Soudan : 11 enfants tués dans une frappe de drone sur une mosquée à El-Fasher

Au moins 11 enfants ont perdu la vie dans une frappe de drone survenue vendredi matin dans la ville assiégée d’El-Fasher, a annoncé lundi l’UNICEF. L’attaque a touché une mosquée alors que les fidèles étaient en prière, provoquant un lourd bilan humain et des destructions importantes.

Un bilan humain dramatique

Selon l’agence onusienne pour l’enfance, les victimes étaient âgées de 6 à 15 ans. De nombreuses autres personnes ont été blessées et plusieurs restent coincées sous les décombres. Les groupes d’aide locaux, des militants et l’armée soudanaise accusent les Forces de soutien rapide (FSR), groupe paramilitaire, d’avoir lancé l’attaque.

Au total, au moins 70 personnes auraient été tuées, parmi lesquelles trois médecins, selon le Comité préliminaire du syndicat des médecins soudanais. Ils rejoignent la liste de 231 personnels médicaux morts depuis le début du conflit.

Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, a qualifié l’attaque de « choquante », tandis que Sheldon Yett, représentant de l’agence au Soudan, a dénoncé un acte « atroce et inadmissible ».

Un conflit de plus en plus meurtrier

Cette frappe s’inscrit dans un contexte de guerre civile intense entre l’armée soudanaise et les FSR. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le conflit a déjà causé plus de 40 000 morts, déplacé jusqu’à 12 millions de personnes et laissé des millions d’autres au bord de la famine.

Depuis le 10 avril, les combats autour d’El-Fasher se sont intensifiés. Plus de 400 civils ont été tués dans la région, principalement lors de l’offensive des FSR ayant permis la prise du camp de déplacés de Zamzam, désormais utilisé comme base militaire pour lancer des attaques sur la ville.

Des civils piégés et privés d’aide

Antoine Gérard, coordinateur humanitaire adjoint de l’ONU pour le Soudan, alerte sur la recrudescence des attaques visant les civils. « Nous sommes très préoccupés par les frappes contre les hôpitaux, les mosquées, les écoles et tout autre bâtiment civil », a-t-il déclaré.

Les habitants d’El-Fasher vivent dans un état de siège : ils ont peu accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé. Les enfants, en particulier, sont exposés à la malnutrition et aux maladies. « Cela signifie la mort de nombreux enfants qui ne devraient pas mourir », a averti Sheldon Yett.

Condamnation internationale

Dans une déclaration publiée dimanche, l’Égypte a fermement condamné cette frappe de drone, y voyant une « violation flagrante du droit international humanitaire ». Le Caire a dénoncé le ciblage de lieux de culte et de civils innocents dans le cadre du conflit.

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