Namibie : un ministre suspecté de «viols» démis de ses fonctions

Accusé de viols, d’enlèvement et d’avortement forcé à l’encontre d’une mineure, le ministre Namibien de l’agriculture, Mac-Albert Hengari, a été arrêté et démis de ses fonctions, a annoncé la présidence de la république, dimanche 27 avril.

Mac-Albert Hengari, ministre Namibien de l’agriculture, nommé le mois dernier, a été révoqué de ses fonctions et mis aux arrêts, dimanche 27 Avril, dans le cadre des accusations dont il fait l’objet dans une enquête de «viol sur mineure » dont les faits remontent à 2019, selon un communiqué de la présidence. La présidence a annoncé que « le licenciement prend effet le mercredi 23 avril, date à laquelle Mac-Albert Hengari aurait dû présenter sa démission». Il est licencié de son poste de ministre et de député(le Swapo, parti au pouvoir), car visé par une enquête ouverte en novembre 2024 pour le viol d’une jeune fille de 16 ans à l’époque des faits (2019) et aujourd’hui âgée de 21 ans.

La principale formation d’opposition, les « Patriotes Indépendants pour le changement » (ICP), s’est dite «profondément troublée par l’arrestation du ministre Mac-Albert Hengari, accusé de viol, d’enlèvement et d’avortement forcé», dans un communiqué. Ce d’autant plus que lors de sa nomination, intervenue en mars dernier, par la présidente Netumbo Nandi-Ndaitwah, l’opposition avait déjà émis des «critiques» sur ce choix. Ce « scandale» représente « un échec profond des dirigeants et la vacuité de la rhétorique gouvernementale sur les violences de genre » a souligné l’IPC ( principal parti d’opposition) dont le candidat a été crédité de «25,5%» des voix lors des élections présidentielles de la fin d’année dernière.

L’ex ministre âgé de 59 ans, qui a comparu devant le tribunal ce lundi 28 avril, a nié tout acte répréhensible. Il s’est vu refuser la libération sous caution au motif « qu’il risque de s’enfuir et de chercher à contacter des témoins ». Hangari et ses coaccusés resteront en détention provisoire jusqu’au début du procès, le 3 juin 2025, a indiqué la justice. En plus des accusations de viols et de corruption, l’ancien ministre aurait obligé sa victime à avorter. Il pourrait ainsi être poursuivi pour «avortement forcé», une accusation d’autant plus lourde que l’avortement est illégal en Namibie.

Pour la première fois de son histoire, ce pays de l’Afrique australe est dirigé depuis deux mois par une femme, Netumbo Nandi-Ndaitwah, du parti aupouvoir depuis l’indépendance en 1990, la Swapo.

La police de ce pays largement désertique, comptant seulement trois millions d’habitants, a enregistré 5 356 cas de « violences sexistes », dont 1 378 viols, en 2022, selon des chiffres diffusés par le « ministère de l’Égalité entre les sexes 

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