Voici notre point de ce 10 février 2025 sur la situation de la guerre qui fait rage en République Démocratique du Congo.
Kibomango, une figure d’espoir, victime du conflit à Goma
Le 27 janvier 2025, lors de l’entrée des rebelles du M23 dans Goma, capitale du Nord-Kivu, près de 3 000 personnes ont perdu la vie. Parmi elles, Balezi Jean de Dieu, plus connu sous le nom de Kibomango, ancien champion de boxe de la RDC et figure emblématique de la ville. Ex-enfant soldat devenu athlète, il avait dédié sa vie à offrir une alternative aux enfants de Goma, en créant le Club de l’Amitié, où il enseignait la boxe comme un refuge face à la pauvreté et aux groupes armés.
Selon son frère, Mashara Espoir, Kibomango a été tué par une balle perdue lors d’intenses affrontements dans la ville. « Il représentait un espoir pour les enfants. Il a vécu les horreurs de la guerre, mais il a choisi de se battre pour un avenir meilleur », a-t-il déclaré. En hommage, les jeunes boxeurs de son club promettent de poursuivre son combat pour les générations futures.
Des exactions à Bukavu : des militaires accusés
Pendant ce temps, au Sud-Kivu, la violence s’est également intensifiée. Des attaques perpétrées les 7 et 8 février dans les villages de Kabare et à Bukavu ont fait au moins sept morts (neuf selon la société civile). Les habitants dénoncent des pillages et des exactions commis par certains militaires des FARDC et des combattants Wazalendo, revenus des lignes de front. Une marche spontanée a rassemblé des habitants indignés à Bukavu pour réclamer des sanctions et le départ des militaires incriminés.
Le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, a annoncé l’ouverture d’une enquête pour identifier les responsables : « Nous organiserons des audiences sur les lieux des incidents pour garantir une justice rapide et transparente. » En attendant, la situation reste tendue, avec des pillages et des tirs signalés dans la ville.
La diaspora congolaise manifeste en Afrique du Sud
La diaspora congolaise en Afrique du Sud, également touchée par ces tragédies, s’est mobilisée le 8 février devant les bureaux de l’Union européenne à Pretoria. Drapés dans les couleurs de la RDC, plusieurs centaines de manifestants ont dénoncé l’inaction internationale face à la crise.
« Nous demandons à l’Union européenne de cesser tout soutien au Rwanda, car ce pays déstabilise notre patrie », a déclaré Serge Lwambwa, l’un des organisateurs. Entre les critiques contre Paul Kagame et la communauté internationale, des bannières ont également rendu hommage aux soldats sud-africains engagés en RDC.
Freddy Twendela, un manifestant, a exprimé sa gratitude envers l’Afrique du Sud : « Merci aux soldats qui soutiennent notre cause. Nous espérons que leur engagement militaire contre le M23 sera renforcé. »
Un sommet régional appelle à un cessez-le-feu immédiat
Face à l’escalade des violences, les dirigeants africains réunis à Dar es-Salaam ont appelé à un cessez-le-feu « immédiat et inconditionnel ». Le sommet a réuni les chefs des pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), qui ont exprimé leur soutien à la RDC tout en exigeant des négociations directes entre Kinshasa et le M23.
Cependant, Kinshasa déplore l’absence de condamnation explicite du Rwanda, accusé de soutenir les rebelles. La situation reste fragile, et les habitants de Bukavu, menacés par l’avancée des forces du M23, fuient massivement.
Alors que la communauté internationale reste divisée, l’urgence humanitaire s’aggrave, avec des milliers de morts, de déplacés et de violations des droits de l’homme. Les habitants, les forces locales et les membres de la diaspora espèrent un changement rapide pour mettre fin au chaos.
Joseph Kouamé