Entre 2010 et 2013, des soldats britanniques auraient commis des assassinats illégaux lors de leur déploiement en Afghanistan, selon une enquête en cours. Ces exactions, visant notamment des mineurs et des civils sans lien avec les talibans, suscitent de graves interrogations sur les agissements des forces spéciales et la réaction de l’état-major.
Dès 2010, des soldats britanniques déployés en Afghanistan alertent leur hiérarchie sur des comportements troublants. Selon leurs témoignages, réitérés devant le juge en charge de l’enquête, les forces spéciales auraient tué pour tuer. Parmi les victimes : des mineurs âgés de 16 ans ou moins, des individus non armés, ou encore des civils sans lien avec les talibans, pourtant cible officielle des opérations militaires.
Plus grave encore, certains meurtres auraient été maquillés pour apparaître comme des actes de légitime défense. En privé, dans les casernes, des militaires se seraient vantés d’avoir « mis en kit » des Afghans ou tenté de battre des records de personnes tuées.
Ces révélations font écho à une enquête de la BBC menée depuis plusieurs années, qui documente les exactions des forces spéciales britanniques à l’étranger.
L’enquête judiciaire, dont les audiences se tiennent à huis clos pour protéger les témoins, doit déterminer si l’armée a légitimement tué 80 Afghans et si l’état-major a pris des mesures adaptées après avoir été informé de ces actes. Les forces spéciales britanniques font également face à des accusations similaires concernant leurs opérations en Libye et en Syrie.
Clara Höser