Après quarante jours de paralysie budgétaire, le Sénat américain a enfin trouvé un terrain d’entente pour mettre fin au « shutdown » le plus long de l’histoire des États-Unis. L’accord, obtenu après de longues négociations entre démocrates et républicains, ouvre la voie à une reprise progressive des activités fédérales et à la réintégration de milliers de fonctionnaires licenciés ou contraints de travailler sans salaire depuis plus d’un mois.
Une crise budgétaire sans précédent
Depuis le 1er octobre, la fermeture partielle des administrations fédérales a plongé des millions d’Américains dans la précarité. Des fonctionnaires ont été licenciés ou contraints de continuer à travailler sans rémunération, tandis que des programmes vitaux, comme les aides alimentaires, ont été suspendus.
Pour le sénateur indépendant Angus King, proche des démocrates, cet accord représente « une victoire pour le peuple américain ». Il a salué le courage des élus des deux camps ayant accepté de rompre la ligne partisane pour sortir de l’impasse.
Les termes de l’accord
L’accord prévoit notamment de renflouer le programme d’aide alimentaire qui soutient près de 42 millions d’Américains. Il inclut également l’annulation du licenciement de milliers de fonctionnaires fédéraux décidé par Donald Trump le mois dernier, ainsi que la réintégration de ceux qui ont perdu leur emploi durant la crise.
Le texte prévoit en outre un vote sur l’extension des aides à la santé de l’Obamacare, qui doivent expirer à la fin de l’année. Si ce point a été perçu comme une concession des démocrates, leur chef au Sénat, Chuck Schumer, a assuré que « ce combat va et doit continuer ».
Dans un communiqué, le sénateur démocrate Tim Kaine a souligné que la proposition « protégera les fonctionnaires fédéraux contre les licenciements abusifs, réintégrera ceux qui ont été licenciés à tort pendant le shutdown, et garantira le versement rétroactif de leurs salaires ».
Vers un retour progressif à la normale
Le texte adopté par le Sénat doit désormais être validé par la Chambre des représentants avant d’être transmis au président Donald Trump pour signature. Selon plusieurs observateurs, l’approbation par les députés ne devrait être qu’une formalité, tant la pression économique et sociale s’est accrue ces dernières semaines.
Le président Trump, dont le parti commençait à souffrir politiquement de la situation, s’est d’ailleurs félicité de l’avancée. L’accord pourrait permettre un rétablissement progressif du trafic aérien, des services administratifs et du versement des aides sociales.
Pour la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, cet accord répond avant tout à une attente populaire : « Quand je parle à mes électeurs du New Hampshire, vous savez ce qu’ils me disent ? Pourquoi vous ne travaillez pas tous ensemble à régler les problèmes du pays ? »
Alors que le Congrès s’apprête à voter la fin du blocage, la classe politique américaine semble tirer les leçons d’un épisode qui aura mis à nu les profondes fractures partisanes du pays – mais aussi la capacité, rare, de trouver un compromis lorsque la pression du peuple devient trop forte.