Après deux ans d’un conflit sanglant, Israël et le Hamas ont conclu un accord de cessez-le-feu ouvrant la voie à la première phase du plan de paix proposé par le président américain Donald Trump. Le gouvernement israélien a confirmé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir approuvé ce texte, qui prévoit notamment la libération des 48 otages encore détenus dans la bande de Gaza dont 20 seraient toujours en vie selon Benjamin Netanyahou.
Un accord historique après deux ans de guerre
Le cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi en fin de matinée, marque la première étape d’un vaste plan visant à ramener la stabilité dans la région. Dans les 24 heures suivant l’arrêt des combats, l’armée israélienne a commencé à se retirer de la majorité des zones urbaines de Gaza, tout en maintenant une présence militaire dans certaines zones jugées sensibles.
L’accord prévoit la libération sous 72 heures des 48 otages, vivants et morts, encore détenus par le Hamas. En échange, Israël doit relâcher près de 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 condamnés pour crimes graves, ainsi que les dépouilles de 360 combattants palestiniens.
Les otages devront être remis d’ici lundi midi, ce qui laisse espérer au Premier ministre israélien un moment d’unité nationale.
Netanyahou : « Lundi, un jour de joie nationale »
Dans une allocution télévisée, Benjamin Netanyahou a déclaré espérer que son pays pourrait célébrer lundi soir « un jour de joie nationale » :
« Il y a deux ans, la fête de Simhat Torah est devenue un jour de deuil national. Cette année, avec l’aide de Dieu, elle redeviendra une fête de joie pour le retour de tous nos frères et sœurs otages », a-t-il affirmé.
Selon lui, 20 des 48 otages sont encore vivants, tandis que 28 sont morts. Le Premier ministre a également assuré que l’armée resterait partiellement déployée à Gaza « pour garantir le désarmement total du Hamas, par la manière douce ou la manière forte ».
Une aide humanitaire massive et le retour des civils
Parallèlement à la trêve, 600 camions d’aide humanitaire doivent entrer chaque jour à Gaza pour approvisionner la population en nourriture, matériel médical et équipements de reconstruction.
Les Gazaouis pourront également quitter le territoire ou y revenir sous certaines conditions, via le poste frontalier de Rafah, en coordination avec l’Égypte et Israël.
Des milliers de Palestiniens ont déjà commencé à regagner le nord du territoire vendredi matin, marchant le long de la route côtière al-Rachid vers leurs anciens foyers détruits par les combats.
Trump attendu à Jérusalem lundi
Le président américain Donald Trump, artisan du plan de paix, doit atterrir lundi 13 octobre en Israël pour assister au retour des otages.
Le Premier ministre qatari, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, a toutefois rappelé que « le succès de cette phase dépend d’une responsabilité collective afin de garantir la mise en œuvre de l’accord et d’instaurer une paix durable ».
Le président israélien Isaac Herzog a, pour sa part, remercié Donald Trump et ses émissaires Jared Kushner et Steve Witkoff pour leur « rôle central et historique dans le rapatriement des otages et la construction d’une nouvelle ère de coopération au Moyen-Orient ».
Des libérations encadrées par le CICR
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé que les libérations d’otages et de prisonniers se dérouleront « dans la dignité et en toute sécurité », sans mise en scène ni humiliation publique.
Les autorités israéliennes ont précisé que parmi les otages décédés figurent sept soldats israéliens, tués le 7 octobre 2023, ainsi que la dépouille d’un huitième militaire mort en 2014, Hadar Goldin.
Une paix sous haute surveillance internationale
La Turquie a déclaré ses forces « prêtes à participer à toute mission de maintien de la paix à Gaza ». Une équipe composée des États-Unis, de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie sera chargée de superviser la mise en œuvre de l’accord et d’assister à la recherche des dépouilles d’otages encore disparus.
À Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a salué « un moment historique » :
« Nous espérons que cette fois, la paix, la sécurité et la stabilité régneront entre nous et Israël. »
Un tournant pour la région
Ce cessez-le-feu, fruit d’intenses pressions diplomatiques américaines, pourrait marquer le début d’une nouvelle ère pour le Proche-Orient.
Mais de nombreux observateurs restent prudents : la libération de prisonniers considérés comme dangereux et la présence militaire israélienne à Gaza laissent planer le doute sur la durabilité de cette trêve.
Pour Benjamin Netanyahou, l’espoir reste malgré tout celui d’un lundi de « joie nationale » symbole, après deux années de guerre, d’un possible retour à la paix.