La marine chinoise vient de franchir une étape majeure dans sa modernisation. Pékin a officiellement mis en service son troisième porte-avions, le Fujian, premier navire du pays équipé d’un système de catapultes électromagnétiques, une technologie que seuls les États-Unis maîtrisaient jusqu’à présent.
Un saut technologique décisif
Avec ce nouveau système, le Fujian est capable de lancer une plus grande variété d’avions, plus lourdement armés et disposant d’un rayon d’action étendu. Cette innovation marque une rupture nette avec les deux premiers porte-avions chinois, le Liaoning et le Shandong, qui utilisent encore une rampe de type “tremplin” limitant la puissance de décollage des appareils.
Le navire, à propulsion conventionnelle, est le plus grand et le plus avancé des bâtiments de guerre jamais construits par la Chine. Sa mise en service symbolise la volonté de Pékin de rivaliser avec la puissance navale américaine, tout en comblant son retard technologique.
Une cérémonie sous le signe du prestige national
La cérémonie officielle s’est tenue mercredi sur l’île tropicale de Hainan, dans le sud du pays, en présence du président Xi Jinping. Selon l’agence Chine Nouvelle, plus de 2 000 personnes ont assisté à l’événement dans une “atmosphère enthousiaste”.
Après la cérémonie, Xi Jinping est monté à bord du navire et s’est informé du développement des capacités de combat du nouveau système de porte-avions, ainsi que de la construction du système de catapultage électromagnétique, a rapporté la même source.
Rivalité maritime avec Washington
Cette avancée intervient dans un contexte de tensions accrues entre la Chine et les États-Unis, notamment en mer de Chine méridionale et autour de Taïwan. Pékin cherche à renforcer sa capacité de projection, même si, selon la plupart des analystes, la marine américaine conserve une nette avance en matière de puissance et d’expérience opérationnelle.
La mise en service du Fujian confirme néanmoins l’ambition de la Chine de devenir une puissance navale mondiale à part entière.