La Roumanie et la Bulgarie intégreront pleinement l’espace Schengen à partir du 1er janvier 2025, marquant l’aboutissement d’un processus entamé en 2011, lorsque la Commission européenne avait jugé les deux pays prêts à rejoindre cette zone de libre circulation.
Le parcours de longue haleine de la Roumanie et de la Bulgarie pour intégrer pleinement l’espace Schengen a pris fin ce jeudi 12 décembre 2024 au matin, lorsque les ministres de l’Intérieur de l’Union Européenne ont donné leur aval final à cette candidature largement contestée. Cette décision majeure a été rendue possible après que l’Autriche a levé son veto de longue date le mois dernier lors d’une réunion à Budapest.
« Une grande victoire pour la Bulgarie, la Roumanie et toute l’Europe », a déclaré la présidence hongroise du Conseil de l’UE, qui avait fait de l’achèvement de Schengen une priorité essentielle.
Les deux pays de l’Est rejoindront pleinement l’espace de libre circulation à partir du 1er janvier 2025, mettant ainsi un terme à un processus commencé en 2011, lorsque la Commission européenne a pour la première fois soutenu leur adhésion. À cette époque, de nombreux pays, dont l’Allemagne et la France, s’étaient opposés à cette candidature commune. Avec le temps, l’opposition politique s’est atténuée, laissant les Pays-Bas et, finalement, l’Autriche comme derniers obstacles sur cette longue route.
Cependant, l’adhésion est accompagnée d’une réserve importante : des contrôles aux frontières terrestres entre la Hongrie et la Roumanie, ainsi qu’entre la Roumanie et la Bulgarie, seront introduits pendant “au moins” six mois pour “prévenir toute menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure”. Cette mesure vise à répondre aux préoccupations de l’Autriche concernant l’immigration clandestine, un argument qu’elle avait souvent utilisé pour bloquer la candidature.
Ainsi, la libre circulation totale aux frontières roumaines et bulgares ne sera pas immédiate, et les citoyens risquent toujours de faire face à des files d’attente et des retards lors de leurs déplacements. Le recours aux contrôles frontaliers pour limiter les flux migratoires se répand de plus en plus dans l’Union Européenne, avec des mesures similaires mises en place récemment par l’Allemagne, la France et les Pays-Bas, bien que l’efficacité de ces mesures soit encore débattue.
L’espace Schengen, l’une des réalisations les plus marquantes de l’intégration européenne, comprend actuellement 29 pays et plus de 450 millions de personnes.
Joseph Kouamé