Birmanie/Myanmar : un homme sauvé vivant après cinq jours sous les décombres du séisme – bilan révisé à plus de 3000 morts

Un homme a été secouru vivant après avoir passé cinq jours sous les décombres à la suite du puissant tremblement de terre qui a frappé la Birmanie vendredi dernier. Libéré dans la nuit de mardi à mercredi (2 avril), cet homme, âgé d’une vingtaine d’années, a été sauvé dans un hôtel en ruines à Naypyidaw, la capitale, par une équipe de secouristes birmans et turcs. Bien que les chances de retrouver des survivants diminuent avec le temps, des miracles continuent de se produire, comme le sauvetage d’une femme âgée de 60 ans après 91 heures sous les débris.

Un bilan en constante évolution

Le tremblement de terre, d’une magnitude de 7,7, a dévasté le pays et causé la destruction de dizaines de milliers de bâtiments, notamment à Naypyidaw et dans les régions environnantes. Le bilan officiel, annoncé par l’armée, fait état de 3 085 morts, mais il pourrait encore augmenter considérablement à mesure que les secours atteignent des zones difficiles d’accès. Les autorités précisent également que plus de 4 700 personnes ont été blessées, et 341 sont portées disparues. Le nombre réel de victimes pourrait être bien plus élevé, selon les médias locaux.

Les dégâts sont également énormes en matière d’infrastructures, avec des routes détruites et des ponts effondrés, tandis que des hôpitaux et des centres de santé ont été endommagés, rendant l’accès aux soins très difficile. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que la situation sanitaire était critique, avec un risque accru de maladies infectieuses, dont le choléra.

Un défi humanitaire majeur

Le tremblement de terre a aggravé une crise humanitaire déjà bien présente en Birmanie, où plus de 3 millions de personnes étaient déplacées avant la catastrophe, et près de 20 millions étaient dans le besoin, selon les Nations unies. L’armée birmane a annoncé un cessez-le-feu temporaire pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire. Cependant, la situation est complexe, car les combats entre les forces de la junte et les groupes de résistance continuent dans certaines régions du pays.

Environ 1 550 secouristes internationaux sont intervenus pour prêter main-forte aux équipes locales, et 17 pays ont envoyé des équipements de secours. Cependant, les conditions restent difficiles en raison des destructions massives.

Des pertes humaines importantes et des actes de solidarité

Parmi les victimes, plusieurs ressortissants étrangers ont trouvé la mort. Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé le décès de deux Français, tandis que trois Chinois ont également été tués. Le journal local a également rapporté la mort de près de 500 musulmans dans des mosquées frappées durant la prière du vendredi. Un crématorium à la périphérie de Mandalay a déjà reçu des centaines de corps, et beaucoup d’autres sont attendus.

Une période de deuil national a été décrétée jusqu’au 6 avril. Mardi, une minute de silence a été observée à 12h51, heure locale, marquant le moment exact où la secousse a frappé le pays.

Le rôle du chef de la junte et les perspectives politiques

En parallèle, le chef de la junte, Min Aung Hlaing, a quitté le Myanmar jeudi pour participer à un sommet régional à Bangkok, marquant une rare sortie du pays depuis sa prise de pouvoir en 2021. Sa participation à ce sommet du BIMSTEC, qui réunit des pays d’Asie du Sud, est un événement notable alors que la junte continue de faire face à l’isolement international et à des sanctions.

Le tremblement de terre a donc non seulement provoqué des destructions massives et des pertes humaines tragiques, mais il a aussi exacerbé les défis politiques et humanitaires en Birmanie, déjà marquée par une guerre civile en cours.

Joseph Kouamé

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