Alors que les occidentaux naïfs applaudissent la prise de pouvoir par les islamistes affiliés à Al-Qaïda, l’Arménie, elle, a commencé l’organisation du rapatriement des syriens d’origine arménienne, depuis la prise d’Alep, le 30 novembre dernier. Ce sont entre 10 000 et 12 000 Arméniens de Syrie qui se trouvent encore à Alep, selon un responsable arménien chargé des affaires de la diaspora.
Hovhannes Alexanyan, chef du département d’intégration des rapatriés au Bureau du Haut-Commissaire aux affaires de la diaspora, a annoncé, lors d’un événement consacré à la situation à Alep, que le premier groupe de ces réfugiés devrait arriver en Arménie le 14 décembre prochain.
Alexanyan a précisé qu’une évacuation ne serait envisageable que si les conditions le permettent. Il a également mentionné que certaines familles syro-arméniennes avaient réussi à fuir Alep dès sa prise par les forces antigouvernementales islamistes, trouvant refuge à Damas qui, depuis ce dimanche 8 décembre, est tombée, elle aussi, entre les mains du mouvement islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et où les syro-arméniens sont appelés à rester enfermés chez eux pour leur sécurité, Lattaquié et Kessab. Le Bureau du Haut-Commissaire aux affaires de la diaspora reste en contact avec ces familles. « D’après nos données, il y a environ 10 à 12 000 Arméniens [syro-américains] à Alep », a déclaré Alexanyan.
Les familles les plus vulnérables bénéficient du soutien de plusieurs organisations caritatives. Le Catholicossat de la Grande Maison de Cilicie a notamment alloué des fonds pour les opérations de secours via son diocèse. Alexanyan a affirmé que les autorités arméniennes surveillent attentivement l’évolution de la situation et sont prêtes à intervenir pour apporter leur aide à tout moment.
« Il est actuellement impossible d’organiser l’évacuation ou de fournir de l’aide. Si l’occasion se présente, on pourrait l’envisager, mais ce n’est pas possible pour le moment. L’aéroport et la zone industrielle d’Alep sont désormais sous le contrôle des groupes islamistes. Il n’y a aucune garantie d’évacuation en toute sécurité d’un grand nombre de personnes », a déclaré Alexanyan.
Le premier groupe de Syriens-Arméniens qui ont pu fuir la zone dangereuse devait arriver en Arménie via un vol Damas-Erevan le 14 décembre prochain, avait indiqué Alexanyan au tout début décembre, mais cela semble, à présent, très compromis du fait que les djihadistes, branche syrienne d’Al-Qaïda, dirige également la capitale et la majeure partie du pays.
« Nous sommes prêts à accueillir nos compatriotes à toute heure et à régler leurs problèmes. Le programme de soins de santé gratuits pour les Syriens d’origine arménienne, mis en place il y a des années, est toujours en vigueur et nous sommes prêts à examiner les besoins de nos compatriotes dans le cadre de ce programme. Nous appelons également nos organisations partenaires à mettre en œuvre des programmes communs », a déclaré le responsable.
Dans le même temps, l’expert en droits de l’homme Sergey Ghazinyan du Centre d’études européennes de l’Université d’Etat d’Erevan a déclaré que les Syriens-Arméniens qui n’ont pas la citoyenneté arménienne doivent demander le statut de réfugié immédiatement après avoir traversé la frontière vers l’Arménie.
Joseph Kouamé