Les frappes israéliennes sur l’Iran font bondir les prix du pétrole

Après les attaques de Tel Aviv survenues dans la nuit, le prix du brent a crû de plus 6 %. Les marchés attendent maintenant la réaction iranienne. Si Téhéran décidait de bloquer le détroit d’Ormuz, où transite un tiers du pétrole mondial, le baril pourrait exploser et dépasser les 100 dollars.

Alors qu’Israël a massivement frappé l’Iran, qui a riposté ce vendredi 13 juin, le prix du baril de pétrole a augmenté de plus de 10% face au risque d’embrasement dans la région.

Une nouvelle attaque qui fait craindre un embrasement au Moyen-Orient. Ce vendredi 13 juin 2025, Israël a attaqué massivement l’Iran frappant des sites militaires et nucléaires, et tuant le chef des Gardiens de la Révolution, Hossein Salami. L’Iran a répliqué en envoyant une centaine de drones. Ces attaques ont fait flamber le cours du pétrole, qui a augmenté de plus de 10 %. Une réaction du marché par anticipation à un embrasement de la région, qui a des impacts concrets sur les prix des carburants à la pompe.

La forte hausse du prix du pétrole est «alimentée par une augmentation significative de la prime de risque géopolitique», affirme Jorge Leon de Rystad Energy à l’AFP. Il estime que cette prime a bondi d’environ «8 dollars par baril, plus haut que les niveaux d’octobre 2024» quand il y avait eu un échange de frappes entre l’Iran et Israël pour la première fois de l’histoire. Selon l’analyste, «le potentiel d’une nouvelle hausse des prix reste élevé et dépendra fortement de la réponse iranienne».

Pour le marché pétrolier, en cas d’escalade, «le cauchemar absolu serait une fermeture du détroit d’Ormuz», affirme Arne Lohmann Rasmussen de Global Risk Management. Selon lui, «si l’Iran bloque ce passage étroit, cela pourrait affecter jusqu’à 20 % des flux pétroliers mondiaux».

«Il faut supposer que les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran ont maintenant échoué», ajoute-t-il, alors que Téhéran et Washington devaient se retrouver dimanche à Oman pour de nouvelles discussions. Cela pourrait ouvrir la voie à des sanctions plus larges dans le cadre d’une stratégie de pression maximale renouvelée, et considérablement réduire la capacité d’exportation de l’Iran, qui fait partie des dix premiers producteurs d’or noir au monde.

L’or noir peut-il encore grimper?

Oui, si les exportations depuis le Moyen-Orient venaient à être contraintes par la situation affirment plusieurs analystes. Avec une production d’environ 3,3 millions de barils par jour, l’Iran est le neuvième producteur au monde, selon les spécialistes. Il en exporte un peu moins de la moitié (1,5 million) et garde le reste pour lui.

«Si les installations de production et d’exportation de pétrole de l’Iran devaient être ciblées», le prix du Brent pourrait atteindre au moins 80 dollars le baril, assurent les analystes de Capital Economics. «Le cauchemar absolu serait une fermeture du détroit d’Ormuz», selon Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. Car «si l’Iran bloque ce passage étroit, cela pourrait affecter jusqu’à 20% des flux pétroliers mondiaux», soit près de 20 millions de barils par jour. Dans ce cas, «la réaction du marché serait beaucoup plus sévère», confirme M. Leon, qui évoque une hausse «de 20 dollars par baril ou plus».

Quel peut être le rôle des États-Unis d’Amérique ?

Les analystes doutent désormais que les négociations entre Téhéran et Washington puissent se poursuivre, alors que de nouvelles discussions devaient avoir lieu dimanche à Oman.

Faute d’accord, des sanctions américaines plus larges, dans le cadre de la stratégie de «pression maximale» contre Téhéran voulue par Donald Trump, sont probables. En cas de blocage américain sur les exportations iraniennes, l’hypothèse privilégiée serait une baisse «de « seulement » 0,5 à 1 million de barils par jour», explique à l’AFP Bjarne Schieldrop de SEB, car la Chine, principal importateur d’or noir iranien, continuera à en acheter.

Pékin parvient déjà à contourner les sanctions de l’ONU en utilisant «les petites raffineries privées chinoises sans actifs ou activités internationales», moins sujettes aux sanctions, pour importer l’or noir iranien, plutôt que ses raffineries d’État, explique Bjarne Schieldrop de SEB.

À qui profite la hausse?

Une diminution de la production iranienne pourrait permettre à l’Arabie saoudite et d’autres membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+), de produire davantage et d’acquérir de nouvelles parts de marché tout en profitant de prix élevés. Depuis avril, l’OPEP+ ajoute sur le marché d’importants volumes d’or noir qu’elle gardait jusqu’alors sous terre.

Ces hausses, couplées à des perspectives économiques négatives liées aux droits de douane de Donald Trump, avaient fortement fait baisser les cours. Le Brent s’était même brièvement affiché sous les 60 dollars, avant de se stabiliser aux alentours de 65 dollars. À 75 dollars le baril, les pays producteurs de pétrole capables d’augmenter leur production ont donc tout intérêt à le faire.

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