France: des militants d’ultradroite jugés pour participation à une association de malfaiteurs terroriste

Seize militants d’un groupe d’ultradroite sont jugés à partir de ce mardi 10 juin devant le tribunal correctionnel de Paris, pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Ils sont accusés d’avoir planifié des attaques contre la communauté musulmane en « tuant 200 imams radicalisés » et en empoisonnant de la nourriture halal, notamment.

Le procès de 16 militants d’un groupe d’ultradroite, « Action des forces opérationnelles » (AFO), soupçonnés d’avoir planifié des actions violentes visant les musulmans de France, s’ouvre mardi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Le groupe avait imaginé une « opération halal » prévoyant de dissimuler les femmes d’AFO sous des niqabs pour empoisonner de la nourriture dans les rayons halal de supermarchés avec du cyanure ou de la mort aux rats. L’objectif final n’était pas de tuer mais d’intoxiquer les acheteurs « pour discréditer la nourriture halal.

Pour marquer les esprits et terroriser les musulmans, AFO imaginait aussi tuer « 200 imams radicalisés » et faire exploser la porte d’une mosquée de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine).

Les 16 personnes, qui comparaîtront libres, sont considérées comme les plus radicales et les plus impliquées. Elles sont soupçonnées d’association de malfaiteurs terroriste et de recherches d’armes, avec des implications diverses. Tous ont rejoint entre 2017 et 2018 le groupe « AFO », une organisation « hiérarchisée et structurée » planifiant des « actions violentes concrètes dans des lieux symboliques » de l’islam, selon l’ordonnance des juges d’instruction.

Ingénieur, comptable à la retraite, infirmière et même diplomate, ces militants d’ultradroite se définissent comme des patriotes qui partagent un attrait pour l’armée. Pour beaucoup, les attentats de 2015 et 2016 ont été l’étincelle, le signe « que la guerre a commencé »« Le premier choc a été janvier 2015 où ils basculent vers l’extrême droite. Ensuite la radicalisation violente s’est faite après le 13 novembre », indique à l’AFP Nicolas Lebourg, historien, spécialiste de l’extrême droite.

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