Une violente explosion a secoué ce lundi 10 novembre une agence d’assurance Allianz à Montluçon, dans l’Allier. Un colis piégé dissimulé dans la boîte aux lettres du bâtiment a explosé lors de sa manipulation, blessant un homme de 34 ans. Le parquet de Cusset a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat.
Une explosion lors de la relève du courrier
L’explosion s’est produite peu après 14 heures dans cette agence située au centre de Montluçon, une commune de 32.000 habitants. Selon les premiers éléments communiqués par la préfecture de l’Allier, l’engin explosif aurait été dissimulé dans un colis déposé dans la boîte aux lettres.
L’accident serait survenu « au moment de la relève du courrier, lors de la manipulation par un collaborateur de l’agence d’un colis suspect », précise le communiqué officiel.
Le périmètre de sécurité a immédiatement été bouclé par les pompiers avant d’être levé une fois les risques écartés. Huit policiers nationaux et dix-neuf sapeurs-pompiers ont été mobilisés, assistés des démineurs venus de Lyon pour une « levée de doute pyrotechnique » effectuée vers 17h30.
Le fils du directeur de l’agence blessé
La victime principale est le fils du gérant de l’agence Allianz. Âgé de 34 ans, il a été grièvement touché aux bras et au thorax. Selon le procureur de Montluçon, Christian Magret, son pronostic vital n’est pas engagé. Deux autres personnes présentes au moment de l’explosion n’ont pas été blessées, mais ont été hospitalisées pour des examens de contrôle.
L’homme blessé est depuis sorti de l’hôpital, mais doit encore subir une intervention chirurgicale, selon une source judiciaire citée par BFMTV.
Enquête ouverte pour tentative d’assassinat
Le parquet de Cusset a repris la main sur l’affaire, disposant d’un pôle criminel compétent pour ce type de faits. La procureure a ouvert une enquête pour « tentative d’assassinat », « dégradation au moyen d’un engin explosif » et « association de malfaiteurs ».
Cette qualification a été retenue, selon une source judiciaire, « dans la mesure où un engin explosif a été dissimulé dans une boîte aux lettres qui aurait pu être ouverte par quelqu’un qui aurait pu être tué par l’explosion ».
Les restes de l’engin sont actuellement en cours d’analyse, et un rapport des démineurs est attendu. Pour l’heure, aucun suspect n’a été identifié et aucune piste n’est privilégiée.
Le parquet national antiterroriste informé
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a été informé des faits et reste « en observation » de l’enquête, selon BFMTV. Cependant, l’enquête et la communication demeurent sous la responsabilité du parquet local de Cusset.
À ce stade, aucune revendication n’a été reçue, et aucune motivation n’a pu être déterminée.
Pas de lien établi avec l’explosion survenue à Toulouse
Une semaine plus tôt, dans la nuit du 5 au 6 novembre, une autre agence Allianz à Toulouse avait été visée par une attaque. Des vitres avaient été brisées, et un groupe anarchiste avait revendiqué l’action pour dénoncer la collaboration de l’assureur avec une entreprise israélienne d’armement.
Toutefois, selon une source judiciaire, « aucun lien n’est établi à ce jour entre les faits de Montluçon et ceux de Toulouse ».
Réaction du groupe Allianz
Dans un communiqué adressé à l’AFP, le groupe Allianz a fermement condamné cet acte, déclarant :
« Allianz condamne avec la plus grande fermeté tout acte de violence ou comportement criminel dirigé contre ses collaborateurs, ses opérations ou ses biens. De tels actes sont totalement intolérables et feront l’objet de poursuites. »
L’entreprise a assuré que « la sécurité des personnes et la sécurisation des lieux » étaient sa priorité absolue. Elle a également exprimé son soutien à la victime et à ses proches, tout en refusant de commenter davantage afin de « préserver l’enquête en cours ».
Une ville sous le choc
L’explosion a provoqué un vif émoi dans cette commune tranquille du centre de la France. Les habitants, stupéfaits, peinent à comprendre le mobile d’un tel acte.
La préfecture de l’Allier a salué « la mobilisation rapide et coordonnée des forces de sécurité, des sapeurs-pompiers et des démineurs », rappelant que toutes les mesures avaient été prises pour garantir la sécurité du voisinage.
L’enquête, confiée à la police judiciaire de Clermont-Ferrand, devra désormais déterminer qui a déposé ce colis piégé et quelles étaient les véritables intentions de son auteur.