L’actrice française Geneviève Grad, particulièrement célèbre pour avoir incarné le fille de Louis de Funès dans la saga des « Gendarmes » est décédée ce 8 novembre, des suites d’un cancer.
Dans le présent article, un retour sur les grands moments de sa carrière et de la vie privée de celle qui donna un fils à Igor Bogdanoff.
Geneviève Grad, née le 5 juillet 1944 à Paris et disparue le 8 novembre 2024 à La Chaussée-Saint-Victor, aura marqué les écrans français comme la scène culturelle, tant par ses rôles mémorables, son joli minois et sa contribution au monde de l’Art. Actrice et chanteuse, sa carrière débutée en 1959 s’étendit principalement jusqu’au début des années 1980, où elle mit fin à sa présence médiatique pour s’orienter vers d’autres horizons.
Les premières années : Un début prometteur
Fille d’un typographe alsacien travaillant pour le quotidien « France-Soir », Geneviève Grad rêve d’abord de danse classique, intégrant même l’Opéra de Paris en tant que « petit rat ». Toutefois, sa trajectoire prend un tournant décisif à 15 ans lorsqu’elle est repérée par des producteurs de cinéma lors d’un casting pour le film italien « Les Adolescentes » d’Alberto Lattuada. Bien qu’elle ne soit pas retenue pour ce projet, elle attire l’attention de Michel Boisrond, qui lui confie son premier rôle notable dans « Un soir sur la plage » (1961), où elle incarne la fille de Martine Carol. Sa carrière au cinéma démarre, et elle décroche rapidement des rôles dans des films d’aventures.
L’Éclat de la notoriété : Les années « gendarmes »
La notoriété de Geneviève Grad s’affirme en France lorsqu’elle rejoint le casting de « Le Gendarme de Saint-Tropez » (1964) de Jean Girault. Elle y incarne Nicole Cruchot, la fille du maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, interprété par l’incontournable Louis de Funès. Ce rôle, qu’elle reprendra dans « Le Gendarme à New York » (1965) et « Le Gendarme se marie » (1968), lui vaut une immense popularité. Le public apprécie son charme espiègle et sa fraîcheur, qui contrastent avec l’autorité exagérée de son « père » à l’écran. Elle devient aussi interprète des chansons emblématiques comme « Douliou-douliou Saint-Tropez » et « Les garçons sont gentils ».
Cependant, le succès n’est pas sans contrepartie : épuisée par le tournage du troisième opus des « Gendarmes », elle décide de ralentir et, peu à peu, de s’éloigner de l’univers du cinéma. Si elle continue à jouer dans quelques films et téléfilms, tels que « OSS 117 prend des vacances » (1970) et « Le Palais des anges » (1970), elle démarre un virage professionnel dès les années 1970.
Un second acte : De la télévision à « l’antiquariat »
Dans les années 1970, Geneviève Grad commence à explorer de nouvelles opportunités et rejoint la première chaîne télévisée française « TF1 » en tant qu’assistante de production, travaillant notamment sur des programmes comme « Temps X » des frères Bogdanoff. Elle reste dans ce milieu pendant près de neuf ans, acquérant des compétences variées dans le domaine de la production audiovisuelle. À la suite de cette expérience, elle devient antiquaire, un métier qu’elle exercera avec passion dans le Loir-et-Cher. Son attrait pour les objets anciens l’amène à ouvrir sa propre boutique à Vendôme, où elle se lie d’amitié avec Annie Chaplin, fille de Charlie Chaplin (Charlot), avec qui elle collaborera pour organiser divers événements culturels.
Parallèlement, Geneviève devient une figure active de la vie culturelle de la région. Engagée pour la ville de Vendôme, elle contribue au développement de nombreuses initiatives locales et manifestations culturelles. Elle trouve dans cette carrière un équilibre, loin de la pression médiatique qui avait accompagné ses années d’actrice.
Vie privée et relations
Côté vie personnelle, Geneviève Grad mène une existence discrète mais marquée par quelques relations médiatisées. En 1964, elle aurait eu une liaison avec le réalisateur Marc Simenon, rencontré lors du tournage de « Le Gendarme de Saint-Tropez ». Puis, dans les années 1970, elle vit une relation amoureuse avec Igor Bogdanoff, qu’elle rencontre lors d’un séjour dans le Gers, où celui-ci réside dans le château familial de Saint-Lary. Ils ont un fils, Dimitri, né en 1976. Leur relation ne dure pas, et Grad poursuit sa vie personnelle en épousant l’architecte Jean Guillaume au printemps 1993, après onze ans de vie commune.
Une fin de vie à l’écart du cinéma
Geneviève Grad continue de recevoir des lettres et des demandes de dédicaces, rappelant l’attachement persistant de son public. Bien qu’elle n’apparaisse plus à l’écran après le film « Ça va pas être triste » (1983) de Pierre Sisser, elle reste une figure attachante du cinéma français, souvent associée aux débuts de la comédie à succès des « Gendarmes » et à l’époque des films d’aventures franco-italiens des années 1960.
Elle s’éteint dans la nuit du 7 au 8 novembre 2024 des suites d’un cancer, à la Polyclinique de Blois. Sa carrière aura été jalonnée de rôles marquants et de transitions audacieuses, du cinéma à la télévision, jusqu’à devenir une actrice qui, bien que retirée de la scène, laisse une empreinte durable dans le cinéma populaire français des années 1960 et 1970.
Clara Höser