Islamo-fascisme : « LFI » rejette une résolution pour la libération de Boualem Sansal, pendant que l’Algérie lance deux mandats d’arrêt contre Kamel Daoud

L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 6 mai, une résolution européenne appelant à la libération immédiate de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné en Algérie depuis novembre 2024. Si le texte, symbolique et sans portée contraignante, a été voté par une large majorité (307 voix pour, 28 contre, 4 abstentions), les députés du parti d’extrême-gauche islamo-compatible « La France insoumise » (LFI) ont unanimement voté contre, suscitant une vive et juste indignation.

Un vote controversé des Insoumis

Les 28 députés du groupe de la gauche islamo-fascisme « LFI – Nouveau Front populaire », dont Mathilde Panot, Manuel Bompard, David Guiraud ou encore Gabriel Amard, se sont opposés à la résolution pour la libération de l’écrivain et intellectuel franco-algérien Boualem Sansal, emprisonné depuis 2024 par la dictature algérienne. Lors des débats, le député Éric Coquerel a dénoncé une “instrumentalisation politique” de Boualem Sansal, et affirmé qu’“on n’obtient rien d’Alger sous la menace, le chantage ou la confrontation”.

Des propos qui ont provoqué l’indignation d’une partie de la classe politique. L’ancien Premier ministre Gabriel Attal a fustigé, sur » X », une “position honteuse”, rappelant que “c’est la liberté d’expression qui est emprisonnée”. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a quant à lui estimé que LFI “sombre une fois de plus dans l’indignité et le déshonneur”.

Boualem Sansal, 80 ans, a été condamné à cinq ans de prison pour “atteinte à l’unité nationale” et d’autres chefs liés à des publications jugées subversives par le régime dictatorial ultra-nationaliste algérien. L’affaire a provoqué une vague de soutien en France : des centaines de personnes s’étaient rassemblées fin mars à Paris, aux côtés notamment de Yaël Braun-Pivet, Gérard Larcher et Bruno Retailleau.

L’Algérie poursuit Kamel Daoud

Parallèlement, l’Algérie intensifie sa répression contre les voix dissidentes. L’écrivain Kamel Daoud, lauréat du prix Goncourt 2024 pour son roman « Houris », est désormais visé par deux mandats d’arrêt internationaux. Selon les quotidiens français « Le Figaro » et « Le Point », ces mandats ont été émis par le tribunal d’Oran, en mars puis début mai.

Le livre, interdit en Algérie, raconte le parcours d’une survivante de la “décennie noire” (1992–2002), période de guerre civile durant laquelle le « Front Islamique de Salut (F.I.S.) a mis le pays dans la terreur au nom de l’Islam, par des massacres de masses, de villages entiers, avec tortures etc…, que le pouvoir algérien s’efforce d’effacer du débat public. Kamel Daoud est poursuivi pour “violation de la loi sur la réconciliation nationale” – une loi controversée de 2005 qui interdit de revenir publiquement sur les crimes ou exactions liés à cette période, sous peine de 3 à 5 ans d’emprisonnement.

À cette poursuite s’ajoute une plainte pour “atteinte à la vie privée”, déposée en novembre 2024 par une femme affirmant que Daoud s’est inspiré de son histoire personnelle sans son consentement. L’auteur rejette les accusations, affirmant qu’il s’agit d’une fiction inspirée de son expérience de journaliste dans les années 1990.

Kamel Daoud est attendu ce mercredi 7 mai devant le tribunal de Paris, dans le cadre d’une première audience liée à ces poursuites.

Didier Maréchal & Christian Estevez

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