L’armée thaïlandaise bloque la circulation dans six provinces frontalières avec le Cambodge

L’armée thaïlandaise a annoncé, lundi 23 juin, la fermeture de la circulation avec le Cambodge dans six provinces, sauf pour les étudiants et personnes ayant besoin d’un traitement médical.

L’armée thaïlandaise a annoncé, lundi 23 juin, la fermeture de la circulation avec le Cambodge à tous les véhicules et piétons dans six provinces frontalières avec le Cambodge. Sont autorisés les déplacements pour les traitements médicaux et ceux des étudiants, y compris pour se procurer des produits essentiels, a déclaré le général major, Winthai Suvaree.

Les restrictions, annoncées alors que la Thaïlande et le Cambodge s’opposent de nouveau sur le tracé de leur frontière après la mort d’un soldat khmer fin mai, s’appliquent aux habitants comme aux touristes, signifiant que le point de passage très fréquenté d’Aranyaprathet Poipet ne peut plus être emprunté. Les postes-frontières des provinces de Surin, Buriram, Sri Sa Ket, Sa Kaeo, Chanthaburi et Trat sont fermés avec effet immédiat sauf pour les déplacements essentiels.

Seuls sont encore autorisés les déplacements pour les traitements médicaux et ceux des étudiants, a précisé le général thaïlandais Winthai Suvaree.

Interdiction des films et séries thaïlandais au Cambodge

La veille, le Premier ministre cambodgien Hun Manet avait lui ordonné la cessation des importations de carburant et de gaz en provenance de Thaïlande. Le Cambodge a également mis fin aux importations de fruits et de légumes en provenance de Thaïlande, interdit les séries télévisées et les films thaïlandais dans les cinémas et à la télévision, et coupé la bande passante internet en provenance de Thaïlande.

La Thaïlande était son troisième partenaire commercial en 2022, selon la Banque mondiale, avec des importations atteignant 3,8 milliards de dollars, dont 27 % de carburants.

Hun Manet a visité, lundi 23 juin, des forces militaires à la frontière ainsi qu’un centre d’évacuation abritant quelque 3 850 personnes ayant quitté leur maison près de la frontière par précaution.

Instabilité politique en Thaïlande

Ce conflit a déclenché des troubles politiques en Thaïlande où le principal partenaire de coalition du parti au pouvoir s’est retiré en début de semaine, une décision qui a failli faire tomber le gouvernement.

Paetongtarn, la fille de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, âgée de 38 ans, a commencé à répartir les postes ministériels laissés vacants. Outre ces marchandages, Paetongtarn, à la tête du gouvernement depuis moins d’un an, est confrontée à un recours devant la Cour constitutionnelle qui pourrait lui coûter son poste.

La semaine dernière, elle a été appelée à démissionner ou à convoquer des élections, ses détracteurs l’accusant d’avoir insulté l’armée lors d’un échange téléphonique avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen à propos du conflit frontalier avec le Cambodge.

Dans ce climat instable et tendu, Paetongtarn doit remplacer les ministres qui ont démissionné, dont celui de l’Intérieur, mais le remaniement pourrait brasser plus large et concerner le portefeuille de la Défense, selon plusieurs sources.

Depuis 2008, au moins 28 personnes sont mortes en lien avec ce conflit territorial, surtout entre 2008 et 2011, au cœur des tensions autour du temple cambodgien de Preah Vihear. La Thaïlande était le troisième partenaire commercial du Cambodge en 2022, selon la Banque mondiale, avec des importations atteignant 3,8 milliards de dollars, dont 27% de carburants.

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