Le procureur général près la Cour de cassation, le juge Jamal Hajjar, a ordonné mercredi l’arrestation de l’ancien ministre de l’Économie Amine Salam, à l’issue d’une audience au cours de laquelle l’accusé a été confronté à des fonctionnaires du ministère, a annoncé une source judiciaire haut placée
Le 11 juin 2025, Amin Salam, ancien ministre de l’Économie du Liban, a été arrêté sur ordre du procureur général près la Cour de cassation, Jamal al-Hajjar, dans le cadre d’une enquête judiciaire. Les accusations portées contre lui incluent corruption, détournement de fonds, extorsion et blanchiment d’argent.
Les accusations contre Amin Salam comprennent plusieurs volets. Il est reproché à l’ancien ministre d’avoir détourné des fonds publics à travers des contrats irréguliers et des dépenses injustifiées, selon le rapport parlementaire. Une plainte déposée en 2023 par la compagnie d’assurances Al-Mashrek, représentée par son directeur général Georges Matossian, allègue que Salam et Fadi Tamim ont tenté d’extorquer 250 000 dollars pour éviter la suspension de la licence de l’entreprise, affectée par la crise économique de 2019. Des soupçons de blanchiment d’argent reposent sur des transactions financières, incluant des dépôts en espèces et un virement vers un compte de Salam aux États-Unis, selon un rapport de la Commission spéciale d’investigation de la Banque du Liban. Enfin, Salam est accusé d’avoir gaspillé des ressources publiques dans un contexte de crise économique.
Le 24 mars 2025, lors d’une conférence de presse, Amin Salam a nié les accusations, les qualifiant de campagne politique. Il a mis en avant son bilan, notamment la relance de la loi sur la concurrence et le contrôle des compagnies d’assurance après l’explosion du port de Beyrouth en 2020, affirmant avoir fait face à des intérêts mafieux.
Sur le plan judiciaire, Salam a été interrogé à deux reprises en mai 2025 et libéré sous condition avec une interdiction de voyager. L’ordre d’arrestation du 11 juin 2025 marque une nouvelle étape dans l’enquête. Par ailleurs, Karim Salam, frère de l’ancien ministre, a été arrêté le 4 avril 2025 par le procureur financier Ali Ibrahim pour des accusations similaires, incluant prévarication et enrichissement illicite. Son inculpation a été confirmée en appel devant la Cour criminelle de Beyrouth. L’enquête, supervisée par le juge Jamal al-Hajjar, a été confiée à la branche de renseignement des Forces de sécurité intérieure pour approfondissement.
M. Salam, en poste entre 2021 et 2025 dans le gouvernement de l’ex-Premier ministre Nagib Mikati, est le premier ancien ministre à être arrêté depuis le début en 2019 de la grave crise économique qui secoue le Liban. Trois autres personnes, dont le frère de l’ex-ministre, Karim Salam, sont poursuivis dans le cadre de cette affaire qui porte sur des centaines de milliers de dollars.