À Paris, Lula exhorte Macron à conclure l’accord UE-Mercosur

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, reçu jeudi par Emmanuel Macron à Paris, a exhorté son homologue français de conclure l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, auquel Paris et plusieurs autres capitales du continent sont fermement opposées.

Le président brésilien a exhorté son homologue français à « conclure » le traité de libre-échange rejeté en l’état par Paris, assurant que les agriculteurs « seront gagnants ».

Cet accord avec les pays du marché commun d’Amérique du Sud était au cœur de la révolte des agriculteurs à l’automne 2024 et suscite la méfiance des députés : une large majorité l’avait rejeté lors d’un vote non contraignant fin novembre. Pas de quoi démoraliser Lula, qui s’est dit « optimiste » sur une issue positive lors d’une conférence de presse à l’Élysée. « Je vais assumer la présidence du Mercosur […] pendant un mandat de six mois », a-t-il souligné, assurant qu’il n’allait pas « laisser » cette période passer « sans un accord avec l’Union européenne ». S’il le faut, j’irai voir moi même les agriculteurs français, a indiqué Lula. « Cet accord serait la meilleure réponse que nos régions puissent apporter face au contexte incertain créé par le retour de l’unilatéralisme et du protectionnisme tarifaire », a-t-il ajouté

De son côté, Emmanuel Macron a assuré que la France était « pour le commerce libre et efficace » mais que l’accord avec le Mercosur faisait « peser un risque sur l’agriculture ». Monsieur Macron a indiqué vouloir « travailler pour des clauses de sauvegarde ». « On a six mois pour le faire. On doit respecter nos agriculteurs », a-t-il dit.

Pour Lula néanmoins, « il n’est pas difficile de conclure cet accord ». « Même si le Brésil devient un pays viticole, nous facilitons les importations de vins français aussi. On ne veut pas être en concurrence avec vous sur ce sujet. Ni sur le fromage », a souligné le président brésilien.

Pour rappel, l’accord commercial permettrait à l’UE, déjà premier partenaire commercial du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay, Bolivie), d’exporter plus facilement ses voitures, machines et produits pharmaceutiques. De l’autre côté, il permettrait aux pays sud-américains concernés par l’accord (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) d’écouler vers l’Europe de la viande, du sucre, du riz, du miel, du soja… La France continue néanmoins de s’opposer à cet accord « dans sa forme actuelle », contrairement à d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Espagne.

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