Israël aurait demandé un délai supplémentaire de 30 jours aux États-Unis d’Amérique pour se retirer du Sud-Liban, quelques jours seulement avant l’échéance fixée à 60 jours dans l’accord de cessez-le-feu négocié avec le mouvement terroriste Hezbollah.
Israël demande, aux Etats-Unis d’Amérique, un délai supplémentaire de 30 jours pour se retirer complètement du Liban. Cette requête suscite une vive opposition du groupe terroriste islamiste chiite Hezbollah, soutenu par l’Iran, qui dénonce une atteinte à la souveraineté libanaise, tandis que la communauté internationale multiplie les appels à respecter les termes de l’accord.
Un cessez-le-feu fragile et des tensions persistantes
L’accord de cessez-le-feu, négocié par les États-Unis d’Amérique et la France, prévoit le retrait complet des troupes israéliennes, le désarmement du mouvement terroriste Hezbollah dans la zone frontalière et le déploiement des forces armées libanaises dans le Sud-Liban. Ce texte avait pour objectif de mettre fin à plus d’un an de conflit, marqué par l’intrusion terrestre du Liban par Israël, qui a causé la mort de plus de 4 000 civils et déplacé 1,2 million de Libanais selon le ministère de la Santé libanais, tandis que les tirs de milliers de missiles du Hezbollah depuis le massacre du 7 octobre 2023, en soutien au mouvement terroriste palestinien Hamas, sur la région israélienne frontalière du Liban ont été les premiers à provoquer des déplacements de population dont plus de 200 000 israéliens, avec un total de 127 mors dans cette population.
Cependant, Israël justifie sa demande de prolongation en affirmant que l’armée libanaise a progressé trop lentement dans son déploiement et que des caches d’armes du Hezbollah continuent d’être découvertes dans la région. De son côté, le Hezbollah rejette catégoriquement tout report et appelle à une pression accrue pour garantir le respect des termes de l’accord avant la date prévue.
Dans un communiqué, le Hezbollah a qualifié cette demande de “provocation” et a dénoncé une tentative israélienne de prolonger son occupation. “Tout retard constitue une atteinte directe à la souveraineté libanaise”, a affirmé le mouvement terroriste libanais qui, lui, n’a jamais respecté cette fameuse souveraineté libanaise, imposant sa loi sur le pays en 1982, soutenu à tous les niveaux par l’Iran qui a, de fait, toujours fait acte d’ingérence au Liban par l’intermédiaire du Hezbollah.
Soutien international et espoir pour le Liban
Face à cette situation, le soutien international au Liban s’est intensifié. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a récemment visité le pays et a rencontré des responsables libanais pour discuter des efforts de soutien aux personnes déplacées. “Le Liban entre dans une nouvelle phase d’espoir et d’optimisme”, a-t-il déclaré, tout en soulignant l’urgence d’assurer une aide humanitaire durable.
Parallèlement, l’Arabie Saoudite a amorcé un rapprochement historique avec le Liban. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal bin Farhan, a effectué sa première visite officielle dans le pays en une décennie. Lors de ses rencontres avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, il a réaffirmé le soutien du royaume au cessez-le-feu et au retrait complet des forces israéliennes. “Nous avons une grande confiance dans la capacité des nouveaux dirigeants à rétablir la stabilité et l’unité du Liban”, a déclaré le prince Faisal.
Ce rapprochement intervient après des années de tensions liées à l’influence croissante du Hezbollah, soutenu par l’Iran, dans les affaires libanaises. La nomination de Joseph Aoun, un militaire respecté, et de Nawaf Salam, ancien juge international, est perçue comme un revers stratégique pour le Hezbollah.
Une région en quête de stabilité
Cependant, le retrait israélien, s’il se concrétise, ne suffira pas à résoudre tous les problèmes du Sud-Liban. La région reste marquée par des divisions profondes, la présence d’armes non conventionnelles et une situation humanitaire préoccupante.
De plus, les ambitions économiques et géopolitiques de l’Arabie Saoudite et des États-Unis d’Amérique, évoquées lors du Forum économique mondial de Davos, montrent que le Liban reste un terrain stratégique dans les rivalités régionales. L’Arabie Saoudite a annoncé vouloir investir massivement aux États-Unis d’Amérique tout en réaffirmant qu’une normalisation avec Israël ne serait possible que dans le cadre d’une solution à deux États.
Pour le Liban, le retrait israélien et la mise en œuvre des termes de l’accord de cessez-le-feu représentent une opportunité de tourner la page d’un conflit dévastateur. Mais sans une coopération internationale accrue et des réformes internes ambitieuses, la paix et la stabilité dans cette région resteront un défi de taille.
Didier Maréchal