Des milliers de personnes se sont réunies dans le centre de Bucarest, ce samedi 1er mars, pour apporter leur soutien au candidat de droite nationaliste Calin Georgescu, arrivé en tête lors du scrutin de l’élection présidentielle annulé de décembre dernier. (Source. : AFP)
L’inculpation de Calin Georgescu, large vainqueur du premier tour de l’élection présidentielle roumaine qui a été annulée pour l’empêcher d’être élu président, au titre notamment de « fausses déclarations » a ravivé la colère de ses partisans, qui estiment que leur victoire électorale a été volée.
« Pour moi, M. Georgescu, c’est le changement », a déclaré à l’AFP Elena Aurelia Ponomarenco, retraitée de 77 ans, au sujet du candidat soupçonné de fausses déclarations sur le financement de sa campagne. « Certains disent qu’il est corrompu, qu’il est prorusse, mais je suis sûre qu’il ferait bien les choses » s’il était au pouvoir, estime-t-elle, disant son rejet du chef social-démocrate du gouvernement, Marcel Ciolacu.
Les manifestants venus de tout le pays se sont rassemblés dans le centre de Bucarest.
« Rendez-nous le deuxième tour »
Portant de larges drapeaux aux couleurs nationales et scandant « À bas le gouvernement ! Roumanie, réveille toi ! », ils considèrent qu’on leur a volé l’élection après l’annulation, en décembre dernier, du premier tour, où Calin Georgescu était arrivé nettement en tête au point d’être déjà quasiment assuré de remporter l’élection au second tour.
« C’est l’Union européenne qui nous a détruits, pas les Russes », dit Florin Anton, 55 ans, son chapeau gris orné d’un pin’s « Rendez-nous le deuxième tour », à propos de la pauvreté dans le pays.
Nechifor Ciprian, 18 ans, estime quant à lui que la Roumanie « ressemble aujourd’hui à une dictature ».
Mercredi 26 février, Calin Georgescu, 62 ans, a été inculpé au titre de fausses déclarations et pour de multiples chefs, provoquant l’indignation de ses soutiens.
Perquisitions et arrestations
Des perquisitions ont aussi été menées, plusieurs personnes ont été arrêtées ou assignées à résidence.
Vendredi dernier, la police a émis un mandat d’arrêt à l’encontre d’un ancien mercenaire franco-roumain, Horatiu Potra, soupçonné de troubles à l’ordre public et de violation de la loi sur les armes. Il avait déjà été interpellé après l’annulation de la présidentielle alors qu’il se rendait à Bucarest muni d’armes qui auraient pu servir à mener des tentatives de déstabilisation. Selon les médias roumains, cet ex-légionnaire avait assuré la sécurité de Calin Georgescu.
Jusqu’alors peu connu, le candidat de la droite nationaliste (raccourci par le système au pouvoir d’ « extrême droite ») avait créé la surprise au premier tour à l’élection présidentielle du 24 novembre 2024. Fait rare dans l’Union Européenne, la Cour constitutionnelle avait annulé ce scrutin à la suite d’allégations d’ingérence russe. Calin Georgescu est soupçonné d’avoir bénéficié d’une campagne de soutien illicite sur la plateforme TikTok (ce qui ne pose jamais de problème lorsqu’il s’agit de candidats favorisés par l’ingérence états-unienne ou de pays atlantistes – ndlr).
Didier Maréchal & Christian Estevez