le territoire tchèque peut aussi être utile », a souligné le ministre. Selon lui, la récente décision du gouvernement allemand d’abolir la surtaxe spéciale pour le transit du gaz via l’Allemagne devrait également contribuer à limiter de manière significative les éventuelles perturbations.

En effet, la décision des autorités allemandes devrait rendre le transport du gaz à travers l’Allemagne plus abordable, augmentera le commerce du gaz non russe en Europe centrale et orientale et contribuera, in fine, à la sécurité énergétique de la région.

Pour Jozef Síkela, l’expiration du contrat de transit gazier entre la Russie et l’Ukraine devrait affecter principalement les pays situés à l’Est du continent. Selon les estimations, il devrait être nécessaire de remplacer 40 à 42 millions de mètres cubes de gaz naturel russe par jour.

En attendant, certains craignent que les combats dans la région russe de Koursk, point de transit des exportations de gaz russe vers l’Europe via l’Ukraine, ne perturbent les livraisons.

Jozef Síkela a été proposé par Prague pour rejoindre le Collège des commissaires que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’attèle en ce moment à former. Il viserait le portefeuille de l’énergie.

Didier Maréchal

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