Le parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, dirigé par la Première ministre Giorgia Meloni, a déposé à la Chambre des députés une proposition de loi sur la lutte contre le séparatisme islamique. Ce texte, présenté comme un instrument de défense des valeurs républicaines italiennes, prévoit notamment l’interdiction du voile intégral dans les espaces publics et un renforcement des sanctions contre les mariages arrangés et les tests de virginité.
Un texte pour « défendre les valeurs républicaines »
La proposition, portée par la députée Sara Kelany, interdit le port du voile intégral dans les écoles, universités, bureaux et lieux publics. Toute infraction à cette mesure serait punie d’une amende de 300 à 3 000 euros.
Selon la rapporteure, il s’agit de « contrer la création d’enclaves, de contre-sociétés dans lesquelles s’applique la charia et non le système juridique italien », et de lutter contre le « fondamentalisme islamique ».
Fratelli d’Italia justifie cette initiative par la nécessité de protéger les principes républicains dans un contexte de tensions identitaires croissantes. Le parti souligne que cette loi vise aussi à préserver la sécurité publique et à renforcer l’intégration nationale.
Un cadre plus large contre le séparatisme religieux
Au-delà du voile intégral, le projet de loi encadre le financement des mosquées et renforce les contrôles sur les associations culturelles ou religieuses liées à des pays étrangers.
Le texte entend également durcir les peines pour incitation au mariage arrangé et criminaliser les tests de virginité non justifiés médicalement. Ces derniers pourraient désormais valoir jusqu’à cinq ans de prison à leurs auteurs.
Pour les promoteurs de la loi, ces mesures visent à « protéger les femmes contre les pratiques culturelles ou religieuses contraires à leur dignité » et à « garantir l’unité légale et morale de la République italienne ».
Une initiative critiqué
La proposition de loi, qui doit encore être examinée en commission avant d’être débattue à la Chambre, suscite déjà de vives critiques dans les rangs de l’opposition.
Le Parti démocrate (centre-gauche) et le Mouvement 5 étoiles dénoncent une initiative « discriminatoire » et accusent le gouvernement Meloni de détourner la laïcité à des fins identitaires.
« Ce texte ne lutte pas contre le séparatisme, il divise encore davantage la société italienne », a réagi une députée du Parti démocrate, soulignant que la loi « stigmatise une partie de la population au lieu de favoriser l’inclusion ».
Vers un débat explosif sur la laïcité italienne
Ce projet relance en Italie le débat sur la place de l’islam et des signes religieux dans l’espace public. Il s’inscrit dans la continuité des mesures sécuritaires et identitaires prônées par le gouvernement Meloni, souvent inspirées du modèle français.
S’il était adopté, le texte ferait de l’Italie l’un des rares pays d’Europe à interdire explicitement le voile intégral au nom de la lutte contre le séparatisme religieux — une mesure que ses détracteurs jugent « plus politique que juridique ».